📑 06/09/2026 euro-synergies.hautetfort.com  3min #325794

Alors que Tusk perd le soutien des Polonais, un quatrième parti de droite apparaît soudainement en Pologne

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

La politique peut décidément être délicieusement complexe, ne trouvez-vous pas ? À environ un an des prochaines élections législatives en Pologne — normalement prévues en novembre 2027 —, le pays risque de se retrouver dans une impasse politique totale. Sur le papier, la droite semble bien placée pour remplacer en novembre le gouvernement centriste de Donald Tusk. En effet, même si le parti de Tusk, la KO ou "Coalition civique", reste le premier dans les sondages, il ne disposerait plus d'une majorité de sièges.

Or, c'est précisément au sein du PiS, principal prétendant à la direction d'un nouveau gouvernement polonais, que les tensions se font sentir. Peu avant la pause parlementaire estivale, l'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki a présenté sa démission du PiS. Il a été suivi par 39 députés, un sénateur et trois eurodéputés du PiS. Il apparaît que des désaccords sur les choix stratégiques sont à l'origine de cette décision. Morawiecki souhaiterait créer un véritable parti en octobre, mais, pour l'instant, les dissidents du PiS se sont regroupés au sein d'une association interne au parti, baptisée "Développement Plus".

Une droite polonaise divisée finira-t-elle malgré tout par perdre la bataille ?

Selon certaines sources, le président du parti, Kaczyński, était fou de rage et a déclaré: "Nous ne voyons dans cette association rien d'autre qu'une tentative de diviser le parti".

Pourtant, le PiS, qui a gouverné la Pologne entre 2015 et 2023 avec une majorité absolue de sièges, est sous pression depuis déjà quelque temps. Cette pression vient surtout de deux autres partis de droite: la "Confédération" de Sławomir Mentzen (photo), qui semble principalement attirer les jeunes et les entrepreneurs, et la formation qui en est issue par scission, la Confédération de la Couronne polonaise de Grzegorz Braun. Ce n'est qu'avec l'appui de ces deux partis que le PiS est parvenu, en juin 2025, à faire élire le candidat de droite Karol Nawrocki à la présidence de la République polonaise. Il s'en est vraiment fallu de peu pour que Nawrocki ne soit pas élu.

En mars 2026, le président du PiS, Jarosław Kaczyński, a proposé Przemysław Czarnek comme tête de liste pour les prochaines élections législatives. Czarnek souhaite notamment réduire, voire supprimer, le soutien à l'Ukraine. Cela s'est finalement révélé être la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour Morawiecki, lequel appartient plutôt à l'aile centriste du PiS et se définit comme atlantiste et social-conservateur.

Les récents sondages montrent que Donald Tusk n'obtiendrait plus de majorité pour sa coalition actuelle. Il serait particulièrement regrettable que les divisions au sein de la droite permettent la poursuite de certaines évolutions préjudiciables à la Pologne. Que fera Mateusz Morawiecki ? Il peut apparemment compter sur le soutien d'un nombre croissant de Polonais.

En Pologne aussi, les prochains mois s'annoncent particulièrement passionnants...

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