📑 04/09/2026 euro-synergies.hautetfort.com  4min #325588

Guerre hybride, un terme très commode pour manipuler les masses

Source:  geopoliticarugiente.com

Un mélodrame vient de s'achever — jusqu'au prochain. Les dirigeants européens ont exprimé leur profonde inquiétude face aux agissements de Moscou et déclaré que la Russie pourrait mettre à l'épreuve la détermination de l'OTAN — ainsi que l'engagement de Trump envers l'article 5, la clause de défense collective de l'Alliance — au moyen d'une attaque limitée ou d'autres provocations militaires.

Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu à Moscou le 25 août — un voyage qui était loin d'être secret, compte tenu de l'importante couverture médiatique dont il a fait l'objet — afin de rencontrer son homologue russe, Sergueï Narychkine, directeur du SVR. Ce service, bien moins connu que le FSB, est toutefois l'héritier de la prestigieuse Première direction principale du KGB, qui recruta certains des espions les plus importants de la guerre froide, notamment les Cinq de Cambridge, lesquels causèrent un tort immense à l'Occident.

Plusieurs médias à sensation ont interprété cette visite comme un avertissement adressé à Moscou afin qu'il s'abstienne d'attaquer un pays membre de l'OTAN.

Le président Donald Trump a cependant démenti par la suite cette version des faits, affirmant que Ratcliffe n'était porteur d'aucun message de ce type. À propos de la menace russe, il a précisé: «Cela ne m'inquiète absolument pas... Il n'y a aucun problème... Ratcliffe rencontre son homologue russe une fois tous les six mois ou une fois par an. Ils entretiennent de très bonnes relations. Il n'y avait aucun message ni rien d'inhabituel». Il a ensuite ajouté à propos des Russes: «Ils n'attaqueront pas le territoire de l'OTAN». Il est vrai que, pour beaucoup, Trump est un agent russe tenu par un kompromat, celui des «douches dorées» — voir Wikipédia —, dont, soit dit en passant, on n'entend presque plus parler...

De son côté, Sergueï Narychkine, directeur du SVR, le Service des renseignements extérieurs de la Russie, a confirmé jeudi avoir rencontré Ratcliffe lors de la visite de celui-ci à Moscou. Il a précisé que ces échanges faisaient habituellement partie de leur travail et qu'ils n'avaient rien d'extraordinaire. Pour quiconque connaît un tant soit peu le sujet, les rencontres entre directeurs de services de renseignement sont effectivement chose courante.

Peut-être est-il temps de réfléchir aux tensions croissantes entre la Russie et l'Europe, alimentées, d'une part, par les propagandistes russes qui menacent depuis des années de raser Londres et/ou Paris et, d'autre part, par les médias européens, mais, plus grave encore, par leurs représentants politiques. L'expression «guerre hybride» est répétée sans cesse, sans la moindre considération pour sa véritable signification.

Il faudrait ignorer totalement l'histoire pour ne pas savoir que la situation était bien pire pendant la guerre froide. L'Union soviétique — alors extrêmement agressive envers le monde libre parce qu'elle défendait son idéologie communiste internationaliste — s'engagea dans des guerres par procuration dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, en s'attaquant aux puissances coloniales par l'intermédiaire de mouvements de libération puis, dans les années 1970, de groupes terroristes tels que la Fraction armée rouge — la bande à Baader-Meinhof —, les Brigades rouges, Action directe, Septembre noir, etc.

À cette époque, les pays européens payèrent un lourd tribut à cette guerre non déclarée — que l'on ne qualifiait pas de « guerre hybride » —, subissant de nombreux attentats dont personne ne voulait identifier les auteurs. Aujourd'hui, le nombre d'Européens tués dans ce conflit — hors Ukraine — est pratiquement nul.

La négation de la guerre secrète qui existait alors était telle qu'au sein des forces armées françaises, il était interdit, pendant les exercices militaires, de désigner l'ennemi par la couleur «rouge»: on employait le terme « carmin », jugé plus politiquement correct.

Aujourd'hui, les pays voisins de la Russie lancent de fausses alertes afin d'obtenir davantage de financements, une présence militaire accrue, etc. Le risque n'est sans doute pas négligeable, compte tenu de l'importante population d'origine russe vivant dans ces régions. Leurs dirigeants politiques exploitent donc la crainte d'une intervention sur le modèle de la Crimée.

Il est vrai que les états-majors de tous les camps disposent de plans préétablis pour faire face à toute éventualité.

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