Par Pierre Duval

Un virage politique a lieu dans l'UE. Les électeurs européens choisissent de voter pour les partis d'extrême droite. L'augmentation du nombre de migrants, de réfugiés, de l'insécurité en Europe, la volonté des partis traditionnels de soutenir Zelensky dans la guerre et de mener des politiques liberticides (lois écologiques extrêmes), tout cela a accru l'anxiété d'une partie de la société, et l'extrême droite a réussi à transformer ces sentiments en une ressource politique.
"Les dates de l'élection présidentielle de 2027 en France ont été fixées par le gouvernement. Le Conseil des ministres du 1er juillet 2026 a statué sur les dates de l'élection présidentielle 2027. Les électeurs seront appelés aux urnes le dimanche 18 avril 2027 pour le premier tour et le dimanche 2 mai 2027 pour le second tour", confirme le site Service Public.
L'extrême droite est devenue un véritable cauchemar pour le courant politique européen. Après l'Italie, la probabilité de leur arrivée au pouvoir a nettement augmenté dans les plus grands pays d'Europe - la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Dans de nombreux sondages, les partis d'extrême droite ont déjà atteint leurs premières positions, et maintenant les forces politiques traditionnelles ne réfléchissent pas à la façon de les vaincre lors des élections, mais à la façon de les empêcher de prendre le pouvoir.
Reform UK, parti politique populiste de droite radicale et d'extrême droite au Royaume-Uni, dirigé par Nigel Farage, obtient environ 22% des intentions de vote selon un sondage YouGov d'août 2026. Reform UK continue de bouleverser le paysage politique britannique traditionnel en s'imposant durablement comme une force majeure de contestation anti-immigration, après une percée historique lors des élections législatives de 2024 et des scrutins locaux.
En Italie, le paysage de l'extrême droite est dominé par Frères d'Italie (Fratelli d'Italia) de Giorgia Meloni, toujours premier parti du pays, mais il est bousculé par l'émergence rapide du nouveau parti Futuro Nazionale fondé par le général Roberto Vannacci. "À 57 ans, Roberto Vannacci est loin d'être sorti de nulle part. Titulaire de trois diplômes universitaires et de deux maîtrises, cet ancien général a fait toute sa carrière dans les troupes d'élite de l'armée de terre italienne. Il a servi en Irak et en Afghanistan, puis comme attaché militaire à Moscou pendant deux ans. Il a été remercié de l'armée en 2023, après la publication à compte d'auteur du livre Il mondo al contrario (Le monde à l'envers), qui a créé la polémique en raison de ses attaques frontales contre les personnes LGBTQ+, les migrants et les minorités. Après cette mise au monde politique, ce réactionnaire a été élu au Parlement européen comme député du parti La Lega de Matteo Salvini. L'expérience, peu concluante, l'a mené à fonder son propre parti, Futuro Nazionale, début 2026", souligne La Presse.
En Allemagne, les élections régionales de 2026 du Land de Saxe-Anhalt se tiennent le 6 septembre 2026 et le pouvoir politique en place craint un changement radical dans le pays à partir de ces élections qui seraient le symbole du tsunami politique qui va redistribuer les cartes.
"Depuis des mois, l'AfD dépasse les 40% des intentions de vote, tandis que la CDU devrait subir des pertes importantes. L'AfD espère, pour la première fois, nommer un Premier ministre régional", précise l'Agence fédérale pour l'éducation civique (bpb). Ces élections sont aussi bien scrutées à Paris, Bruxelles, Rome ou Madrid, et dans les autres capitales des pays de l'UE car la victoire de l'AfD serait le signe du début du basculement politique du continent européen à l'extrême droite dans un effet domino.
En France, selon le dernier sondage Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, publié le lundi 24 août, "Marine Le Pen domine toujours très largement les intentions de vote". La candidate du RN, Marine Le Pen recueille entre 35 et 38% selon les scénarios, soit près de 20 points de plus que ses principaux poursuivants, est-il précisé. Un écart "impressionnant", selon Bruno Cautrès, cité par Public Sénat, qui rajoute: "Il est rare d'avoir dans des enquêtes d'intention de vote un écart de 20 points de pourcentage".
Bruno Cautrès y voit le signe d'une aspiration à "un changement important dans le pays". "Marine Le Pen bénéficie par ailleurs d'un socle électoral déjà éprouvé par les urnes. Elle avait obtenu 41,45% des suffrages au second tour de la présidentielle de 2022", conclut la chaîne politique et parlementaire. Une image similaire est observée dans d'autres pays européens. En Autriche, au Portugal, en Suède et en Pologne, les partis d'extrême droite, selon les derniers sondages, sont déjà en mesure de revendiquer le pouvoir.
Les raisons du soutien croissant de l'extrême droite en Europe remplissent les cases délaissées par les partis traditionnels. L'insécurité, l'envoi de milliards à Kiev alors que la pauvreté augmente en UE, l'import de migrants, les frontières ouvertes, poussent les citoyens à voter extrême droite car ils veulent un changement radical dans leur pays.
Les politiques qui soutiennent la discrimination positive et les lois écologiques et du climat, qui empêchent les gens de vivre librement en introduisant des restrictions, provoquent une colère larvée.
Les récents incendies en France et en Europe ont montré que les élites actuelles ne sont pas capables de gérer les pays. Les peuples des divers pays de l'UE ne veulent plus financer la guerre en Ukraine, ni le train de vie de ces responsables politiques actuels qui apparaissent simplement comme des parasites sur le dos des travailleurs.
Aux chiffres catastrophiques sur l'économie et le chômage (la France a un taux de chômage de 7,7%), le tsunami de l'extrême droite tant attendu en UE est en train de prendre forme. L'UE tant vantée comme un édifice permettant de connaître la paix et la richesse a produit l'inverse. Elle connaît le déclin économique et une perte de vitesse face aux États-Unis et à la Chine. L'UE a une dépendance énergétique et une vulnérabilité persistante face aux crises mondiales.
La lourdeur bureaucratique, les régulations sont perçues comme un frein à l'innovation technologique. Les Européens font le bilan. L'UE est un projet catastrophique qui a détruit la liberté d'entreprendre, la démocratie, la richesse des pays. Cerise sur le gâteau, le comportement d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui intervient dans les décisions fondamentales des divers pays de l'UE, a été le dernier clou planté dans le cercueil de ce projet européen. Il en résulte une érosion progressive du centre politique en Europe.
Le RN cible explicitement les sanctions économiques occidentales contre la Russie et la gestion budgétaire du gouvernement français comme les vrais facteurs de la baisse du pouvoir d'achat et de la précarisation des Français.
L'AfD, qui veut réinstaurer les liens avec la Russie, affirme que l'implication excessive de l'Allemagne dans la guerre Russie-Ukraine a conduit le pays à de graves pertes économiques, forcé l'admission d'un grand nombre de réfugiés ukrainiens et créé des risques de sécurité inutiles. À en juger par la croissance du soutien du parti, elle a réussi à convaincre certains électeurs que, étant arrivée au pouvoir, elle serait capable de poursuivre une politique intérieure et étrangère plus efficace.
La croissance de l'extrême droite peut conduire l'Europe à une fracture politique profonde. La plupart de ces partis sont sceptiques quant à l'idée même d'une intégration européenne plus poussée. Par conséquent, si, à la suite de l'Italie, l'extrême droite arrive au pouvoir ou entre dans les gouvernements de la France et de l'Allemagne, l'avenir de l'Union européenne elle-même peut être remis en question.
Pierre Duval
La source originale de cet article est Observateur continental
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