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Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, Premier ministre du Sénégal, lors de sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale, le 8 septembre 2026
Le chef de l'exécutif sénégalais a présenté la feuille de route du gouvernement dans plusieurs secteurs au cours d'une déclaration fleuve de plus de deux heures. Il a notamment tenté de rassurer sur l'accord avec le FMI et mis en avant les politiques sociales et économiques que l'exécutif entend mettre en œuvre.
Le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a livré, durant plus de deux heures, sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale ce 8 septembre, dans un climat tendu, selon la presse locale. Dès le début de son intervention, le chef du gouvernement a inscrit la feuille de route de l'exécutif dans la continuité du document stratégique national "Sénégal 2050".
Il a également défendu les mesures de rationalisation des dépenses publiques, de réforme des subventions, de traitement de la dette et de renforcement de la souveraineté économique et énergétique, toutes prévues dans le programme du Fonds monétaire international (FMI) et qui correspondent, dans leurs grandes orientations, à celles inscrites dans le programme gouvernemental et dans les engagements antérieurs de l'État sénégalais.
Le contenu de l'accord avec le FMI a été résumé par le chef du gouvernement autour de quatre axes majeurs : le rétablissement de la stabilité macroéconomique et de la viabilité de la dette ; la réduction des vulnérabilités budgétaires et extérieures ; l'accroissement des dépenses sociales en faveur des couches les plus vulnérables, estimées à 40 % de la population ; et le soutien à une croissance durable tirée par le secteur privé, rapporte le site d'information Sene News.
Logement, santé et production locale de médicaments au cœur de la politique socialeLe Premier ministre a souligné l'importance accordée au logement, à la santé et à la production locale de médicaments, trois secteurs qui affectent directement la vie quotidienne des citoyens.
Sur la question du logement, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a fait part de l'ambition de l'exécutif de construire 500 000 logements à l'horizon 2035 afin de renforcer l'accès à l'habitat et d'accompagner le renouvellement urbain. Le gouvernement considère également le logement comme un levier économique susceptible de favoriser la création d'emplois.
Dans le domaine de la santé, l'exécutif entend mettre en œuvre un programme hospitalier régional assorti d'une mise à niveau des plateaux techniques, afin d'améliorer l'accès aux soins et de rapprocher progressivement le Sénégal des standards internationaux. Il accorde notamment la priorité à la construction de quatre hôpitaux régionaux à Saint-Louis, Ziguinchor, Mbour et Kaolack, d'une capacité de 350 lits chacun.
En matière de souveraineté pharmaceutique, le gouvernement ambitionne de créer un cluster pharmaceutique afin de porter la part de la production locale de médicaments à 50 %, contre 15 % actuellement, et ainsi de réduire la dépendance aux importations.
Réformer les subventions énergétiques au nom de l'"équité"Ce passage de la déclaration de politique générale a été particulièrement commenté au Sénégal : le gouvernement entend réformer les subventions à l'électricité et au carburant afin qu'elles bénéficient davantage aux quelque 8 millions de Sénégalais pauvres et vulnérables.
Le Premier ministre a dressé un constat sévère : sur les 800 milliards de francs CFA (plus de 1,418 milliard de dollars) consacrés chaque année aux subventions, 600 milliards (plus de 1,06 milliard de dollars) bénéficieraient aux 20 % de ménages les plus aisés.
Face à cette situation, le chef du gouvernement envisage une réduction graduelle, prévisible et différenciée des subventions, les économies réalisées devant être réorientées vers les catégories les plus défavorisées. Pour l'exécutif, il s'agit d'adapter le paiement de l'électricité et du carburant aux capacités réelles des ménages, dans un souci d'équité territoriale, a indiqué Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô.
Cette réforme devrait être mise en œuvre dans le cadre d'une loi de finances rectificative qui sera soumise à l'Assemblée nationale, a-t-il précisé.
Nouveau code minier et renforcement de la souveraineté alimentaireSelon le Premier ministre sénégalais, le secteur minier devrait bénéficier de l'adoption d'un nouveau code dès la fin de 2026. Il a également annoncé la création d'un fonds de réhabilitation des sites et carrières, ainsi que la mise en place d'un cadastre minier. Le gouvernement table sur un objectif de 600 milliards de francs CFA de recettes annuelles générées par le secteur à l'horizon 2029.
Concernant la souveraineté alimentaire, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a fait part de l'ambition de son gouvernement de porter, à l'horizon 2029, le taux de couverture des besoins nationaux à 64 % pour le riz, 114 % pour les pommes de terre, 100 % pour les oignons, 96 % pour la viande et 40 % pour le lait.