
Par Craig Murray, le 9 septembre 2026
L'Europe doit de toute urgence rétablir son accès au pétrole et au gaz russes. Les prix du gaz sont élevés - comme le savent tous les consommateurs d'énergie britanniques - et les stocks de gaz allemands ont atteint leur plus bas niveau historique pour un mois de septembre. La production du Golfe est en baisse, les approvisionnements sont coupés et sa stabilité stratégique à long terme est compromise.
L'industrie manufacturière allemande a déjà subi une baisse de production de 9,5 % entre 2022 et 2026 à la suite de la coupu]e des livraisons de gaz russe, les pertes dans les secteurs à forte intensité énergétique (notamment la pétrochimie, la chimie, la métallurgie, le verre/la céramique/la pierre, le papier, les huiles minérales, etc.) s'élevant à 15,2 %.
L'Europe occidentale peut retrouver l'accès aux hydrocarbures russes soit en acceptant une paix négociée en Ukraine, soit en tentant un changement de régime en Russie. La classe politique européenne a manifestement décidé de tout miser sur la deuxième option.
Il serait bien sûr beaucoup plus simple et plus sûr de régler le conflit ukrainien. Voici les raisons pour lesquelles l'"élite" politique européenn] ne s'engage pas dans cette voie :
[Perte de prestige et de capital politique pour les dirigeants en place dont l'engagement dans le conflit avec la Russie est total - von der Leyen, Kallas, Merz, Rutte, Stubb, etc.
Haine générationnelle héritée du passé, tant nationale que familiale, envers la Russie chez ceux qui souhaitent renverser le cours de la Seconde Guerre mondiale en Europe de l'Est - von der Leyen, Kallas, Merz, Stubb, etc.
Intérêts communs considérables entre les responsables politiques et le complexe militaro-industriel]:list]
Notez qu'aucun de ces motifs ne concerne en quoi que ce soit le bien-être de leurs populations, et encore moins la ["démocratie".]:i]À ma connaissance, jamais une campagne en faveur de la guerre n'a reposé sur des fondements aussi fragiles.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne; António Costa, président du Conseil de l'Europe et Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN, avec le président de l'Ukraine Zelenskyyen December 2025. (© Dati Bendo / European Union, 2025, CC-A-4.0)

Pourtant, les responsables politiques et les médias ne cessent de nous rappeler que la Russie représente une menace pour le Royaume-Uni, alors que c'est très clairement l'inverse qui est vrai. Jusqu'à cette année, la Russie n'a, en trois cents ans d'histoire, jamais eu l'intention d'envahir ou d'occuper le Royaume-Uni - alors que ce dernier a envahi la Russie en 1854 et en 1917. Je suppose que les Russes élaborent actuellement des plans défensifs contre le Royaume-Uni, compte tenu du bellicisme indécent de notre gouvernement.
Il est insensé de prétendre que les frontières d'un État ukrainien qui n'a jamais existé avant 1991 sont à ce point sacro-saintes qu'elles ne pourraient être ajustées pour éviter une Troisième Guerre mondiale. Ces frontières étaient internes à l'Union soviétique. L'ukrainien est une nouvelle nationalité, mais les Ukrainiens ont droit à un État s'ils le souhaitent. Ce qu'ils ne sont pas en droit de faire, c'est revendiquer les anciennes frontières soviétiques, alors qu'ils ont :
- fermé des écoles, des universités, des librairies, des théâtres, des cinémas, des bibliothèques, des écoles maternelles, des banques et des églises russes
- interdit le Parti socialiste, le Parti communiste, le Parti de gauche, onze autres partis et huit syndicats
- poursuivi la glorification systématique de figures nazies et génocidaires du passé de l'Ukraine - s'aliénant ainsi la Pologne.
Une guerre nucléaire pour ]avoir qui sera maire de Lougansk ne recueillera que peu d'adhésion de l'opinion publique, même si la russophobie est assidûment attisée par les gouvernements occidentaux et l'UE. Le dernier épisode en date reste l'histoire extrêmement peu crédible de l'"attaque contre l'aéroport de Leipzig". Hier,]nous avons assisté à une incroyable série de déclarations coordonnées des dirigeants d'Europe occidentale qui nous ont tous affirmé que les preuves d'une "attaque hybride" mené] par la Russie sont évidentes.
][Ils utilisent tous la même expression : "attaque hybride". ]]]ourquoi ?:q]
Le tout sans la moindre preuve.
Opérations sous faux drapeauUkrainian Air Force Sukhoi Su-24M carrying two Storm Shadow/SCALP-EG cruise missiles. October 2024. (Wikimedia Commons, Creative Commons Attribution 4.0 International)

L'État allemand a bien sûr des antécédents dans ce type d'opérations sous faux drapeau. Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1939, il a mis en scène des attaques sous faux drapeau prétendument menées par les forces polonaises contre le poste-frontière allemand de Gliwice (Gleiwitz) et quelques autres sites. Des cadavres de prisonniers politiques revêtus d'uniformes polonais ont été dispersés ça et là. Une émission de radio a été diffusée en polonais. Cette "attaque" a servi de justifi]ation à l'invasion allemande de la Pologne dès le lendemain.
Or, l'"attaque russe" ]ontre l'aéroport de Leipzig-Halle est censée s'être produite le 4 août, et pourtant, l'attribution soigneusement orchestrée à la Russie, avec des déclarations identiques de la part de toutes les puissances d'Europe occidentale, n'a été rendue publique que le 1er septembre. Certains ont même suggéré que ce choix de date correspondrait délibérément à l'anniversaire de Gliwice. Cela semble peu probable.
Adolph Hitler au Reichstag, Berlin, le 1er septembre 1939. (German Federal Archive, Wikimedia Commons)
un instant la logique des bellicistes, le véritable scandale tient à la présence à Leipzig d'avions ukrainiens chargés d'armes allemandes destinées à tuer des Russes, et non au fait qu'un drone amateur aurait tenté de les en empêcher.
Entendre dire qu'il s'agit d'une attaque russe de la part de la bande de voyous qui nous a menti en affi]mant que la Russie aurait fait sauter le gazoduc Nord Stream, c'est se moquer de la crédulité du public, mais aussi de sa patience.
La farce du Novitchok]Au Royaume-Uni, les propagateurs de russophobie - y compris des ministres du gouvernement - ressassent indéfiniment l'histoire grotesque du [" novitchok russe de Salisbury"]:i]pour expliquer pourquoi nous devrions nous préparer à une guerre contre la Russie.
Personne n'a jamais même prétendu réfuter l'analyse critique de la version officielle que j'ai publiée dans mon article "Dix points auxquels je ne crois tout simplement pas". Je s]is désormais en mesure d'ajouter un point supplémentaire dont je n'avais pas connaissance à l'époque, grâce à Tim Norman et à son reportage sur ]https://fr.wikipedia.org/wiki/Empoisonnement_de_Sergue%C3%AF_et_Ioulia_Skripal|l'enquête Sturgess]. Le recours à une enquête judiciaire pour déterminer la cause officielle d'un décès, plutôt qu'à un tribunal qui existe précisément à cette fin, est presque toujours le signe d'une tentative de dissimulation de la part du gouvernement - voir également l'enquête Hutton et le meurtre de David Kelly.
Mais l'enquête a tout de même bénéficié du rapport toxicologique concernant Dawn Sturgess, établi par le l]boratoire central de toxicologie du NHS à Birmingham. Voici ce qu'il a révélé dans le sang de Dawn Sturgess.
À droite, la zone de checkin du terminal central de l'aéroport de Leipzig/Halle, 2009. (Lumu, CC BY-SA 3.0, Wikimedia)

Mais ce qu'il n'y a pas, c'est du Novitchok. L'idée selon laquelle le laboratoire central de toxicologie du NHS ne serait pas en mesure de détecter un empoisonnement aux organophosphates, ou n'aurait pas effectué de tests à cet effet sur le sang d'une personne à Salisbury alors que l'ensemble des médias criait déjà au Novitchok, n'a aucun sens.
Seul le laboratoire du ministère de la Défense à Porton Down a prétendu avoir détecté du Novitchok - et a contrôlé les échantillons dont disposait l'OIAC (une institution tout aussi corrompue).
Dawn Sturgess était une femme fragile, tox]comane notoire de longue date. Le mélange présent dans son sang aurait pu tuer n'importe qui. Ce qui est étonnant, c'est que le médecin légiste chargé de l'enquête a déclaré qu'on ne lui a fourni aucune information sur les quantités ou les concentrations de ces substances. Il n'était donc pas en mesure d'affirmer qu'elles ne l'avaient pas tuée.
C'est incroyable. Il n'existe pas de rapport toxicologique quantifiant les concentrations. Ces informations n'ont en conséquence aucune valeur clinique. J'ai parlé à trois médecins, deux infirmières et un haut responsable administratif du NHS. Tous affirment qu'il est impossible qu'un rapport toxicologique ait été établi sans quantification. Je suppose que le médecin légiste ne mentait pas. Ces données ont donc dû être délibérément supprimées. Seul le gouvernement peut faire cela, et le mobile évident est de dissimuler la véritable cause du décès.
Regardons les choses en face : d'après cette liste de substances présentes dans son sang, la véritable cause du décès est on ne peut plus évidente.
La grande faiblesse structurelle de l'enquête résidait en ce que personne n'a remis en question la version officielle. Le seul représentant non gouvernemental était Michael Mansfield qui représentait la famille de Dawn Sturgess, et sa mission consistait à faire valoir que Dawn Sturgess n'était pas toxicomane. Cette version des faits - qui, je suis désolé de le dire, est totalement fausse - correspondait à la version que tant le gouvernement que la famille de Sturgess souhaitaient voir retenue.
Je suis sincèrement désolé de devoir évoquer des faits déplaisants concernant une femme décédée victime des circonstances de sa vie, mais on ne se retrouve pas par hasard avec de la cocaïne et de la buprénorphine dans le sang. Nous avons donc assisté à cette farce où la police a présenté ses excuses lors de l'enquête pour avoir qualifié Dawn Sturgess de toxicomane.
Nous avons donc un prétendu "Novitchok" à Salisbury qui n'a tué personne, et un drone piégé, voire deux,]à Leipzig qui n'a pas explosé. Pour contrer cette terrible menace, il faudrait pousser tout un continent à la guerre nucléaire. Mais dans un premier temps, pourquoi ne pas réduire les dépenses de santé et les dépenses sociales pour donner des milliers de milliards supplémentaires aux fabricants d'armes et préparer nos enfants à la conscription, afin qu]ils meurent sur le champ de bataille.
Pardonnez-moi de ne pas être convaincu.
[Traduit par]:i] Spirit of Free Speech