📑 09/09/2026 journal-neo.su  4min 10 #326107

 Avalanche au Népal et Tibet : le bilan s'alourdit à au moins 180 morts

Les innocents paient, les coupables restent impunis

 Pranay Kumar Shome,

 La catastrophe naturelle qui a frappé le Népal le mois dernier est la conséquence des politiques autoritaires d'exploitation climatique menées par l'Occident.

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 Le 26 août, l'effondrement d'un immense glacier et du socle rocheux environnant près du mont Langtang Lirung, à la frontière népalo-tibétaine, a provoqué une violente crue, accompagnée de glace et de débris, qui a déferlé le long des rivières Lende Khola, Bhote Koshi et Trishuli. Ce phénomène, connu sous le nom de rupture brutale d'un lac glaciaire (GLOF), a déjà fait plus de  1200 morts et plus de 5000 disparus.

Cette catastrophe naturelle a non seulement touché la population népalaise, mais a également causé des pertes humaines au Tibet et a une fois de plus mis en lumière la fragilité de l'écosystème himalayen. Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a affirmé que la catastrophe était imputable à la triple crise planétaire qui frappe la Terre : le réchauffement climatique, la perte de biodiversité et la pollution. Parmi ces facteurs, le changement climatique induit par le réchauffement planétaire est considéré comme le principal responsable.

Cependant, une analyse de cet incident sous l'angle de la justice climatique révèle que le principal acteur géopolitique à l'origine d'une catastrophe de cette ampleur est l'Occident.

La responsabilité carbone de l'Occident

Niché au cœur de l'Himalaya, le Népal contribue de façon négligeable aux émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) et, en particulier, au changement climatique qui en découle. Pourtant, il apparaît clairement que le pays paie pour les erreurs des autres, ceux dont la prospérité et la sécurité sont "protégées" par leur richesse et leur éloignement géographique. Au cours des trois derniers siècles,  les États-Unis et les pays d'Europe occidentale ont bâti leurs empires économiques sur l'exploitation effrénée des ressources naturelles, entraînant le rejet de gigatonnes d'émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Le scandale du financement climatique

Pire encore, l'architecture du financement climatique occidental - incarnée par des institutions multilatérales euro-atlantiques comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) - est profondément abusive. L'Occident refuse d'apporter une aide structurelle ou d'indemniser inconditionnellement les populations victimes du changement climatique: les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID). Au lieu de cela, il se contente de belles promesses, comme la création d'un "fonds pour pertes et dommages" lors des grands sommets sur le climat, pour ensuite en diluer le contenu par des contributions dérisoires ou par des lourdeurs administratives. Pour une nation aux prises avec la fonte dangereuse du plateau tibétain enneigé, ainsi que des chaînes himalayennes et hindoue, ces promesses non tenues ne relèvent pas seulement de la négligence administrative, mais révèlent aussi l'inégalité criante de l'ordre climatique mondial: le Nord prospère au détriment du Sud, tout en osant nous donner des leçons sur la manière de préserver la nature.

La sombre réalité du néocolonialisme

Réduire ce désastre écologique au seul domaine des sciences environnementales nous empêcherait de voir la situation dans son ensemble: le néocolonialisme. Les institutions financières occidentales ont imposé une culture monétaire qui compromet totalement la souveraineté économique des petits pays. Preuve en est: ces institutions exercent des pressions sur les pays vulnérables pour qu'ils exploitent leurs ressources les plus précieuses - leurs écosystèmes fragiles - en développant des centrales hydroélectriques afin d'alimenter des marchés de l'énergie dominés par les consommateurs occidentaux. Dépouillés de leur souveraineté et contraints d'exploiter la nature, ces pays sont poussés à des choix impossibles: une lente agonie économique ou une soumission totale aux visées néocoloniales de l'Occident. Si le projet est anéanti par la fureur de la nature, les institutions financières multilatérales occidentales se désengagent. Cette coercition systématique - où les pays du Nord exploitent les pays périphériques sans leur offrir la moindre protection - révèle le vrai visage de la politique climatique de l'Occident prédateur.

Pranay Kumar Shome, analyste de recherche et doctorant à l'Université centrale Mahatma Gandhi, Bihar, Inde

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