Dans une nouvelle note de conjoncture publiée récemment, l'Insee anticipe une poursuite de la dégradation du marché du travail en France.
Les prévisions n'en finissent plus de se dégrader. Dans sa dernière note de conjoncture publiée ce jeudi 10 septembre, l'Insee prévoit un chômage passant de 8,3% aujourd'hui à 8,6% à la fin du quatrième trimestre, en augmentation de 0,6 point sur un an. "Du côté du marché du travail, la dégradation se poursuivrait", anticipe l'institut de statistique dans son document. Si les prévisions de l'Insee se révèlent exactes, ce serait la 7e hausse trimestrielle consécutive du chômage. Et cela ferait 6 ans que son taux n'aurait pas été aussi élevé.
Pour expliquer ce recul, au-delà de la morosité de la croissance -elle pourrait ne pas dépasser 0,4% cette année-, l'Insee pointe notamment du doigt l'apprentissage. "L'alternance continuerait de se retourner avec la réduction des soutiens publics, tandis que le reste de l'emploi privé serait quasi stable", relèvent les auteurs de la note. Et qu'importe si le ministre du Travail a annoncé "sanctuariser les budgets" prévus pour ces élèves dans le budget 2027, après les précédents coups de rabots, 44.000 postes d'alternants disparaîtraient encore dans les mois à venir, selon l'Insee.
Le chômage des jeunes progresse dans le monde, tandis que l'accès à un travail décent devient plus difficile pour des millions d'entre eux.
"Au final, l'économie française détruirait 52.000 emplois salariés en 2026 (après 48.000 en 2025) mais continuerait de créer massivement des emplois non salariés (+95.000 après +90.000 en 2025). La petite hausse de l'emploi total qui en résulte ne suffirait pas à absorber la hausse tendancielle de la population active", complète l'institut.
Une position internationale inquiétante
Plus grave encore, la France souffre largement de la comparaison avec ses voisins. En Espagne, le chômage poursuit sa décrue et devrait passer sous la barre des 10%. Un taux toujours plus élevé que la France, mais l'Espagne revient de loin, avec plus de 15% de chômeurs en 2021.
En Italie, le taux de chômage continue de baisser et se rapproche de 5 %. Outre-Rhin, le chômage allemand resterait quasi stable autour de 4 %. Plus largement, le taux de chômage dans les pays de l'OCDE a de nouveau régressé en juillet 2026 pour atteindre 4,9 %. Parmi les 38 pays membres de l'organisation, seuls quatre font moins bien que la France.
