📑 08/09/2026 voltairenet.org  8min 14 #325948

Nouvelles du front ukrainien

par Thierry Meyssan

Les États-Unis et la Russie veulent conclure la paix le plus vite possible en Ukraine. Le problème n'est pas où l'on croit : il semble que les straussiens (les disciples de Léo Strauss), qui s'étaient infiltrés dans les administrations Obama et Biden, soient aujourd'hui soutenus par les Européens. Or, ce sont eux qui ont déclenché ce conflit inutile.

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Le soutien apporté par le grand rabbin Jonathan Markowicz aux criminels en col blanc, en Ukraine, fait ressurgir une vague d'antisémitisme, dans ce pays qui endura de lourds crimes. Il est membre de la secte Chabbad, comme Volodymyr Zelensky et Benyamin Netanyahou.

La guerre israélienne contre les arabes se poursuit en Palestine, au Liban, en Syrie, en Iraq et au Yémen, la guerre états-unienne n'en finit pas en Ukraine et en Iran. De son côté, le président Donald Trump tente d'extraire son pays du bourbier slave que son prédécesseur, Joe Biden, a ouvert et de celui qu'il a lui-même enclenché contre les Perses. Enfin, il y a la guerre contre les Extrême-Orientaux que le Japon se prépare à livrer.

Or les guerres sont des monstres qu'il est facile d'enclencher, mais très difficile d'arrêter. John Ratcliffe, le directeur de la CIA, s'est rendu à Moscou pour lancer un ultimatum au président Vladimir Poutine, selon la presse US. Il semble, qu'au contraire, il soit venu discuter avec ses homologues de l'évolution de ces conflits et de la meilleure manière d'y mettre fin avant qu'ils ne se diffusent dans le monde.

Le temps semble fini où les straussiens (1) venaient menacer la Russie et la contraignait à reculer. Leur dernière offensive était lorsque Victoria Nuland, le sous-secrétaire d'État d'Antony Blinken, était venue crier au ministère des Affaires étrangères russes, du 11 au 13 novembre 2021. Elle parvint à crisper les diplomates russes qui répondirent en envoyant un projet de traité de paix à Washington, le 17 décembre 2021. Et, en l'absence de réponse à leur offre, reconnurent les deux républiques du Donbass (Donetsk et Lougansk), intervinrent eux-mêmes militairement en Ukraine pour faire respecter la résolution 2202 du Conseil de sécurité des Nations Unies, le 24 février 2022.

Ces fauteurs de guerre ont tous été balayés de l'administration par l'élection du président Trump, mais la paix n'est toujours pas revenue. Au contraire, la propagande atlantiste ne cesse de répéter que cette opération militaire spéciale est une "guerre d'agression non provoquée et injustifiée de la Russie contre l'Ukraine qui viole gravement le droit international et les principes de la Charte des Nations unies". Ce slogan est répété lors de chaque réunion internationale, repris dans les dépêches des agences de presse, et finalement par tous les Occidentaux.

Il est simplement faux, complétement faux : l'engagement de l'Allemagne, de la France et de la Russie à faire respecter les accords de Minsk a été annexée par le Conseil de sécurité à sa résolution 2202. Dire qu'en intervenant en Ukraine, "la Russie viole le droit international" devrait obliger les Français qui le prétendent à admettre qu'ils ont "envahi" le Rwanda pour y faire cesser un génocide avec l'aval du Conseil de sécurité. Pourtant, tous les observateurs sont bien conscients que jamais la France n'a voulu "annexer" le Rwanda, mais uniquement sauver sa population (même si les services secrets français ont profité de cette opération pour exfiltrer les génocidaires).

Aujourd'hui, les Ukrainiens vivent sous un régime non-démocratique, où un usurpateur (selon la constitution, le président n'est plus Volodymyr Zelensky depuis mai 2024, c'est le président de la Verkhovna Rada, Rouslan Stefantchouk, qui l'est, à titre intérimaire) occupe le pouvoir. Ils sont baignés dans une propagande quotidienne qui leur fait accepter la vision du monde de Dmytro Dontsov (1883-1973) et sa division raciale exposée par Yurii Lypa (1900-1944). L'opinion dominante en Ukraine est désormais que les vrais Ukrainiens ne sont pas des slaves, mais des vikings ; qu'ils ont un objectif immémorial d'en finir avec le mal, incarné par les "Moscovites" ; et qu'ils les vaincront lors de la bataille finale, celle de la fin des Temps.

Les livres de Dontsov et de Lypa (Nationalisme, L'esprit de notre antiquité, Solidarisme de race, La doctrine de la mer Noire) sont aujourd'hui des succès de librairie. Leur lecture est désormais obligatoire pour les soldats, comme Mein Kampf l'était pour leurs grands-parents. L'impression de cette propagande est financée par l'Union européenne, même si ces livres ne sont surtout pas traduits dans les autres langues européennes. Il n'y a pas rien sur l'œuvre raciste de Yurii Lypa sur Wikipedia (hormis en ukrainien et en russe) qui est juste présenté comme un médecin.

Par conséquent, personne ne se sent le courage de contester le groupe qui porte cette idéologie, surtout en une période où le gouvernement a saisi et détruit des millions de livres porteurs du "Mal" (sic). Pourtant, la jeunesse a manifesté partout dans le pays pour soutenir son idole, l'ancien ministre de la Transformation numérique, puis de de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, le seul homme qui ose publiquement suggérer tout le mal qu'il pense de ces idéologues. Ces manifestations étaient les plus importantes que le pays a connu depuis le coup d'état de 2014 et le renversement du président démocratiquement élu Viktor Ianoukovytch.

Après avoir diffusé une vidéo de 9 minutes (2) appelant à la tenue d'élections et avoir encaissé un refus poli de l'usurpateur Zelensky, Mykhaïlo Fedorov a quitté sa patrie. Il est devenu conseiller du ministre italien de la Défense, lui qui dénonçait les fuyards et avait proposé, avec succès, de remplacer la chair à canon par des drones (3).

Le président Trump, qui a renoué avec ses interlocuteurs russes, a donc envoyé ses émissaires privilégies, son ami et associé d'affaires, Steve Witkoff, et son gendre, Jared Kushner, rencontrer à nouveau son homologue russe, Vladimir Poutine. La presse états-unienne, toujours alignée sur les straussiens (dont les figures médiatiques sont depuis plusieurs années au parti démocrate, après avoir changé six fois de parti politique), assure que les entretiens furent courtois, mais glaciaux. En réalité, nous n'en savons rien, mais pouvons juste observer que les deux missi dominici se sont précipités à Kiev pour mesurer la température de l'autre côté.

L'usurpateur Zelensky répète, quant à lui, à la presse qu'il tentera d'obtenir des armes des États-Unis. Or, non seulement le président Trump ne le veut pas, mais il espère faire rembourser aux Européens les armes que son prédécesseur, Joe Biden, avait donné à l'Ukraine. Il considère que ce cadeau était fait au nom de l'Union européenne et ne devait être payée que par elle, pas par les contribuables US.

Les Européens, qui n'ont plus d'argent, ne peuvent pas rembourser ces sommes colossales. Ils s'abriteront derrière le fait que personne n'a forcé Joe Biden à être généreux. Il est désormais clair pour Donald Trump que Biden était un président illégitime et qu'il a usé de son pouvoir pour servir les néoconservateurs européens plutôt que ses propres citoyens. En effet, il est désormais prouvé que 2 millions d'étrangers ont voté lors de l'élection présidentielle US de 2020 (rappelons qu'il n'est pas nécessaire de présenter de papier d'identité dans les bureaux de vote). Trump n'a plus besoin d'évoquer une élection volée, puisqu'il est établi que la triche n'était pas dans les bureaux de vote, mais dans les listes électorales.

Aux États-Unis, la réforme des listes électorales tourne au pugilat. La classe dirigeante se gaussait de la mise en scène électorale tant qu'elle s'assurait que, conformément à la constitution, le vote des citoyens n'était que consultatif. Depuis la fondation des États-Unis, le président est élu par un collège électoral de quelques centaines de personnes désignées, non pas par les citoyens, mais par les gouverneurs des États fédérés (4). Si les listes électorales sont réformées, elles devront être centralisées et, probablement, le scrutin deviendra une élection au suffrage direct.

En outre, les missi dominici devront s'assurer à Kiev qu'aucune mesure de force n'est planifiée par l'administration présidentielle pour éliminer une possible opposition. Il circule actuellement, sur les réseaux sociaux ukrainiens, des réactions très négatives au soutien apporté par le grand rabbin Jonathan Markowicz qui s'est porté garant devant la justice de l'ancienne ministre-adjoint de la Justice, Iryna Mudra. Or cette dame, qui est devenue la numéro 2 de l'administration présidentielle, a été arrêtée pour corruption dans "l'affaire Forrest Gump" (un développement particulier de "l'affaire Midas" (5)). De nombreux Ukrainiens constatent, après la démission d'Andreii Yermak et la fuite de l'associé de Zelensky, Timour Minditch, que beaucoup de malversations tournent autour de la secte du rabbin Menachem Mendel Schneerson (1902-1994) que ses disciples considèrent comme "le messie". Au point que certaines organisations juives ukrainiennes ont mis en garde contre de possibles pogroms. Le tandem Witkoff/Kushner tentera de faire baisser l'hystérie locale, mais il est évident que la population ukrainienne est lasse de tout ce qu'on l'oblige à avaler. Après quatre ans de gabegie, les États-Uniens vont-ils mettre de l'ordre dans le chaos qu'ils ont eux-mêmes créé ?

Thierry Meyssan

(1) "Vladimir Poutine déclare la guerre aux Straussiens", par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 mars 2022.

(2) "Звернення Михайла Федорова до українського народу ", YouTube, 18 серпня 2026 року.

(3) " Limogé par Zelensky, recruté par Meloni : le rebond surprise de l'ex-ministre ukrainien de la Défense Mykhaïlo Fedorov", Olivier Tosseri, Les Échos, 2 septembre 2026.

(4) Lire absolument :  How Democratic Is the American Constitution ?, Prof. Robert A. Dahl, Yale University Press (2002).

(5) "L'Opération Midas provoque la chute de la classe dirigeante ukrainienne", 12 novembre 2025. ""WC en or"pour le"portefeuille de Zelensky"et son"agence de mannequins"qui construit des drones", par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Maria Poumier, La Jornada (Mexique), 20 novembre 2025."Epstein, Yermak et Zelensky", par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 17 février 2026.

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