
© Wikimedia Commons
Des bombes nucléaires américaines B61 sur un rack. [Photo d'illustration]
Le Parlement lituanien va s'atteler, durant sa session d'automne, à une révision constitutionnelle qui pourrait aboutir d'ici début 2027 à la levée de l'interdiction du déploiement d'armes nucléaires dans ce pays membre de l'OTAN.
En Lituanie, la commission de l'ordre public du Seimas - le Parlement national monocaméral - a approuvé une proposition d'amendement visant à supprimer de la Constitution la disposition interdisant le déploiement d'armes nucléaires dans le pays, a rapporté le 9 septembre la Radiotélévision nationale lituanienne (LRT). Sept membres du comité ont voté pour, tandis que deux ont voté contre, est-il précisé.
"Au moment de l'adoption de la Constitution, la situation géopolitique était complètement différente", a déclaré le président du Seimas, Juozas Olekas, présent à cette réunion. "Une armée d'occupation se trouvait sur notre territoire, et les pères fondateurs de notre Constitution ont proposé une telle disposition comme l'un des arguments pour le retrait de cette armée, et cette option a été approuvée", a-t-il expliqué.
L'article 137 de la Constitution lituanienne interdit le déploiement d'armes de destruction massive sur le territoire national. Ce projet d'amendement, visant à rendre nul cet article en cas de menace extérieure avait été déposé début juillet au Seimas.
"Il existe un large consensus sur le fait qu'une telle restriction... ne correspond pas à la situation géopolitique actuelle, dans laquelle les armes nucléaires des Alliés constituent un élément essentiel de la dissuasion", avait alors prétexté Olekas. Lors de la présentation de l'amendement en juillet, par Olekas, 89 députés avaient voté en faveur, 11 contre et six s'étaient abstenus.
Une modification de la constitution lituanienne nécessite qu'au moins 94 des 141 parlementaires votent en sa faveur à deux reprises, et ce à trois mois d'intervalle. Un calendrier serré qui, selon Olekas, pourrait pousser à prolonger la session d'automne du Seimas - dont la fin est prévue au 23 décembre - jusqu'au 13 janvier 2027.
Comme l'avait rapporté le Financial Times en juin, les États-Unis envisageraient de déployer leur arsenal nucléaire dans d'autres pays de l'OTAN. Selon ces informations, plusieurs États baltes et d'Europe de l'Est auraient déjà manifesté leur intérêt pour cette proposition.
La Russie avait averti que la présence d'armes de destruction massive dans les pays baltes ne contribuerait pas à la sécurité de la région : des contre-mesures seront prises à l'encontre de ces pays afin de préserver les intérêts de la Russie.