Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a mis en garde les pays européens contre le fait de se conformer aux sanctions américaines visant l'Iran, soulignant que l'Europe doit choisir entre se plier aux exigences de Washington et défendre ses propres intérêts nationaux et économiques.
"L'Europe doit prendre ses propres décisions. Elle a déjà suivi cette voie, celle qui consiste à ménager les États-Unis et à se soumettre à leurs demandes, tant au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies que du Conseil des gouverneurs de l'AIEA. Cette approche n'a fait qu'aggraver la marginalisation du rôle de l'Europe", a-t-il déclaré ce lundi 7 septembre lors de sa conférence de presse hebdomadaire.
Conformément à la règlementation européenne elle-même, a-t-il ajouté, il est interdit de se confirmer aux sanctions secondaires américaines. En vertu de la loi de blocage (Blocking Statute), les entreprises européennes ne sont pas autorisées à appliquer ces sanctions, tandis que les gouvernements européens sont tenus de protéger leurs entreprises contre les sanctions américaines.
Dans la foulée, M. Baghaï a qualifié la déclaration de l'UE de violation manifeste du droit international, ainsi que de la souveraineté et de l'indépendance de l'Union.
"Si l'Union européenne accorde une importance moindre à sa crédibilité, à sa souveraineté, à son indépendance ainsi qu'à ses intérêts nationaux et économiques, elle ne devrait, en aucun cas, s'aligner sur la stratégie de guerre économique menée par les États-Unis à l'encontre de l'Iran", a-t-il déclaré.
L'UE a sacrifié sa souveraineté, ses lois, ses valeurs et ses principes éthiques sous la pression américaine et est devenu complice de la guerre économique illégale menée par Washington contre l'Iran, a dénoncé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
En réponse à une question sur les tentatives des États-Unis et des trois pays européens - l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni - pour faire adopter une résolution au Conseil des gouverneurs de l'AIEA visant à renvoyer le dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le porte-parole de la diplomatie iranienne a déclaré que le projet de résolution repose sur un rapport de l'AIEA et de son directeur général.
"Nous avons déjà été confrontés à ce schéma et à ce processus. Chaque fois qu'ils se retrouvent en difficulté dans d'autres domaines, ils se tournent vers l'AIEA et son directeur général. Ou, à l'inverse, le directeur général lui-même se met à leur disposition, permettant ainsi aux parties européennes et aux États-Unis d'en faire un instrument de pression politique contre l'Iran", a-t-il déploré.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a jugé leurs exigences déraisonnables, soulignant que les États-Unis et Israël sont responsables de la situation actuelle.
"L'impossibilité pour l'AIEA d'accéder aux installations nucléaires iraniennes est la conséquence directe des actions hostiles menées par les États-Unis et le régime israélien contre nos sites. Il est paradoxal que ces mêmes acteurs, responsables du blocage de ce processus, imputent aujourd'hui la responsabilité de cette situation à l'Iran", a-t-il déclaré. Il a par ailleurs affirmé que l'Iran se réservait le droit de prendre les mesures appropriées en réponse à toute initiative inconsidérée de la part des États-Unis et de la troïka européenne.
"Nous avons invité à maintes reprises les trois pays européens à tirer les leçons de cet adage iranien :"Répéter une expérience déjà éprouvée constitue une erreur"", a-t-il déclaré.
L'ambassadeur d'Iran auprès des organisations internationales à Vienne a accusé les États-Unis d'exercer des pressions politiques sur les pays pour bloquer le soutien à une résolution interdisant les attaques contre des installations nucléaires pacifiques.
Réagissant aux informations selon lesquelles la Maison-Blanche tenterait de conclure un nouvel accord avec la République islamique d'Iran concernant le détroit d'Ormuz et le programme nucléaire iranien, M. Baghaï a déclaré que notre position a été claire dès le début du processus diplomatique.
"Lorsque nous sommes parvenus à une entente le 18 juin, nous avons très rapidement et clairement consigné dans ce mémorandum d'entente les éléments que nous avions à l'esprit. Le problème vient de la partie américaine, qui a violé tous ses engagements seulement 22 ou 23 jours après la signature du mémorandum", a-t-il expliqué.
Par conséquent, a-t-il poursuivi, si nous reprenons l'expression diplomatique consacrée, la balle est depuis longtemps dans le camp américain, puisque les États-Unis ont à la fois été à l'origine de l'agression militaire et commencé à violer l'entente qu'ils avaient eux-mêmes signée.
Aucune discussion n'est actuellement en cours entre Téhéran et Washington, mais des messages sont échangés par l'intermédiaire de médiateurs.
En réponse à la question d'un journaliste lui demandant de réagir aux allégations américaines selon lesquelles l'Iran aurait tiré des missiles contre deux navires de guerre américains et que les attaques menées contre des pétroliers iraniens auraient été effectuées en représailles à ces tirs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a dit : "Pour un pays qui se présente lui-même comme la plus grande superpuissance de l'histoire, le fait de recourir à de telles menaces et d'attaquer des navires commerciaux en représailles à ce qu'il a lui-même reconnu - à savoir l'attaque par l'Iran de son navire de guerre - n'est vraiment pas quelque chose dont il puisse être fier".
Affirmant que l'Iran se trouve en position défensive en raison de la poursuite du blocus naval et de la guerre économique des États-Unis, il a souligné que les frappes iraniennes contre les bases militaires et les navires de guerre américains ont été menées dans le cadre de son droit inhérent à la légitime défense, un droit clairement consacré et reconnu par l'article 51 de la Charte des Nations Unies.
Interrogé sur la question de savoir si l'Iran entendait réellement empêcher les navires américains de franchir le détroit d'Ormuz ou cherchait simplement à faire pression sur Washington, M. Baghaï a déclaré que l'insécurité dans le détroit est une conséquence directe des actions américaines.
"Tant que cette situation perdurera, il sera fondamentalement impossible de parler d'une sécurisation du détroit d'Ormuz. Le problème ne vient pas des actions de l'Iran ; il réside dans l'agression militaire des États-Unis et du régime israélien, qui se poursuit toujours, sous la forme d'un blocus naval, d'une guerre économique et d'attaques contre les navires commerciaux iraniens", a-t-il réagi.
Le Parlement iranien a approuvé un projet visant à interdire le transit par le détroit d
Concernant l'état d'avancement des négociations avec Oman, M. Baghaï a déclaré que l'Iran et Oman, en tant que deux États côtiers, ont entamé des discussions sérieuses en vue d'établir des voies de navigation sûres dans le détroit d'Ormuz.
"Nous pouvons désormais dire que les négociations entre l'Iran et Oman sont entrées dans leur phase finale. Il est fort probable que, dans les prochains jours, l'entente entre l'Iran et Oman concernant l'établissement d'une voie maritime temporaire sûre dans le détroit d'Ormuz soit enregistrée auprès de l'Organisation maritime internationale", a fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne, tout en exprimant l'espoir que "certaines parties mal intentionnées" n'interféreraient pas dans le processus et le laisseraient progresser de manière raisonnable et logique.
Concernant l'impact de l'entente entre l'Iran et Oman sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, Esmaïl Baghaï a affirmé que celle-ci constitue une condition nécessaire à l'instauration de la sécurité sur les voies de navigation du détroit d'Ormuz, mais qu'elle n'est pas une condition suffisante.
Interrogé sur les attaques répétées des États-Unis contre des civils et sur la question de savoir si les organismes de défense des droits de l'homme, notamment le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme en Iran, ont pris une position précise à ce sujet, M. Baghaï a accusé les responsables américains de malhonnêteté.
Ailleurs dans ses remarques, il a répondu à une question sur la répétition des attaques américaines contre les civils iraniens : "Les responsables américains mentent avec aplomb, et c'est en soi tout un art".
"Les responsables américains savent parfaitement que l'une des tactiques de guerre des États-Unis au cours de ces 70 ou 80 dernières années a consisté à prendre pour cible des objectifs civils. Le fait de passer d'un concept appelé"opérations dynamiques"à des opérations aveugles et sans objectif précis, similaires aux agissements du groupe terroriste Daech, est en soi le signe du déclin moral d'un système", a-t-il fustigé.
Une analyse de Reuters confirme qu
En outre, il a évoqué la frappe américaine lancée le 1er septembre contre une cérémonie de mariage dans la ville de Kouhestak, dans la province méridionale du Hormozgan qui a fait cinq morts, dont deux enfants âgés de 4 et 16 ans.
"Cette attaque n'était pas une première. Il suffit de revenir sur les attaques américaines contre des civils au cours de ces six derniers mois : malheureusement, il apparaît que les États-Unis suivent le modèle israélien consistant à attaquer de manière répétée et systématique les populations civiles", a-t-il déploré, en affirmant qu'il ne s'agissait pas de dommages collatéraux ; c'était un acte délibéré.
"En tant qu'Iraniens, il nous incombe, de concert avec la communauté internationale, de veiller à ce que ces crimes ne soient pas relégués au rang de simples faits historiques. Nous devons maintenir notre exigence de responsabilité à l'égard des États-Unis", a-t-il conclu.
Le CGRI a déclaré que l'attaque américaine contre une cérémonie de mariage à Kouhestak "ne restera pas impunie" et que les auteurs de ce crime odieux finiront par rendre des comptes.
