🌍 08/09/2026 linvestigateurafricain.tg  4min 15 #326018

Sahara occidental : à Genève, le Maroc consolide son offensive diplomatique

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Komla YAWO

Sahara occidental, le Maroc intensifie ses efforts diplomatiques pour faire avancer sa position sur le dossier. À Genève, devant le Conseil des droits de l'Homme de l' ONU ce mardi 8 septembre, Rabat s'est exprimé au nom d'un groupe de 40 États qui réaffirment leur soutien à sa souveraineté sur les provinces du Sud et à son plan d'autonomie. Derrière cette déclaration, l'enjeu dépasse le simple affichage diplomatique. Il s'agit pour le Maroc de conforter l'idée que son initiative constitue désormais la principale base réaliste pour sortir du conflit.

Sahara occidental, le Maroc veut déplacer le centre du débat

Le premier enseignement de cette déclaration est le choix du terrain diplomatique. Rabat insiste sur le fait que le Sahara occidental constitue avant tout un différend politique relevant du Conseil de sécurité et non une question à régler au sein du Conseil des droits de l'Homme.

Cette position n'est pas nouvelle, mais sa réaffirmation à Genève traduit une stratégie précise, empêcher que le dossier soit principalement abordé sous l'angle des droits humains et maintenir son traitement dans le cadre du processus politique conduit sous l'égide du Conseil de sécurité.

Le représentant marocain,  Omar Zniber, a ainsi appelé à préserver les échanges entre les États, le Conseil des droits de l'Homme et le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme de toute "instrumentalisation". Pour Rabat, la question des droits humains ne doit pas devenir un instrument susceptible de remettre en cause son approche politique du dossier.

Le plan d'autonomie au cœur de la nouvelle dynamique

Le deuxième enjeu est plus stratégique. Les 40 États ont réaffirmé leur soutien au plan d'autonomie marocain et à la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025.

Cette résolution constitue un élément important de la nouvelle séquence diplomatique. Elle demande aux parties de négocier sur la base de la proposition d'autonomie marocaine, tout en recherchant une solution politique définitive et mutuellement acceptable et en affirmant que l'autodétermination du peuple du Sahara occidental demeure un objectif du processus. Elle reconnaît également qu'une véritable autonomie pourrait constituer une issue particulièrement faisable.

C'est précisément cette évolution que Rabat cherche à consolider. Le soutien de 40 États ne signifie pas que le conflit est réglé. Mais il permet au Maroc de renforcer son argument selon lequel son initiative bénéficie d'un soutien international croissant et peut servir de socle aux prochaines négociations.

Un rapport de forces qui dépasse Genève

Le troisième enjeu est celui du rapport de forces régional. Pour Rabat, chaque soutien supplémentaire constitue un atout dans une bataille diplomatique qui dure depuis plusieurs décennies.

L'ouverture de consulats étrangers à Dakhla et Laâyoune est également présentée comme un levier de coopération économique et d'investissement. Dans cette logique, la diplomatie marocaine associe de plus en plus la question du Sahara au développement des provinces du Sud et à leur intégration dans les échanges africains et arabes.

La référence aux populations des camps de Tindouf constitue, elle aussi, un élément important. Le Maroc affirme être prêt à faciliter leur retour et leur réintégration dans le cadre de garanties internationales. Cette question reste toutefois sensible et devra être examinée dans le cadre du processus politique onusien.

La déclaration de Genève doit surtout être lue comme une nouvelle bataille diplomatique gagnée par le Maroc, mais pas comme le règlement du conflit. Le véritable test sera désormais la capacité des parties à transformer le nouveau cadre fixé par le Conseil de sécurité en négociations concrètes.

L'objectif pour Rabat est de faire du plan d'autonomie non plus seulement une proposition marocaine, mais la base incontournable d'un règlement politique du Sahara occidental. Pour l'ONU, le défi sera de préserver le caractère négocié et mutuellement acceptable de la solution. C'est dans cet équilibre que se jouera la prochaine étape du dossier.

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