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 7 octobre 23 : Netanyahou avait été averti 15 jours avant

Un rapport accablant confirme que Bibi avait été averti au sujet du 7 octobre

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par Mike Whitney

"En septembre 2023, le président des Émirats arabes unis, ben Zayed, a appelé Netanyahou pour lui adresser un avertissement sévère... Yahya Sinwar préparait une opération de grande envergure contre Israël... Netanyahou n'a rien fait". ( Révélation : Netanyahou a reçu un avertissement explicite quelques jours avant le 7 octobre, Haaretz)

"Il est difficile de croire qu'Israël n'ait pas eu connaissance à l'avance d'une attaque complexe qui aurait nécessité un entraînement intensif en plein air dans l'une des bandes de terre les plus étroitement surveillées de notre planète. Surtout quand on examine tous les programmes militaires préexistants qu'Israël a pu faire avancer au lendemain de ces événements".  Caitlin Johnstone, X

"Il est tout à fait possible que Netanyahou ait délibérément ordonné à ses forces de sécurité de ne pas intervenir (le 7 octobre) parce qu'il savait que cette attaque allait avoir lieu et qu'il souhaitait laisser un certain nombre de victimes se produire afin de s'en servir comme prétexte pour lancer sa campagne massive de nettoyage ethnique et de génocide dans la bande de Gaza".  Scott Horton, directeur de la rédaction  antiwar.com

Mardi, le journal israélien Haaretz a publié un article "fracassant" affirmant que le premier ministre Benjamin Netanyahou avait reçu un "avertissement explicite" du président Cheikh Mohamed ben Zayed (Émirats arabes unis) selon lequel le chef du Hamas, Yahya Sinwar, "préparait une opération de grande envergure" susceptible d'avoir lieu à tout moment. Selon l'article, le premier ministre israélien aurait ignoré cet avertissement et omis de transmettre l'information aux chefs du Shin Bet, du Mossad et des forces de défense israéliennes (FDI). En conséquence, les responsables de la sécurité israéliens sont restés dans l'ignorance de menaces imminentes qui auraient pu "bouleverser l'ensemble de notre évaluation de la situation".

Les auteurs de l'article se montrent extrêmement convaincants lorsqu'ils affirment que Netanyahou a, à tout le moins, manqué à ses devoirs. De plus, le premier ministre ne s'est pas rendu service en s'opposant obstinément à la création d'une commission d'enquête nationale indépendante chargée d'examiner les défaillances qui ont conduit à l'attaque du 7 octobre. Malgré tout, l'article lui-même manque cruellement de preuves tangibles de culpabilité. Par exemple, il n'y a ni identification de témoins susceptibles de corroborer leurs principales affirmations, ni preuve solide pour étayer leurs allégations. Au lieu de cela, on attend des lecteurs qu'ils se fient à l'analyse d'un journal libéral qui a opportunément dévoilé des informations accablantes sur un candidat politique à quelques semaines seulement des élections. Comprenez-vous pourquoi les gens pourraient se montrer méfiants ?

Ne vous méprenez pas, à mon avis, il ne fait aucun doute que Netanyahou savait que le Hamas prévoyait de lancer une attaque de grande envergure le 7 octobre. Mais je ne suis pas assez naïf pour croire que l'article "à sensation" d'Haaretz soit autre chose qu'un "article à charge" visant à saboter les chances de réélection de Bibi. C'est de la politique, pas du journalisme. Quoi qu'il en soit, on ne peut qu'admirer le numéro de funambule que réalisent les auteurs en suggérant que Netanyahou a fait preuve d'un manque de discernement (en n'informant pas ses responsables de la sécurité) plutôt qu'en affirmant qu'il s'est rendu coupable de négligence criminelle. Il y a là une distinction importante, et les auteurs ont clairement tenté de naviguer dans ce champ de mines sans formuler d'allégations potentiellement diffamatoires de nature pénale. (Malgré tout, Netanyahou a chargé ses avocats d'intenter une action en diffamation contre Haaretz et le journaliste.)

En droit israélien, la négligence criminelle requiert "la preuve d'un manquement grave et coupable à une obligation légale claire de diligence, la prévisibilité d'un préjudice spécifique et un lien de causalité suffisamment direct - souvent accompagné d'éléments justifiant des poursuites". Un manque de discernement, en revanche, implique que Bibi se soit rendu coupable d'une mauvaise évaluation des risques, ce qui suggère qu'il a simplement mal interprété la gravité de l'avertissement. L'article d'Haaretz semble étayer cette dernière conclusion, ce qui confirme notre argument selon lequel les auteurs de l'article voulaient montrer que Netanyahou était "faible en matière de sécurité" afin de compromettre ses chances de réélection, mais ne voulaient pas qu'il fasse l'objet de poursuites pénales pour négligence.

Mais soyons honnêtes : c'est précisément le genre d'article auquel on pourrait s'attendre à l'approche d'une élection. L'objectif est simplement de saboter les chances de Bibi de rester au pouvoir, et non de le mettre derrière les barreaux. Étonnamment - à cet égard -, l'article n'a pas "fait son effet". Des sondages récents (réalisés depuis la publication de l'article) ne montrent aucun changement au sein de l'électorat. Jetez un œil à ce bref billet de Shaiel Ben-Ephraim

"Si certains pensaient que les révélations selon lesquelles les Émirats arabes unis auraient averti Netanyahou au sujet du 7 octobre feraient basculer les sondages, ce n'est pas le cas. Netanyahou est toujours en passe de bloquer la formation d'un nouveau gouvernement et de conduire à une Knesset sans majorité, ce qui lui permettrait de rester aux commandes jusqu'à la tenue d'une nouvelle élection". ~  Shaiel Ben-Ephraim

Intéressant, n'est-ce pas ? Ce n'est pas ce à quoi on s'attendrait après un "séisme politique" comme l'article d'Haaretz. Ce que cela nous montre, ce n'est pas que les électeurs israéliens sont stupides, mais qu'un tyran compétent n'a pas besoin d'une majorité claire pour contrôler les leviers du pouvoir de l'État. Il lui suffit d'entretenir l'impasse parlementaire qui fait de lui le dirigeant par défaut. Netanyahou maîtrise parfaitement cette tâche.

L'une des lacunes flagrantes de cet article est qu'il déforme grossièrement les objectifs stratégiques du Hamas en suggérant que Yahya Sinwar se concentrait exclusivement sur les négociations bloquées concernant les prisonniers, ce qui est tout simplement faux. Le véritable objectif de l'attaque du 7 octobre était de faire échouer la normalisation avec l'Arabie saoudite (les Accords d'Abraham), qui progressait régulièrement et qui visait à contourner les engagements antérieurs pris par les dirigeants arabes de rejeter toute normalisation avec Israël tant que la question de l'autodétermination palestinienne (et de la création d'un État palestinien) ne serait pas résolue. Lorsqu'il est apparu que les Saoudiens étaient prêts à ignorer ces engagements antérieurs et à conclure un accord avec Israël, le Hamas n'a eu d'autre choix que de prendre des mesures extrêmes pour préserver son existence future en tant que peuple. En bref, les attaques du 7 octobre constituaient un dernier sursaut pour obtenir une reconnaissance internationale et faire dérailler la normalisation. La cause palestinienne était en train d'être "effacée" et Sinwar devait agir. Le dirigeant du Hamas a d'ailleurs présenté ses objectifs dans un discours qui est toujours disponible sur X. Voici ce qu'il a déclaré :

"Dans un délai limité à quelques mois - qui, selon mes estimations, ne dépassera pas un an -, nous forcerons l'occupant à faire face à deux options : soit nous le contraignons à appliquer le droit international, à respecter les résolutions internationales, à se retirer de la Cisjordanie et de Jérusalem, à démanteler les colonies, à libérer les prisonniers et à garantir le retour des réfugiés, afin de parvenir à la création d'un État palestinien sur les territoires occupés en 1967, notamment Jérusalem ; soit nous placerons cette occupation dans un état de contradiction et de confrontation avec l'ordre international tout entier, nous l'isolerons de manière extrême et radicale, et nous mettrons fin à son intégration dans la région et dans le monde entier, en remédiant à l'état d'effondrement qui s'est produit sur tous les fronts de la résistance au cours des dernières années". (SuppressedNews)

Si vous lisez attentivement les propos de Sinwar, vous comprendrez non seulement ce qu'il cherchait à faire, mais vous verrez également qu'il y est largement parvenu. L'autodétermination et la création d'un État palestinien ne peuvent être réalisées par les Palestiniens seuls. Ils ont besoin de l'aide de la communauté internationale. Sinwar le reconnaît. Il propose également la solution, qui consiste à sensibiliser davantage le public à l'idéologie ethno-suprémaciste appelée sionisme. Il prédit que la destruction de Gaza par Israël permettra au monde de mieux comprendre ce qu'est réellement le sionisme, et que cette prise de conscience incitera les personnes de conscience à agir de manière à accentuer l'isolement d'Israël.

Il y a une raison pour laquelle vous ne lirez jamais les propos de Sinwar dans les médias grand public. C'est parce qu'ils ne correspondent pas à l'image d'un militant du Hamas en tant que terroriste sanguinaire, mais à celle du chef d'un peuple opprimé se battant pour sauver ce qui reste de son pays face aux colons étrangers. En d'autres termes, cela ne cadre pas avec le discours officiel.

Quoi qu'il en soit, peu importe que Netanyahou ait été "prévenu" par MbZ ou non. Nous savons déjà, grâce à de nombreuses autres sources, que Bibi en savait bien plus qu'il ne le laisse entendre. Voyez plutôt :

"Octobre 2022 : Les services de renseignement israéliens reçoivent une copie du plan de bataille du Hamas, comprenant des détails précis sur la manière dont celui-ci prévoyait de submerger le Dôme de fer, d'utiliser des drones pour neutraliser les caméras de sécurité et les mitrailleuses automatiques installées sur le mur frontalier, puis d'utiliser des parapentes et des motos pour pénétrer en Israël. Les responsables israéliens ont baptisé ce plan"Mur de Jéricho"et l'ont largement diffusé au sein des forces de défense israéliennes (IDF), tout en le rejetant comme étant"trop ambitieux"pour le Hamas". ( Israël connaissait le plan d'attaque du Hamas depuis plus d'un an, New York Times)

"Juillet 2023 : les analystes de l'unité 8200 de renseignement d'origine électromagnétique d'Israël ont émis à plusieurs reprises des alertes indiquant que le Hamas menait des exercices intensifs d'une journée entière qui semblaient identiques au plan d'attaque décrit dans"Jericho Wall". Ces rapports ont tous été pris en compte, puis"écartés"". ( Israël a écarté des renseignements sur le plan d'attaque du Hamas il y a plus d'un an - rapport, I24)

"Septembre 2023 : Des unités de garde postées à la frontière ont transmis des dizaines de rapports faisant état d'entraînements du Hamas en parapente ; leurs rapports ont été totalement ignorés". ( Ils étaient les yeux d'Israël à la frontière, mais leurs avertissements concernant le Hamas sont restés sans suite, NBC News)

""On avait l'impression que quelque chose d'inhabituel était sur le point de se produire", a déclaré Roni Lifshitz, un soldat d'observation qui faisait partie de l'unité 414... Lifshitz a indiqué que les signes avant-coureurs étaient bien là, mais que les responsables ne les avaient pas pris au sérieux."On nous a complètement ignorés"". ( Des soldats des forces de défense israéliennes affirment que les avertissements répétés concernant les activités du Hamas avant les attaques du 7 octobre ont été ignorés, ABC News)

" Une fuite des services de renseignement israéliens révèle l'ampleur des avertissements concernant l'attaque du Hamas ; un officier chargé d'examiner les renseignements avait envisagé le risque d'une attaque de grande envergure". (The Guardian)

"Et ceci - 3 octobre 2023 : une officière des services de renseignement au sein de l'Unité 8200 envoie une série d'e-mails à de hauts responsables des services de renseignement pour les avertir d'une attaque imminente, sur la base de son analyse des renseignements recueillis à la frontière. Elle déclare spécifiquement :"Il est temps d'alerter la population"".

"4 octobre 2023 : les services de renseignement égyptiens alertent Israël qu'"un événement majeur se prépare". Notamment, un avertissement direct du ministre égyptien du Renseignement à Benjamin Netanyahou".

Ainsi, bien qu'il n'y ait pas de preuve tangible qu'un ordre général de "ne pas intervenir" ait été donné aux forces de défense israéliennes opérant à la frontière, "il existe des témoignages spécifiques de soldats à qui l'on a demandé de se retenir ou de retarder leur intervention dans des situations particulières ce matin-là". (Grok)

Ce que ces articles montrent, c'est qu'il y avait une myriade de signes indiquant qu'une attaque était imminente, mais Netanyahou les a ignorés et a continué à vaquer à ses occupations. Ce que les lecteurs ignorent peut-être, cependant, c'est que Bibi a démissionné de son poste de ministre des Finances sous le Premier ministre Ariel Sharon le 7 août 2005, car il s'opposait au plan de désengagement de Gaza, qui prévoyait le retrait unilatéral des colons israéliens de la bande de Gaza (afin d'alléger les exigences d'Israël en matière de sécurité et d'apaiser l'opinion publique internationale.) Lorsque Netanyahou a remis sa lettre de démission lors d'un conseil des ministres en présence de Sharon, il a fait valoir que Gaza deviendrait une "base du terrorisme islamique", à laquelle il faudrait s'attaquer à l'avenir. La déclaration de Bibi l'a positionné à la droite de Sharon, faisant de lui la coqueluche des extrémistes qui visaient l'annexion (à terme) de la bande de Gaza. Ainsi, le 7 octobre est devenu le prétexte permettant à Netanyahou de mettre en œuvre sa vision pour Gaza, qui remontait à plus de deux décennies. Et, comme nous le savons désormais, cette vision comporte notamment la réduction de toute la bande de Gaza en ruines, afin que la population restante puisse être transférée vers d'autres lieux (à l'étranger).

En résumé : Bibi a démissionné du gouvernement Sharon parce qu'il était fermement convaincu que Gaza faisait partie intégrante de l'État juif et que les Palestiniens devaient être expulsés pour que la colonisation puisse se poursuivre sans opposition. Vingt ans plus tard, le 7 octobre est devenu la justification permettant à Netanyahou de concrétiser son rêve. Ainsi, le génocide à Gaza n'est pas une réaction à une attaque terroriste, mais s'inscrit dans un plan à long terme de nettoyage ethnique.

source :  The Unz Review

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