10 septembre 2026 (16H30) - Une explication particulièrement élégante et de haute civilisation de l'affrontement armé d'éléments des deux services SBU et HUR-GUR est apparue pour en expliquer la cause, ou dans tous les cas de l'une des causes à côté des querelles d'intérêt et de haine entre services. Certains des éléments (on indique pas de quel service) parlaient en russe et non en ukrainien, ce qui constitue un crime grave en Ukraine, y compris pour les services de renseignement et de sécurité.
Donc l'affrontement a eu lieu entre le SBU (police politique civile) et le HRU, alias GUR (renseignement militaire). Dès ce simple énoncé, répondant à la simplicité de la cause de cette bataille de gangs se pose la question décisive : pourquoi HRU ou GUR ? Question aussitôt posée à l'IA et nous entrons dans la jungle linguistique du cyrillique par rapport à notre noble alphabet arabe (mais non islamiste, rassurons-nous), et au cœur de la cause de l'affrontement :
"HUR (ou parfois GUR) correspond à la Holovne Upravlinnya Rozvidky (Direction générale du renseignement du ministère de la Défense de l'Ukraine). C'est bien le service de renseignement militaire du pays.
• HUR (Translittération ukrainienne) : En ukrainien, la première lettre du nom de l'organisation (Головне) s'écrit avec la lettre cyrillique Г, qui se prononce comme un H aspiré ou expiré. L'acronyme officiel basé sur la prononciation ukrainienne est donc HUR (Holovne Upravlinnya Rozvidky). C'est la forme privilégiée par l'Ukraine et la plupart des médias anglophones.
• GUR (Translittération russe ou historique) : En russe, la même lettre cyrillique Г se prononce comme un G dur. En translittération russe, l'acronyme devient donc GUR (Glavnoye Upravleniye Razvedki). De nombreux médias francophones et internationaux utilisent historiquement"GUR"par habitude des standards de translittération du russe ou par proximité avec le fonctionnement de l'ancien acronyme soviétique GRU [qui subsiste en Russie]."
Parmi tous les horions et rafales de fusils d'assaut entendus lors de l'affrontement ont fusé certaines accusations. Nous transcrivons approximativement la plus courante et saillante, à l'adresse de ceux qui insultaient leurs adversaires en russe : "Vous êtes totalement infiltrés par le FSB [service de contre-espionnage de Russie]".
L'affaire est grave. Les journalistes de RT.com font leur boulot sans l'ombre d'un sourire ni la moindre ironie. Ils nous informent des suites juridiques et linguistiques données à l'affaire, avec l'ouverture de multiples enquêtes ("Parlez-vous russe, parfois, par hasard, par inattention, par trahison ?")
A la poursuite de l'ennemi n°1"Des agents de sécurité ukrainiens, impliqués la semaine dernière dans une fusillade scandaleuse opposant deux factions rivales du gouvernement de Volodymyr Zelensky à Kiev, font l'objet d'une nouvelle enquête - cette fois pour avoir parlé russe durant l'affrontement.
" L'affrontement du 2 septembre, digne d'une guerre des gangs, a opposé le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) à la Direction du renseignement militaire ukrainien (HUR). Il a eu lieu dans le cadre d'une tentative d'arrestation de Stepan Kaplunov, un suprémaciste blanc et officier supérieur du 'Corps des volontaires russes' (RDK), une unité paramilitaire opérant sous l'égide du HUR et soupçonnée de contrôler plusieurs centres d'appels frauduleux ukrainiens.
"La médiatrice ukrainienne chargée de la protection de la langue, Elena Ivanovskaya, a déclaré mercredi avoir demandé des informations personnelles sur toutes les personnes impliquées. Elle a exigé que les deux services expliquent pourquoi leurs agents ont"utilisé une langue autre que la langue officielle dans l'exercice de leurs fonctions". Ces données sont nécessaires"pour clarifier les circonstances et prendre une décision équilibrée quant aux mesures à adopter", a-t-elle précisé dans un communiqué publié par les médias ukrainiens."
En Ukraine, la langue russe est considérée comme un ennemi n°1 à abattre jusqu'au bout et de toutes les façons. On a parfois l'impression que l'usage de cette langue est plus dangereux que l'armée russes, ses missiles et ses drones, - et ainsi, réduire à rien tout usage de la langue russe vaudrait toutes les contre-attaques du monde, et des subventions juteuses de l'UE. Cet usage est interdit dans tous les domaines de la "sphère publique" qui n'est pas loin d'embrasser les comportements privés jusqu'aux plus intimes, sinon les pensées des elles-mêmes des citoyens. On est en démocratie, tout de même !
Actuellement une amende de 270 dollars est prévue pour toute personne prise en flagrant délit de baragouinage russe et Ivanovskaïa voudrait multiplier ce chiffre par dix. Bien entendu, tous les livres russes ou en langue russe sont interdits, ainsi que la musique russe, y compris dans les streaming ukrainiens, et bien entendu tout ce qui vient d'artistes russes dont déjà plus d'une centaine sont sur liste noire. Il reste tout de même quelques gâteries échappant à cette chasse à la langue, comme l'indique la ministre de la culture en précisant que 71% des Ukrainiens "consomment régulièrement des contenus en langue russe, près d'un quart d'entre eux le faisant quotidiennement" ; elle parle sans doute des linguistophages.
A tout cela, on ajoute ces précisions où l'on voit que même la corruption et les corrupteurs s'adonnent à ce sport, ce qui en fait des cibles de choix, - pour l'emploi de la langue, pas pour la corruption,..
L'Ukraine-Woke, défenderesse de l'Occident"• Des responsables ukrainiens, notamment ceux de l'entourage de Vladimir Zelensky visés par les services de lutte contre la corruption, ont été surpris à plusieurs reprises en train de s'exprimer en russe lors d'écoutes.
" • Le Bureau national anticorruption d'Ukraine (NABU), soutenu par l'Occident, a publié des enregistrements audio révélant que le procureur en chef chargé de la cybercriminalité - accusé d'extorquer de l'argent en échange d'une protection auprès des réseaux ukrainiens d'arnaques téléphoniques - utilisait principalement le russe dans ses communications.
"• Le ministre des Affaires étrangères, Andrey Sibiga, s'est également exprimé en russe tout au long d'une longue interview accordée récemment à un média kazakh, alors qu'il s'exprimait en sa qualité officielle."
Nous avons l'habitude, dans nos contrées, de ce type de mesures depuis un nombre déjà respectable d'années maquillées à la diversité chatoyante des couleurs du Woke. Tout de même, la CIA et la DIA n'en sont pas encore venues à se battre au fusil d'assaut dans les rues de Washington parce que d'un côté ou de l'autre on aurait entendu l'accent sudiste du temps des Confédérés ; pronostic : cela ne saurait tarder, l'Ukraine leur montre le chemin et ils n'ont qu'à suivre. L'Ukraine ne recule devant rien, subissant cette guerre cruelle et sanglante, et parvenant tout de même à maintenir haut hissé le standard de la tragédie-bouffe.
C'est bien ce qu'il y a de plus fascinant dans cette étrange époque où la folie contagieuse annule absolument toutes les bornes de la mesure et du ridicule. Il y a de quoi ironiser à propos de cette rixe de gangsters entre SBU et HUR-GUR, où il y a eu des morts et des séquestrations entre les deux services, et où les enquêtes envisagées avec les punitions qui les accompagnent visent essentiellement l'usage de la langue russe. Malgré tout le malheur, les souffrances et l'oppression idéologique et corruptrice qui caractérise cette guerre et l'époque occidentale-compulsive qui la chérit avec tant d'enthousiasme, on parvient à retrouver, épars mais pris avec un sérieux confondant, les déblets et les fragments d'un ridicule d'une totale inconscience, avec l'incapacité des caractères impliqués à distinguer le dérisoire et l'ineffable d'une part, des ombres affaires de substance sinon d'essence d'autre part.
Cette bagarre entre SBI et HUR-GUR, comme l'on parlerait de deux frères siamois séparés avec violence et un juron en russe, est bien significative au-delà de l'ironie et du bouffe qu'elle exsude. Elle caractérise toute une époque, tout un dérangement mental avec ses neurones éparpillés dans tous les sens et rebidonnés ensemble sans aucun ordre, tout un aveuglement cosmique, sous le regard impassible et d'un flegme ironique de la GrandeCrise.
C'est ainsi qu'il faut regarder les choses, plutôt que leur chercher des agencements rationnels et subversifs. Les sapiens sapiens s'activent dans le tunnel noir et aveugle d'une nuit enténébrée et glacée comme une canicule, cherchant désespérément l'enjeu perdu et burlesque d'un affrontement qui ne sait plus ce qu'il font et pourquoi. Je ne sais même pas si Ceux d'En-Haut, sur l'Olympe, en train de manipuler ces grandes forces qui nous emmènent vers un destin dont elles seules savent ce qu'il nous réserve, - je ne sais si Ceux d'En-Haut en rient encore.