📑 12/09/2026 reseauinternational.net  3min 17 #326392

Chroniques de l'Armageddon : Algérie, Pacifique : retour sur les essais nucléaires français - avec Claude Janvier

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Une émission de Raphaël Berland.

Invité : Claude Janvier, auteur, chroniqueur et conférencier.

Thème : Algérie, Pacifique - retour sur les essais nucléaires français.

Il existe des pages de l'Histoire que les décennies ne suffisent pas à refermer.

Entre 1960 et 1996, la France a procédé à 210 essais nucléaires, d'abord dans le Sahara algérien, puis en Polynésie française. Derrière ces chiffres se trouvent une ambition stratégique - doter la France d'une force de dissuasion indépendante - mais également des territoires, des militaires, des travailleurs et des populations confrontés aux conséquences de cette politique.

Dans ce nouveau numéro de "Chroniques de l'Armageddon", Raphaël Berland reçoit Claude Janvier, auteur, chroniqueur et conférencier, pour revenir sur cette histoire dont les répercussions politiques, sanitaires, environnementales et diplomatiques continuent d'alimenter le débat.

Algérie, Pacifique - retour sur les essais nucléaires français

Tout commence dans le Sahara.

Le 13 février 1960, à Reggane, la France fait exploser sa première bombe atomique, Gerboise Bleue. D'autres essais suivront dans le Sahara, y compris après l'indépendance de l'Algérie en 1962, en vertu des accords conclus entre les deux pays.

Puis le centre de gravité nucléaire français se déplace vers le Pacifique.

Mururoa. Fangataufa.

Deux noms qui vont devenir indissociables de l'histoire de la dissuasion française. À partir de 1966, les explosions s'y succèdent, d'abord dans l'atmosphère, puis sous terre, jusqu'à l'arrêt définitif des essais français en 1996.

Mais que savait-on réellement, à l'époque, des retombées radioactives ?

Quelles populations ont été exposées ?

Quelles informations ont été communiquées - ou insuffisamment communiquées - aux militaires, aux personnels civils et aux habitants concernés ?

Et comment mesurer, plusieurs décennies plus tard, les conséquences sanitaires d'expositions dont l'intensité pouvait varier considérablement selon les lieux, les périodes et les individus ?

Ces questions ne relèvent plus seulement de l'Histoire.

Elles touchent à la responsabilité de l'État, à l'accès aux archives, à la reconnaissance des victimes et aux mécanismes d'indemnisation.

Elles interviennent également dans une relation franco-algérienne déjà chargée du poids de la colonisation et de la guerre d'indépendance. En Polynésie française, elles continuent pareillement de nourrir des demandes de transparence et de reconnaissance.

Il serait cependant trop simple de raconter cette histoire en noir et blanc.

La France des années 1960 évoluait dans un monde structuré par la guerre froide, la course aux armements et la menace d'un affrontement nucléaire entre grandes puissances. Pour les dirigeants français, posséder l'arme atomique devait garantir l'indépendance stratégique du pays et empêcher qu'une puissance étrangère puisse lui imposer sa volonté.

Une question demeure alors, soixante ans plus tard :

quel prix humain, politique et environnemental une nation peut-elle accepter de payer au nom de sa souveraineté et de sa sécurité ?

Et surtout : lorsque ce prix n'a pas été payé de manière égale par tous, quelle dette subsiste envers ceux qui en ont supporté les conséquences ?

Une émission pour revenir sur les faits, interroger les responsabilités et comprendre pourquoi, des sables du Sahara aux atolls du Pacifique, l'onde de choc de la bombe continue de traverser l'Histoire.

 Claude Janvier

 reseauinternational.net