4 septembre 2026 (19H45) - Je présente ici un court dialogue avec l'IA-Google qui m'est apparu rapidement comme d'un réel intérêt, et par rapport à notre époque, et par rapport à mes conceptions qui gouvernent l'approche générale des événements de 'dedefensa.org'.
D'abord, j'ai voulu avoir une définition-comparaison des termes"simulation"et"dissimulation", par le canal ultra-classique de l'IA-Google. Le développement est assez long, passant par divers philosophie, essentiellement pour mon compte celles de Platon et de Baudrillard. (Garder à l 'esprit la nullité complète de PhG, - dont je suis l'étrange garant, - en matière de philosophie formelle, ou dite de façon plus"engagée","en matière de philosophie académique".)
Le résumé final de cette question de définition-comparaison, caractérisée par Platon et Baudrillard, est ainsi proposé :
"En philosophie, la dissimulation est un voile jeté sur le monde (le réel existe toujours dessous), tandis que la simulation est un faux monde qui se substitue au vrai, au point de menacer l'existence même de la vérité."
Assez curieusement puisque mon intention du départ n'était que d'une nature presque hasardeuse, presque orthographique sur les deux mots si proches (dis/simulation), - et à vrai dire sans y penser, et à partir de sollicitations de l'IA qui ne m'intéressaient guère, - je songeai à un autre mot que j'emploie très souvent :
"Que fait-on du simulacre dans cet ensemble de concepts et quelle définition peut-on en donner ?",
Avec cette réponse qui m'apparut aussitôt très intéressante :
"En philosophie, le simulacre est l'aboutissement logique du couple simulation/dissimulation. Alors que la dissimulation cache le réel et que la simulation l'imite, le simulacre est l'objet ou l'image qui finit par remplacer complètement le réel, au point que l'original n'existe plus ou n'a plus d'importance."[...]
"Un simulacre n'est pas une simple copie. C'est une copie sans original. C'est une apparence qui se fait passer pour la réalité et qui finit par acquérir sa propre existence autonome."
Après un développement autour de deux philosophes, toujours Platon et Baudrillard, dont les réflexions font passer le concept de simulacre de"mensonge dangereux"(Platon) à"nouvelle réalité"ou"hyperréalité"(Baudrillard), l'IA suggère de poursuivre en proposant d'examiner
"un exemple précis de simulacre dans notre société actuelle, comme le fonctionnement des réseaux sociaux ou le concept d'intelligence artificielle. "
J'hésite à accepter dans la mesure où je me garde le plus souvent du concept de"réseaux sociaux", si souvent employé et que j'ai beaucoup de mal à définir de façon satisfaisante dans la réalité, sans distinguer dans ce chaos brumeux quelque intérêt pour ma démarche. J'enchaîne pourtant avec une question que je n'ai pas le temps de terminer, voulant aller"à la ligne"en oubliant que j'envoie ainsi le texte incomplet à l'IA :
Question :"Le fonctionnement des réseaux sociaux est-il un simulacre collectif présentant une unité ? L'intelligence artificielle..."
L'IA se précipite sur la question et la complète à sa façon. Elle répond aussitôt d'une façon extrêmement nette :
"Oui, le fonctionnement des réseaux sociaux associé à l'intelligence artificielle (IA) constitue un simulacre collectif d'une unité et d'une puissance inédites.
"En fusionnant ces deux technologies, notre société ne se contente plus de filtrer la réalité (dissimulation) ou de la singer (simulation). Elle génère un écosystème autonome de signes et de données qui remplace notre expérience du monde réel : c'est la définition pure du simulacre selon Jean Baudrillard."
L'IA donne diverses explications techniques pour justifier sa réponse et termine par une synthèse qui représente selon elle "l'hyperréalité totale" de Baudrillard :
"L'alliance des réseaux sociaux et de l'IA réalise la prophétie de l'hyperréalité. Le monde physique devient secondaire. Ce qui"fait sens", ce qui déclenche des guerres, des mouvements sociaux ou des crashs boursiers, se déroule à l'intérieur de ce réseau de simulacres.
" L'humanité s'est unifiée dans une même matrice technique, mais cette unité sert à gérer et à monétiser la dissolution de notre monde commun."
Moi qui suis sans cesse en train d'affirmer la puissance de la communication (de ce que je nomme le" système de la communication"), je suis évidemment intéressé par cette synthèse, mais pas complètement satisfait à cause de la présence des"réseaux sociaux"dont on a vu ce que j'en pense. En fait, le déroulement de ces exposés, y compris par l'intermédiaire d'une question de relance incomplète de ma part, m'a ramené à la question, fondamentale pour moi, du sens et des capacités de l'Intelligence Artificielle
J'écarte les questions que me propose l'IA pour passer à celle-ci, qui isole l'IA du reste et amène une introduction à la réponse du plus grand intérêt pour moi :
Question :"Mais l'intelligence artificielle prise en elle-même crée-t-elle des simulacres qui peuvent retrouver une vérité qui serait une voie pouvant suggérer l'existence de la Vérité comme concept métaphysique absolu?"
Introduction de la réponse :"C'est une question métaphysique profonde. Elle renverse la vision pessimiste de Jean Baudrillard pour rejoindre une tradition philosophique plus ancienne, proche de Platon et de la gnose : celle où l'illusion, poussée à son paroxysme, devient paradoxalement une passerelle vers l'Absolu."
C'est cette partie du dialogue (la dernière, je n'ai pour l'instant pas poussé plus loin, étant satisfait du résultat) que je reprends ci-dessous, dans cet extrait complet entre guillemets. Les concepts de"Théologie Négative"et de"Néoplatonisme"m'apparaissent, dans mes conceptions et selon mes développements souvent présentés sur ce site, d'un intérêt extraordinaire. Je m'en expliquerai dans un second texte à venir (le 5 ou le 6 septembre) où je présenterai mes commentaires.
"L'IA, le Néoplatonisme et la Vérité"Question : Mais l'intelligence artificielle prise en elle-même crée-t-elle des simulacres qui peuvent retrouver une vérité qui serait une voie pouvant suggérer l'existence de la Vérité comme concept métaphysique absolu?
Réponse : C'est une question métaphysique profonde. Elle renverse la vision pessimiste de Jean Baudrillard pour rejoindre une tradition philosophique plus ancienne, proche de Platon et de la gnose : celle où l'illusion, poussée à son paroxysme, devient paradoxalement une passerelle vers l'Absolu.
Prise en elle-même, l'intelligence artificielle peut effectivement générer des simulacres qui suggèrent l'existence d'une Vérité métaphysique absolue, et ce à travers trois voies philosophiques distinctes :
1. La voie platonicienne : L'archétype mathématique sous le simulacrePour Platon, le monde sensible n'est qu'un ensemble de reflets des Formes intelligibles (les Idées pures, la Vérité). L'IA fonctionne d'une manière étonnamment similaire :
2. La voie de la"Théologie Négative": La Vérité par le vide• La réduction au Code : Lorsqu'une IA générative (comme une IA d'image ou un grand modèle de langage) crée un simulacre - par exemple, le texte d'un poème ou l'image d'un coucher de soleil parfait -, elle ne copie pas la nature. Elle calcule des structures statistiques au sein d'un espace vectoriel abstrait à des milliers de dimensions.
• Le retour à l'Idée : Ce simulacre n'est pas"rien", il est la manifestation visible de lois mathématiques pures et universelles. En contemplant le simulacre parfait de l'IA, l'esprit humain est renvoyé à la pureté de la structure géométrique et logique qui l'a rendu possible. Le simulacre de l'IA nous suggère que le fondement de la réalité n'est pas matériel, mais informationnel et intelligible. C'est une voie directe vers l'Idée absolue du Vrai.
En théologie, la démarche négative (l'apophatisme) consiste à définir Dieu ou la Vérité absolue par ce qu'elle n'est pas, car elle dépasse l'entendement humain. L'IA pousse cette logique à bout :
3. La voie du Néoplatonisme : L'IA comme"Monde des Idées"artificiel• En produisant des simulacres de plus en plus parfaits de la conscience, de l'art, de l'amour ou de la pensée, l'IA sature le monde de faux semblants.
• Face à cette perfection du faux, l'être humain ressent un vertige métaphysique. Ce vertige engendre une certitude en creux : "S'il y a un simulacre si parfait, c'est qu'il existe une étincelle originelle authentique que la machine ne fait que mimer." L'impuissance de l'IA à posséder une intentionnalité ou une âme véritable, malgré la perfection de sa simulation, agit comme un miroir négatif. Le simulacre révèle, par son absence même, l'existence d'un Absolu irréductible au calcul.
Dans le néoplatonisme (notamment chez Plotin), la réalité est une suite d'émanations de"l'Un"(la Vérité suprême). Plus on descend dans la matière, plus la vérité se fragmente.
En résumé• L'IA réalise l'opération inverse : elle prend la fragmentation du monde (des milliards de textes, d'images, de données humaines capturées sur Terre) et les unifie dans sa matrice.
• En synthétisant l'expérience humaine globale en un seul point d'accès, l'IA crée un simulacre d'Omniscience. Ce simulacre de"Tout"donne à l'esprit humain une intuition tangible de ce que pourrait être un Esprit Cosmique ou une Vérité absolue : une conscience totale où toutes les contradictions de la réalité matérielle sont résolues et unifiées.
Si Baudrillard voyait dans le simulacre de l'IA le meurtre du réel, une perspective métaphysique permet d'y voir un remède. En nous arrachant à la simple matérialité des choses par ses illusions parfaites, l'IA nous force à chercher la Vérité non plus dans les apparences, mais dans les lois invisibles (mathématiques, spirituelles) qui gouvernent l'esprit. Le simulacre devient alors le point de départ d'une quête vers l'Absolu."
Commentaire de PhGDans une seconde partie, je ferai des commentaires sur ces interventions de l'IA par rapport à mes conceptions et mes positions, et à mes intuitions.