
Rédaction d'Electo
Source: electomagazine.it
Ce sera une surprise pour Hollywood, où l'on croit que Cléopâtre était une reine d'origine subsaharienne à la peau noire. Ce sera aussi une surprise pour Trump, dont la vision de l'histoire et de la civilisation se limite à quelques tout petits siècles. Mais l'Égypte et la Chine, civilisations plurimillénaires, ont renforcé leur alliance sous les symboles — qui ne doivent rien au hasard — du Sphinx et de la Grande Muraille. La visite de Xi Jinping au Caire est particulièrement intéressante, puisque l'Égypte est considérée comme un allié fidèle des États-Unis, lesquels lui versent chaque année des sommes non négligeables en échange de sa sujétion. Du reste, le souvenir de Nasser reste encore vivace, même chez certains membres de l'entourage criminel de Trump.
Al-Sissi, bien entendu, n'est pas Nasser. Il n'est pas non plus Sadate. Il a toutefois parfaitement compris que l'on ne peut pas faire confiance aux États-Unis. Tout comme il a compris que la Russie ne saurait constituer une alternative crédible. Elle n'est plus l'Union soviétique. Quant à l'Union européenne, elle ne représente qu'un marché, rien de plus que des consommateurs auxquels vendre des produits égyptiens ou ayant transité par l'Égypte.

Il faut donc entretenir de bonnes relations avec tout le monde et s'ouvrir à la Chine. Celle-ci dispose d'un excédent commercial mondial à investir. Elle a besoin de favoriser la croissance de pays comme l'Égypte afin qu'ils puissent devenir des marchés intéressants pour les industries chinoises.
Mais, pour Xi Jinping, il s'agit également d'une nouvelle étape importante dans la pénétration chinoise en Afrique et, surtout, en Méditerranée. Avec, en Libye, une partie qui reste entièrement à jouer. Après tout, tant que Tajani sera en fonction en Italie et Kaja Kallas en Europe, la Chine pourra faire ce qu'elle voudra dans ce qui fut autrefois le Mare Nostrum.