L'Iran a fermement condamné une résolution adoptée par le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui saisit le Conseil de sécurité de l'ONU, avertissant que cette mesure à motivation politique compromet les cadres mondiaux de non-prolifération et ignore les réalités d'une guerre en cours.
Ces déclarations interviennent, ce mercredi 9 septembre, après l'adoption, par 23 voix pour, d'une résolution anti-iranienne rédigée par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne. La Russie, la Chine et le Niger ont voté contre, tandis que huit pays se sont abstenus.
Le texte demande au directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, de saisir le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale de l'ONU de la situation de l'Iran, ce qui marque la première fois depuis 20 ans que Téhéran est déféré devant le Conseil au sujet de ses obligations nucléaires.
Dans un communiqué publié sur X, la mission iranienne auprès de l'ONU à Vienne a fustigé l'adoption non consensuelle de la résolution, arguant qu'elle "favorise une érosion accrue et l'effondrement à terme du régime de prolifération dans son ensemble".
Téhéran a imputé aux États-Unis et à Israël la responsabilité de l'impasse nucléaire actuelle, invoquant les guerres d'agression qu'ils ont menées contre le pays.
"La situation actuelle est uniquement due aux actes d'agression criminels perpétrés par les États-Unis et le régime israélien", indique le communiqué.
Il a qualifié les efforts de Washington pour forcer l'Iran à "capituler" et s'emparer de ses richesses pétrolières d'"objectif illusoire" qui a échoué malgré deux années de guerre totale impliquant les États-Unis et leurs alliés.
La mission iranienne auprès de l'AIEA a mis en lumière l'hypocrisie des puissances occidentales qui, historiquement, ont prôné les "solutions diplomatiques" au sein de l'AIEA, tout en recourant simultanément à l'usage illégal de la force.
La mission iranienne a relevé que les États-Unis et Israël aient bombardé des "sites nucléaires pacifiques et protégés" et violé les principes fondamentaux du droit international et de la Charte des Nations Unies.
La déclaration condamne l'agression militaire en cours contre l'Iran pour ses pertes civiles dévastatrices, faisant spécifiquement référence aux crimes de guerre incluant la mort de milliers de civils, parmi lesquels "168 enfants dans une école primaire et des invités à un mariage".
"Ils ne pourront jamais effacer cette défaite par l'adoption d'une résolution partiale au sein de l'AIEA", a conclut la mission.
Par ailleurs, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a critiqué le raisonnement de l'AIEA et des puissances occidentales, soulignant que le manque d'accès lui-même a été provoqué par des frappes militaires étrangères.
"Ils attaquent les installations nucléaires iraniennes soumises aux garanties, perturbent le processus normal de vérification, puis utilisent cette perturbation comme prétexte pour faire adopter une résolution au sein du Conseil des gouverneurs."
M. Gharibabadi a qualifié cette manœuvre diplomatique de tentative désespérée de sauver une stratégie militaire et politique vouée à l'échec.
"Avec de telles postures politiques, vous ne pouvez ni compenser l'échec de vos propres politiques et actions, ni obtenir quoi que ce soit au Conseil de sécurité."
S'adressant aux journalistes après le vote, l'ambassadeur iranien auprès de l'ONU à Vienne, Reza Najafi, a qualifié la résolution d'"outil politique".
Clarifiant la position de Téhéran sur les futures inspections alors que les hostilités militaires se poursuivent, Reza Najafi a déclaré que : "L'Iran ne coopérera que dans la mesure où les circonstances et la sécurité le permettent".
Depuis l'offensive militaire américano-israélienne de juin 2025, qui comprenait des frappes aériennes directes contre des sites nucléaires protégés, l'AIEA n'a plus accès à certaines installations nucléaires iraniennes.
Cet accès demeure bloqué depuis l'éclatement d'une deuxième guerre, plus vaste, le 28 février 2026, qui a également ciblé des infrastructures nucléaires et civiles.
Les analystes diplomatiques notent que la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU est en grande partie symbolique.
Alors que les États-Unis espèrent ajouter une pression diplomatique aux sanctions économiques existantes et au blocus naval, toute tentative d'adopter des mesures punitives au Conseil de sécurité devrait se heurter au veto de la Russie et de la Chine, qui s'opposent toutes deux à la politisation de l'organisme de surveillance nucléaire.
L'Iran a déclaré que l'AIEA est confrontée à une crise de crédibilité à la suite de son inaction face aux frappes américaines et israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes protégées.
