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🇺🇸 11/09/2026 reseauinternational.net  5min 13 #326324

Le pays que Washington cherche à isoler surpasse ses alliés les plus proches

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par Syeda Farheen Naqi Mossavi

La métaphore de Tom et Jerry sert depuis longtemps aux journalistes financiers pour décrire la pression exercée par la Réserve fédérale sur Wall Street. Ce récit n'est toutefois qu'un spectacle secondaire. Le véritable affrontement se déroule dans le golfe Persique, et sa dynamique défie totalement la logique des dessins animés. L'Iran, présenté comme Jerry, ne fuit pas ; il tient bon, épuise son adversaire et neutralise systématiquement les capacités américaines.

Les projections économiques du Fonds monétaire international pour le golfe Persique en 2026 offrent une révélation saisissante. L'économie iranienne devrait se contracter de 6,1% cette année, un coup dur imputable aux sanctions américaines. Pourtant, le Qatar, qui abrite la base aérienne d'Al Udeid et constitue un pilier de la stratégie régionale des États-Unis, devrait connaître une contraction de 8,6%, le Koweït enregistrant lui aussi une croissance négative. Le pays que Washington cherche à isoler surpasse ses plus proches alliés, faisant de l'"opération économique la plus dévastatrice" déclarée par l'administration un exercice contre-productif qui a infligé davantage de dommages à ses amis qu'à l'ennemi désigné.

Ce résultat découle de deux facteurs stratégiques. Les frappes iraniennes ont paralysé le complexe de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan au Qatar - le plus grand au monde -, supprimant environ 17% de sa capacité d'exportation, les réparations devant prendre entre trois et cinq ans. Plus grave encore, la fermeture effective du détroit d'Ormuz par l'Iran a coupé la principale voie de revenus du Qatar vers les marchés européens. Doha a réagi en réduisant de 30% les budgets ministériels et de 85% l'aide à l'étranger. La vulnérabilité de l'émirat révèle l'échec fondamental de son protecteur américain à garantir la sécurité maritime, ce qui sape les engagements de protection pris par Washington.

Sur le plan militaire, les États-Unis sont confrontés à un épuisement de leurs stocks d'intercepteurs de pointe. Les systèmes Patriot et THAAD ont été réduits à des niveaux critique, certaines estimations faisant état de pertes pouvant atteindre les trois cinquièmes des stocks totaux. Les demandes de réapprovisionnement formulées par l'Arabie saoudite ont été rejetées, révélant un arsenal sollicité au-delà de ses capacités. L'Iran a exploité cette asymétrie par le biais d'une stratégie d'échange de coûts : le déploiement de drones bon marché et produits en masse qui obligent les États-Unis à engager des intercepteurs valant des millions de dollars à chaque affrontement. Ce calcul a épuisé les ressources de la Défense américaine, imposant une réévaluation stratégique.

L'élan de ce conflit trouve son origine directe dans le plaidoyer israélien en faveur d'une confrontation militaire directe entre les États-Unis et l'Iran. La complaisance de Washington a toutefois transformé les installations militaires américaines du golfe Persique, qui sont passées du statut de boucliers protecteurs à celui de sources de risques. Les monarchies arabes du golfe Persique ont par conséquent entamé des communications secrètes avec Téhéran, comme l'a confirmé le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. Leur raisonnement reflète une évaluation lucide selon laquelle le parapluie de sécurité américain ne fonctionne plus, les batteries Patriot étant épuisées et les engagements de l'alliance vidés de leur substance.

Pour ces États, un ordre régional autonome apparaît désormais comme la seule alternative viable. L'Iran a fait preuve de résilience face aux sanctions prolongées, aux campagnes de bombardements et au maintien stratégique de ses programmes nucléaires et balistiques, tout en exerçant un contrôle précis sur le détroit d'Ormuz. Cette endurance a contraint Washington à négocier selon les conditions iraniennes. Contrairement aux mesures nationales de la Réserve fédérale consistant à relever les taux d'intérêt pour freiner la demande, l'Iran propose la coopération et des voies commerciales plutôt que l'occupation et le changement de régime.

Les preuves empiriques sont sans équivoque. Les projections du FMI confirment ce paradoxe économique. Les arsenaux américains épuisés valident le déséquilibre militaire. Les ouvertures diplomatiques de Riyad et d'Abou Dhabi signalent l'effondrement de la crédibilité stratégique des États-Unis. L'Iran n'a pas simplement survécu à l'empire le plus puissant ; il s'est imposé comme la puissance régionale incontournable. Le projet sioniste d'hégémonie régionale gît enfoui sous les infrastructures de GNL endommagées du Qatar et les tubes Patriot vides disséminés dans les bases saoudiennes. Le chat américain bat en retraite, les griffes brisées, tandis que l'Iran prend sa place au cœur d'un nouvel ordre dans le golfe Persique, un ordre que les monarchies arabes du golfe Persique, après des décennies de servitude, finissent par adopter.

L'ancien équilibre cède la place à une situation plus incertaine. L'Iran n'est pas sorti renforcé parce qu'il a échappé aux coûts de la guerre, mais parce que, malgré ces coûts, il reste impossible de l'exclure de tout règlement sérieux concernant l'avenir du Golfe. La véritable question n'est plus de savoir si l'Iran peut être relégué à la marge, mais si Washington peut encore dicter les règles régionales comme il le faisait autrefois. Dans le golfe Persique, Jerry a cessé de fuir. Il a trouvé ses marques, a haussé le ton et a forcé le chat à le prendre au sérieux. Tom est peut-être encore plus grand, plus riche et mieux armé, mais la taille à elle seule ne garantit plus le contrôle. Le prochain chapitre sera écrit par ceux qui sont capables de résister à la pression et de façonner ce qui viendra après.

source :  Tehran Times via  China Beyond the Wall

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