🧱 07/09/2026 voltairenet.org  5min #325826

Un grand moment pour le « Grand Israël » en Amérique latine, selon le Times of Israel, et le test décisif du Brésil, par Alfredo Jalife-Rahme

par Alfredo Jalife-Rahme

Alors que le projet de création d'un possible Israël alternatif en Patagonie avance rapidement et que les congrès israélo-latino-américains se multiplient, Alfredo Jalife s'interroge sur la conversion de nombreux habitants du continent au christianisme évangélique : Il est surprenant de voir des catholiques soutenir un État génocidaire.

Réseau Voltaire Mexico (Mexique)

Ben Sales, du Times of Israel, évoque le "moment d'Israël en Amérique latine" (1). Il soutient que "Jérusalem capitale d'Israël est une idée accueillie avec enthousiasme par des dirigeants latinos de droite (sic), désireux de suivre l'exemple de la Maison-Blanche, de gagner le soutien des électeurs évangéliques (mégasic !) et de bénéficier de la technologie israélienne."

Il souligne que l'Argentin Milei (autoproclamé "président le plus sioniste du monde") s'est rendu en Israël trois fois et "envisage de se convertir au judaïsme". Ben Sales exulte en signalant que "le Venezuela, le Chili, le Honduras, etc." suivent la voie de Milei, et qu'Israël a désigné 2026 comme "l'année de l'Amérique latine". Au fait, le génocidaire Netanyahou a assimilé Milei en tant que membre de la "famille" (mishpacha) de la secte talmudique pédophile eschatologique/kabbaliste/khazarienne Chabad Loubavitch (2) (3).

D'une manière manichéenne et simpliste, Ben Sales soutient que cela serait "le résultat direct de la vague de triomphes politiques de droite qui remplacent les gouvernements de gauche", alors qu'en réalité on assiste à l'imposition de la "doctrine Donroe", dont le penchant philo-génocidaire/philo-sioniste pèse trop lourd sur l'arrière-cour états-unienne.

Ben Sales soutient à juste titre que "l'Amérique latine compte aussi un nombre croissant de chrétiens évangéliques dont beaucoup se plaisent à invoquer une signification théologique à leur soutien à Israël." Mais rien ne dure éternellement car "le soutien régional à Israël pourrait aussi se refroidir si, dans seulement deux ans, un président moins pro-israélien était élu aux États-Unis. Et, comme dans d'autres pays du monde, les sondages d'opinion montrent que, dans le sillage de la guerre de Gaza, le soutien des dirigeants latino-américains à Israël n'est pas partagé par leurs électeurs."

Il commente que "une partie de ce changement a aussi été portée par la croissance du christianisme évangélique dans la région, qui représente aujourd'hui environ un quart de sa population." Dans une région de 660 millions d'habitants, 165 millions d'évangéliques, ce n'est pas rien !

La question du "sionisme évangélique" est d'une importance effrayante en Amérique latine, notamment sous le nom d'église épiscopalienne anglicane au Brésil, où l'Église catholique avait tendance à se reposer sur ses lauriers.

Jonathan Neu explique la montée des évangéliques en Amérique latine : dans les groupes néo-pentecôtistes, "l'Évangile de la Prospérité" s'est révélé particulièrement influent, avec "la richesse matérielle comme signe visible de bénédiction divine" (4).

Les évangéliques représentent 24,6 % de la population en Amérique latine, avec une présence notable au Brésil (25,5 %) et au Venezuela (31,4 %) ! À mon avis, ils sont sous-évalués au Mexique (4,4 %) et en Argentine (6,3 %). Rien qu'au Chiapas, les évangéliques sont déjà majoritaires et ont même eu un gouverneur. Mais il convient de le préciser : tous les évangéliques, dans leurs différentes appellations, ne sont pas ipso facto pro-Israël.

Le Brésil est le pays ayant le plus grand nombre de pentecôtistes au monde et son recensement dénombre 47 millions d'évangéliques, principalement pentecôtistes. Il n'existe pas de statistiques affinées, seulement des résultats d'enquêtes très discutables, mais on pourrait soutenir que pratiquement la moitié des pentecôtistes représentent les "sionistes évangéliques" addicts au "Grand Israël" qui n'a jamais existé. Les prémillénialistes/dispensationalistes/néo-pentecôtistes de la branche de l'évêque télévangéliste Edir Macedo se distinguent par leur empire multimédia, leurs banques et leurs adjoints associés à Trump et au lobby sioniste Aipac.

Le génocide des Palestiniens à Gaza aura-t-il été freiné par la montée irrésistible des "sionistes évangéliques" en Amérique latine ? Une grande partie de la réponse sera connue le 4 octobre, lors des élections présidentielles au Brésil — le seul membre des BRICS en Amérique latine — où le premier tour promet un ballotage au second tour, le 25 octobre, dans la compétition entre Lula — un catholique laïque de 80 ans — et le "sioniste évangélique" Flavio Bolsonaro (45 ans), docile véhicule du projet talmudique du "Grand Israël", tandis que le psychiatre d'origine libanaise Augusto Cury, de 67 ans, pourrait constituer le fléau de la balance au second tour.

Alfredo Jalife-Rahme

Traduction
Maria Poumier

Source
La Jornada (Mexique)
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