• Cela concerne les Houthis qui ont fait une percée éclair, prenant le contrôle complet de la côte Ouest de la péninsule et le détroit de Bab-El-Mandel. • Les voies d'exportation du pétrole sont désormais hors du contrôle de l'Occident-compulsif et ses amis. • La crise économique générale est en train d'exploser aux USA. • Andrew Korybko mesure la farce de cette OTAN-bouffe2 qu'est "l'OTAN islamique" : personne ne vient au secours de l'Arabie. • Avec en plus l'Ukraine et le reste, la GrandeCrise se porte bien..
12 Septembre 2026 (18H00) -... Mais parlons d'abord de cette nouveauté, - partie seulement de la GrandeCrise, certes, mais bonne pour l'exemple, - récemment mise sur le marché des funambules de cette GrandeCrise : "l'OTAN islamique". Andrew Korybko met fort justement l'accent, il faut l'en féliciter, sur l'extrême vanité et la vacuité équivalente de cette récente création autour de la laquelle il fut fait grand bruit.
L'Arabie Saoudite, qui s'est alliée au niveau de la défense avec la Turquie et le Pakistan, se trouve brutalement face à une reprise brutale de la guerre avec les Houthis (le Yemen) extrêmement efficaces où elle risque de sévères défaites et jusqu'à sa sécurité générale. Jusqu'ici, aucun de ses alliés de "l'OTAN islamique" n'a levé le petit doigt pour aller à son secours. Les Saoudiens ont demandé de l'aide aux États-Unis, et l'on dit que cette demande a été faite d'abord au Pentagone, qui a refusé, puis à Trump qui a jusqu'ici (méfions-nous avec lui) appuyé ses militaires. Le Pentagone a assez donné : il se rappelle la sévère culottée reçue par l'US Navy lors de son plus récent affrontement avec les Houthis ("Les Houthis, le pire pour la Navy depuis Okinawa").
On pensait MbS plus novateur et moins trouillard que ses multitudes de parents âgés, oncles, tantes et le reste de la foule des princes saoudiens ; mais non, il ne pensait certainement pas que "l'OTAN islamique" serait une alternative à une protection désormais confiée à une armée US exsangue. L'Arabie et les USA, c'est une vieille histoire de complicité amoureuse, sonnante et clinquante, depuis 1945 et la rencontre Roosevelt-Saoud. Il s'avère que la situation du royaume et de ses pétroles est aujourd'hui bien compromise. Andrew Korybko vous conte les piteux débuts de cette "OTAN islamique", où l'on remarque le silence assourdissant de l'habile Turquie qui n'en finit plus de poursuivre la route en lacets successifs que lui indique l'habile Erdogan... Suit le texte de Korybko
Le Moyen-Orient annexé à la GrandeCrise"Les Houthis et la vacuité de"l'OTAN Islamique"
" Les nouveaux alliés musulmans de l'Arabie saoudite ne volent pas à son secours ; même les États-Unis auraient rejeté sa demande d'intervention directe dans la phase la plus récente de ce conflit qui dure depuis plus de dix ans.
L'expert russe Farhad Ibragimov a pertinemment noté que "l'OTAN musulmane" de l'Arabie saoudite subit son "baptême du feu" face à la multiplication des attaques houthies contre des cibles situées à l'intérieur du royaume. Le Pakistan aurait transmis à l'Iran un avertissement de son allié saoudien lui demandant de contenir les Houthis, alors même que son ministre de la Défense laissait entendre que la poursuite des attaques contre l'Arabie saoudite activerait leur alliance de défense mutuelle. Peu après, toutefois, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a minimisé cette éventualité.
À la même période, Axios a rapporté que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait sollicité un soutien américain pour des frappes contre les Houthis mais s'était heurté au refus de Trump, tandis que CNN indiquait que les États-Unis avaient accru leur soutien en matière de renseignement et de ciblage pour la campagne saoudienne contre cet allié de l'Iran au cours des dernières semaines. Ces informations contredisent l'idée, nourrie par certains, selon laquelle l'OTAN islamique nuirait aux intérêts américains. L'Arabie saoudite ne prend manifestement pas ses distances avec les États-Unis et demeure largement dépendante d'eux pour sa sécurité.
Les récentes attaques houthies contre l'Arabie saoudite s'inscrivent dans le cadre de la troisième guerre du Golfe, un conflit qui s'éternise ; il semble en effet que l'Iran ait chargé ses alliés d'ouvrir un nouveau front au niveau du détroit de Bab-el-Mandeb, susceptible de compléter le blocus partiel d'Ormuz imposé par Téhéran et d'offrir ainsi un levier de négociation accru face aux États-Unis. Parallèlement à la multiplication des attaques contre le royaume, le groupe a lancé une offensive ayant déjà permis la prise du port stratégique yéménite de Mokha, sur la mer Rouge, ainsi que des îles Hanish, situées à l'entrée nord du détroit.
Il est difficile de prédire la suite des événements compte tenu de la rapidité avec laquelle la situation évolue, mais sept conclusions peuvent d'ores et déjà être tirées de ces développements. La première est que l'OTAN islamique n'est pas aussi soudée que certains le pensaient, puisqu'aucune déclaration commune n'a encore été publiée à ce sujet. Deuxièmement, le Pakistan craint de s'enliser dans un bourbier yéménite susceptible d'éroder sa puissance militaire nationale, à l'instar de ce qui est arrivé à l'Égypte sous l'ère Nasser ; d'où les signaux contradictoires qu'il émet quant à une implication directe dans ce conflit. Troisièmement, toute implication potentielle du Pakistan se limiterait probablement à la défense de l'Arabie saoudite contre les frappes houthies et, éventuellement, à mener ses propres frappes contre eux ; un déploiement de troupes au sol au Yémen reste toutefois peu probable. La quatrième conclusion est que l'Arabie saoudite privilégie le soutien américain en matière de frappes à celui du Pakistan - selon un rapport d'Axios -, ce qui mène à une cinquième conclusion : l'"OTAN islamique" n'a jamais eu pour vocation, aux yeux de Riyad, de se substituer à la dépendance sécuritaire du royaume vis-à-vis de Washington.
La sixième conclusion est que les forces soutenues par l'Arabie saoudite au Yémen manquent d'entraînement et d'équipement et affichent un moral bas ; autant de facteurs qui expliquent la progression fulgurante des Houthis le long de la côte stratégique de la mer Rouge. Enfin, la dernière conclusion est que la guerre menée par l'Arabie saoudite contre le Conseil de transition du Sud (soutenu par les Émirats) entre fin 2025 et début 2026 a anéanti le seul rempart politico-militaire réaliste face aux Houthis : l'État du Yémen du Sud, brièvement rétabli. S'il avait survécu, les Houthis auraient peut-être pu être repoussés.
Il avait été prédit, il y a plus de quinze mois ( en mai 2025), que "le Yémen du Nord sous contrôle houthi [était] en passe de devenir une puissance régionale si rien ne changeait" ; ce scénario est aujourd'hui plus probable que jamais. À moins qu'une action décisive ne soit rapidement entreprise pour défendre l'Arabie saoudite et repousser les Houthis au Yémen, le royaume risque de perdre cette nouvelle guerre d'usure qui lui est livrée - illustrée par les récentes attaques contre ses infrastructures énergétiques - et son allié yéménite pourrait s'effondrer. Une telle éventualité bouleverserait totalement la géopolitique régionale."
Bien entendu, l'attaque des Houthis est un coup foudroyant qui, non seulement étend décisivement la"guerre d'Iran", mais surtout accélère tout aussi décisivement la crise des exportations (pétrole et le reste) et engendre un impact global qui fait sortir de sa caverne de Platon l'immense crise économique aux aguets. L'incursion des Houthis les place, non seulement en bouclage de l'action iranienne du détroit d'Hormuz et en position de menacer l'Arabie, mais leur donne le moyen de boucler également le Canal de Suez.
Contre cela, plus personne n'a aujourd'hui les moyens de desserrer cette pince gigantesque qui enserre Hormuz, Bal-El-Mandeb jusqu'au Canal. Sur terre, la situation n'est pas meilleure pour les positions de l'Occident-compulsif qui semble enfermé dans ses exhortations compulsives et ses grotesques discours otaniens et trumpistes.
Danny Haïphong, dans son émission quotidienne qui a commencé d'abord avec une conversation avec Jeffrey Sachs,- marquée par cette remarque de l'économiste devenu impitoyable commentateur du Système et de ses larbins galonnés,"la crise est en train d'éclater, tous les voies d'accès sont bloqués"- observe simplement en remettant l'évènement de l'offensive des Houthis à sa vraie place et selon les réalités de sa création, dans la GrandeCrise sortie de sa caverne, - avec un mot terrible :"panique":
"Mais dire que tout cela est orchestré en coulisse, que tous les effets de ces politiques sont le résultat de manœuvres délibérés et sont en réalité voulus, - eh bien, je pense que c'est une mauvaise lecture de la situation.
"Je crois qu'il y a beaucoup de panique. On le voit sur le front militaire mais aussi dans les couloirs de Washington. Beaucoup de panique face à ce que cette guerre contre l'Iran a déjà fait à la position des États-Unis dans le monde et à ce qu'elle va faire à l'économie mondiale à court, moyen et long terme. Et cela sera incroyablement néfaste pour les intérêts mêmes très engagés qui se sont lancés dans cette guerre et qui ont applaudi Donald Trump lorsqu'il a frappé l'Iran au départ."
Bien sûr, nul n oublie le reste, et essentiellement l'Ukraine. Tout cela est lié, intimement lié, tout cela part d'une même matrice, tout cela est caractérisé par le fait que les États-Unis y sont activement impliqués, comme le remarque Alexander Mercouris ... Mais nous dirions encore plus : "tout cela est caractérisé par le fait que les États-Unis, eux aussi dans une crise profonde, aussi profonde qu'un Trou Noir, sont en fait le véritable centre, le moteur, le producteur autodestructeur de la chose" :
La danse macabre de la GrandeCrise"...La guerre entre les États-Unis et l'Iran, la nouvelle guerre qui fait rage entre les Saoudiens et les Houthis, qui constitue dans une certaine mesure un prolongement de la guerre entre les États-Unis et l'Iran et de la guerre en Ukraine. Dans cette émission, je vais à nouveau me concentrer principalement sur l'Ukraine. Cela dit, ce qui se passe dans les deux autres conflits a évidemment une incidence sur l'issue de la guerre en Ukraine.
" J'ajouterais également que tous ces conflits sont liés entre eux. Le fil conducteur qui les unit tous étant, bien entendu, l'implication des États-Unis dans ces trois conflits."
Nous le disons et ne cessons de la répéter : il n'y a pas de"sortie"possible de cette crise, de la GrandeCrise, sans que tout ce qui l'a suscitée soit détruit, ou peut-être, d'une manière différente qui en appelle à la métahistoire, - sans que tout ce qui l'a suscitée soit transmuté. Cela signifie beaucoup de bruit, de fureur, de souffrance et de sang. Ce passage-là est inévitable car ce qui doit être détruit, - nommons-le"Système", comme toujours, - est un monstre qui tient le monde dans ses pinces, une sorte de simulacre d'horreur sans pareil projeté dans la Caverne de Platon sur le point de s'effondrer.
Le caractère le plus effrayant et le plus insolite, venu de cet aspect de tragédie-bouffe qui ne cesse de s'affirmer,- au plus est la tragédie, au plus est sa bouffonnerie, - est bien que ces terribles événements se déroulent sans que l'écrasante majorité de l'espèce humaine actuellement en place ne le réalise, et avec des coups de folie caractéristiques de ces épisodes maniaco-narcissiques très caractéristiques de cette sorte de séquence renvoyant à tous les mythes et symboles des Anciens dont la sagesse nous manque tant aujourd'hui... Comme par exemple, cette affaire de"bulles"que les milliardaires nous dispensent régulièrement comme des demeurés-enfantins, vous savez, comme dit l'omniFake Wiki :
Ce"mince film d'eau retenu par une pellicule de molécules de savon formant une sphère."
Eh bien, dans le cas exemplaire qui nous retient ici par la voix de Jeffrey Sachs, il s'agit de l'IA, hyper- Janus à cause de ses pseudo-créateurs (au contraire de PhG-IA) qui ont sans doute consulté leur IA personnelle pour nous annoncer la Révélation :
Les lumières s'éteignent, la Caverne s'effondre"ll y a un véritable essor économique de l'intelligence artificielle. Ce n'est pas une petite affaire, c'est un point absolument majeur. C'est ce qui alimente l'envolée des marchés boursiers. Mais cela pose de graves problèmes à plusieurs niveaux. D'abord, cette technologie est profondément problématique en elle-même avec tous les dangers que tout le monde reconnaît soudainement. Par exemple, le risque de X% que toute l'humanité soit anéantie.
"La manière dont les gens abordent cela confine presque à la folie. Oh oui, peut-être que ce n'est que 5%, peut-être seulement 10%. Nous avons une technologie entre les mains d'un tout petit groupe avec un potentiel de danger immense. Et bien sûr, au même moment, nous avons un gouvernement américain totalement corrompu et incompétent."
Pendant ce temps, à la lumière du baril qui a dépassé les $100, le gallon d'essence est vendu à $10 et une livre de bœuf haché à $7,16 en Californie, cet État qui fut, - s'en rappelle-t-on et sait-on seulement encore de quoi il s'agit ? - la Terre Promise des miséreux, l'American Dream de l'Amérique lors de la Grande Dépression (" Les raisins de la colère").
La Caverne de Platon n'est plus ce qu'elle était, elle a cessé d'attirer le chaland, un peu comme le Hollywood-blingbling d'aujourd'hui par rapport à l'âge d'or des studios. La lumière y devient obscure et rend les images attrayantes du temps jadis de plus en plus effrayantes. Bientôt, ce sera le noir total parcouru des éclairs sinistres et plus noirs encore du Diable, - avant ou après l'effondrement, c'est selon. Pour imaginer cela, il faudrait un Lovecraft puisque Platon nous a quittés, entraînant avec lui un Plotin rendu ironique par les trouvailles de l'IA.
Mis en ligne lz 12 septembre 2026 à 18H00