🗺 11/09/2026 french.presstv.ir  4min 3 #326352

L'Iran met en garde contre une utilisation politisée de l'Aiea

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L'Iran a mis en garde contre une utilisation politisée de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), déclarant que le directeur général de l'agence compromet l'impartialité et l'indépendance de l'AIEA en transformant des rapports techniques en justifications politiques pour des agressions militaires.

Dans une publication sur son compte X ce vendredi 11 septembre, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que l'autorité de l'AIEA reposait sur l'expertise technique, l'impartialité et l'indépendance.

Cependant, a-t-il ajouté, le directeur général de l'agence l'a transformée en un maillon d'une chaîne reliant les rapports techniques à une justification politique en faveur de la guerre.

"Lorsque les rapports de l'AIEA deviennent la matière première d'un narratif de menace pour dresser un dossier politique et juridique contre un pays, la frontière entre la surveillance technique et la préparation du terrain pour une agression militaire devient dangereusement floue", a-t-il écrit.

Le diplomate iranien a averti que l'enjeu dépasse le simple "préjudice à la réputation" de l'agence nucléaire de l'ONU ou de son directeur général, affirmant : "C'est l'atout le plus précieux de l'AIEA - sa crédibilité en tant qu'autorité impartiale et indépendante - qui est dilapidé."

Dès lors que la crédibilité de l'agence est subordonnée à des agendas politiques, elle risque de devenir un instrument pour justifier et faciliter une agression, selon M. Baghaï qui a dénoncé à ce sujet une grave défaillance institutionnelle.

Plus grave encore, a-t-il ajouté, l'agence s'est impliquée dans la préparation politique d'une guerre illégitime, menée par choix pour servir les intérêts et les ambitions d'un "régime génocidaire", lequel demeure le seul obstacle à une région exempte d'armes de destruction massive.

"Une institution chargée de contribuer à la paix et à la sécurité internationales ne devrait jamais s'intégrer à la machine à prétextes pour la guerre", a-t-il souligné.

 L'Iran a déclaré que l'AIEA est confrontée à une crise de crédibilité à la suite de son inaction face aux frappes américaines et israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes protégées.

Le diplomate iranien a affirmé que la responsabilité des agressions militaires et des crimes de guerre ne devrait pas se limiter aux personnes ayant donné ou exécuté l'ordre d'attaques illégitimes.

"Elle doit également s'étendre à ceux qui facilitent l'action des agresseurs et s'en font les apologistes, et dont la conduite contribue sciemment à établir les fondements politiques, juridiques ou justificatifs de l'agression", a-t-il déclaré.

Selon M. Baghaï, ceux qui avancent de fausses évaluations comme base pour des actions coercitives, ouvrent ainsi la voie à l'agression ou la légitiment ne peuvent, non plus, se soustraire à leur responsabilité quant aux conséquences de leur attitude.

Les déclarations de Baghaï interviennet après que l'organisme de surveillance nucléaire des Nations unies a prétendu avoir observé des activités de construction au mont Kolang (Pioche), près du site d'enrichissement nucléaire de Natanz, dans le centre de l'Iran.

Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, a prétendu que de nouveaux mouvements avaient été repérés sur le site d'après l'imagerie satellitaire.

"Il existe des signes indiquant une activité autour de ce chantier", a-t-il déclaré à Bloomberg Television, ajoutant toutefois que l'Agence ne dispose d'aucune information concrète sur la nature des activités qui pourraient s'y dérouler.

Alors que le président américain Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de lancer des attaques contre ce site, certains observateurs considèrent le rapport de l'AIEA comme un prétexte à de tels actes d'agression, à l'instar des attaques américano-israéliennes de juin 2025 contre les installations nucléaires civiles iraniennes placées sous garantie, survenues après une résolution du Conseil des gouverneurs de l'Agence.

Pour rappel, l'AIEA a adopté mercredi une résolution anti-iranienne, rédigée par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, recueillant 23 voix pour. Trois pays (la Russie, la Chine et le Niger) ont voté contre, tandis que huit se sont abstenus.

Le texte demande au chef de l'AIEA de saisir le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale des Nations Unies du dossier iranien.

Dans un communiqué publié sur X, la mission iranienne auprès des instances onusiennes à Vienne a vivement critiqué l'adoption non consensuelle de cette résolution, affirmant qu'elle favorise une érosion accrue voire un effondrement du régime de non-prolifération dans son ensemble.

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