📑 04/09/2026 linvestigateurafricain.tg  4min #325592

Partenariat stratégique Ua-États-Unis : Washington et Addis-Abeba veulent passer des engagements aux résultats

Komla YAWO

Le partenariat stratégique UA-États-Unis ne se limite plus aux questions de sécurité. À  Addis-Abeba, Mahmoud Ali Youssouf et Frank Garcia ont placé autour de la même table les conflits africains, les investissements, les infrastructures et le commerce. Une évolution qui révèle une réalité; sur un continent fragilisé par plusieurs crises, sécurité et développement sont devenus indissociables.

La RDC, le Soudan et la Libye restent parmi les principaux dossiers sécuritaires évoqués. Mais la présence des questions économiques dans les discussions donne une autre dimension à cette rencontre.

Partenariat stratégique UA-États-Unis; éviter la dispersion des initiatives de paix

La République démocratique du Congo (RDC), le Soudan et la Libye ont occupé une place importante dans les discussions. Ce choix n'est pas anodin. Ces trois dossiers illustrent, chacun à sa manière, la difficulté de construire une paix durable sur un continent où les initiatives diplomatiques se multiplient sans toujours parvenir à produire des résultats sur le terrain.

Dans l'est de la RDC, Washington joue désormais un rôle important dans les efforts de paix, parallèlement au  processus de Doha. L'Union africaine insiste donc sur la nécessité d'une meilleure complémentarité entre ces différentes démarches. L'objectif est d'éviter que plusieurs médiations poursuivent des agendas parallèles, au risque de disperser les efforts ou de créer de la confusion entre les parties.

Au Soudan, le message commun tourne autour du cessez-le-feu, de l'accès humanitaire et du processus politique inclusif dirigé par les civils. Pour l'UA, le soutien américain peut apporter un poids diplomatique et des moyens supplémentaires. Pour Washington, travailler avec l'organisation panafricaine permet aussi de s'appuyer sur un acteur disposant d'une légitimité régionale.

L'Afrique veut davantage qu'un soutien extérieur

L'un des intérêts majeurs de cette rencontre réside justement dans cette recherche d'équilibre. L'UA ne cherche pas simplement à obtenir un soutien américain aux crises africaines. Elle veut que les initiatives soient davantage portées par les Africains eux-mêmes, avec l'appui des partenaires internationaux.

Cette approche intervient alors que Mahmoud Ali Youssouf appelle à renforcer l'architecture africaine de paix et de sécurité. Lors du sommet extraordinaire de l'UA consacré à la prévention et au règlement des conflits, il avait notamment plaidé pour des mécanismes d'alerte précoce plus efficaces, un financement durable des opérations de paix et une meilleure utilisation du Fonds pour la paix de l'organisation.

Ainsi, le partenariat avec Washington peut être utile, mais il ne doit pas remplacer les capacités africaines. L'enjeu est plutôt de les renforcer.

Washington cherche aussi à consolider sa présence en Afrique

Pour les États-Unis, cette coopération répond également à des intérêts stratégiques. Frank Garcia a réaffirmé que l'Afrique demeurait une priorité pour Washington et évoqué, au-delà de la sécurité, le commerce, les investissements et les infrastructures. Les deux parties ont d'ailleurs discuté dans le cadre du Groupe de travail stratégique sur les investissements entre la Commission de l'UA et les États-Unis.

C'est probablement là que se trouve la véritable portée de la rencontre. La paix et la sécurité ne sont plus considérées isolément des enjeux économiques. Un continent confronté aux conflits, au terrorisme, à la piraterie et à l'instabilité politique offre moins de garanties aux investissements et au développement.

La rencontre d'Addis-Abeba traduit ainsi une volonté de donner un contenu plus concret à la relation entre l'Afrique et les États-Unis. Mais le véritable test viendra désormais du terrain. En RDC, au Soudan ou en Libye, les populations attendent moins de déclarations que de résultats.

Si Washington et l'UA parviennent à coordonner efficacement leurs actions, ce partenariat peut devenir un levier diplomatique important. Dans le cas contraire, il risque de rester une nouvelle déclaration de bonnes intentions dans un continent déjà saturé de processus de paix.

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