
par Cubadebate
Résumé des conclusions du rapport de la rapporteuse spéciale des Nations unies
Le rapport de la rapporteuse apporte-t-il assez d'éléments qui démontent le récit officiel des États-Unis sur le blocus et ses effets sur la vie des Cubains ?
Le rapport de la rapporteuse est une compilation de preuves irréfutables et d'évaluations juridiques démontrables qui constituent précisément l'antithèse du discours que le gouvernement des États-Unis tente d'imposer concernant sa politique de blocus. Voici quelques exemples de ces constatations :
Alors que le gouvernement des États-Unis affirme que Cuba n'est soumise ni à un blocus économique ni à un siège énergétique, le rapport démontre que le blocus et le siège énergétique existent et qu'ils sont pleinement en vigueur, qu'ils s'intensifient et causent d'énormes dommages économiques et humanitaires à Cuba. Il démontre, en outre, que les effets des mesures coercitives des États-Unis ne se limitent en aucune façon au gouvernement de Cuba mais ont des conséquences dévastatrices surtout toute la population, en particulier sur les femmes, les enfants, les vieux, les handicapés et les malades atteints de maladies chroniques.
Ces constatations ont été faites lors de la vingtaine de visites que la rapporteuse a réalisées dans des centres d'éducation, de santé et de culture où elle a recueilli le vécu déchirant de mères, d'enfants malades, handicapés, entre autres, que la politique de blocus empêche d'accéder à une meilleure qualité de vie.
Un autre exemple concerne le schéma qu'ils tentent d'imposer sans cesse en utilisant l'argument que ce ne sont pas les États-Unis qui sont responsables des énormes difficultés qu'affronte le pays mais le gouvernement de Cuba. Le rapport de la rapporteuse démontre que le gouvernement cubain déploie des efforts considérables et soutenus pour protéger la population, en particulier les personnes les plus vulnérables, afin d'atténuer autant que possible les effets des mesures coercitives imposées ; et souligne les efforts déployés par le gouvernement pour garantir à la population l'accès aux soins de santé, à l'alimentation, à l'éducation et aux transports.
De plus, on peut trouver dans ce texte d'autres exemples de la façon dont le gouvernement continue à subventionner de nombreux services essentiels comme l'électricité, l'approvisionnement en eau, le gaz et les transports publics et maintient dans la mesure du possible un système de distribution des produits de première nécessité ainsi que le soutien à des programmes particuliers de soutien nutritionnel et alimentaire.
Le rapport de la rapporteuse note, en outre, qu'une assistance est apportée aux enfants et aux autres personnes ayant des besoins nutritionnels ou médicaux particuliers et qu'on accorde des aliments supplémentaires aux femmes enceinte, aux enfants atteintes de maladies chroniques et aux personnes ayant besoin de régimes particuliers pour des raisons médicales.
En même temps, et ceci est un argument très important, il souligne que les mesures coercitives des États-Unis sont d'une telle intensité et d'une telle persistance qu'elles surpassent les efforts du gouvernement cubain pour les atténuer et provoquent des pénuries de biens et de services essentiels dans les foyers cubains malgré les politiques de protection du gouvernement.
Un autre argument employé par le gouvernement des États-Unis dans sa rhétorique hostile est que le gouvernement cubain fait obstacle à l'arrivée de l'aide humanitaire.
Le texte de la Rapporteuse explique le pouvoir de veto effectif dont disposent les États-Unis au sein des institutions financières internationales, ainsi que leurs menaces de retirer leur soutien à celles qui fournissent une aide financière, technique ou autre à Cuba, en leur infligeant une amende d'un montant équivalent à celui de l'aide accordée.
Tout ceci est utilisé ans le but de réduire l'accès de Cuba, un pays en développement exposé à un gros risque d'ouragans et d'épidémies, aux fonds et à l'assistance d'urgence pour faire face aux désastres naturels, dont les facilités que peuvent apporter des projets d'urgence dirigés et exécutés par des entités des Nations unies. Ces actions, conclut le rapport, sont contraires à la résolution 46/182 de l'Assemblée générale de l'ONU relative à l'assistance humanitaire d'urgence du système des Nations unies.
La rapporteuse spéciale affirme, de plus, que l'allégation du gouvernement des États-Unis disant que Cuba est une menace pour la sécurité de ce pays n'est ni légitime ni crédible. C'est pourquoi elle demande à Washington d'abroger le statut d'urgence nationale qu'il a déclaré concernant Cuba.
Ceci est extrêmement important parce que la désignation de Cuba comme menace inhabituelle et extraordinaire est l'argument qu'utilise le gouvernement des États-Unis pour justifier devant ses lois internes, l'imposition d'un blocus de l'approvisionnement en pétrole à Cuba et l'application de sanctions secondaires fixées par les décrets du 29 janvier et du 1er mai de cette année.
De plus, ce prétexte absurde et ridicule disant que Cuba est une menace pour la sécurité de la superpuissance nucléaire est exhibé par les plus hautes figures de son gouvernement pour menacer Cuba d'une agression militaire.
Comment la communauté internationale devrait-elle réagir face à un rapport qui documente les effets extra-territoriaux et les violations des droits d l'homme qui découlent des sanctions unilatérales ?
Le rapport apporte une réponse à cette question car il détaille avec éloquence, clarté juridique et précision un groupe d'actions que doit effectuer, en premier lieu, le gouvernement des États-Unis qui est responsable de l'imposition de ces mesures. De même, il recommande à Cuba, aux autres pays et au système des Nations unies dans son ensemble un large groupe d'actions qui pourraient contrecarrer les effets du blocus.
Parmi les actions qu'il suggère de mettre en place, il y a la levée ou la suspension par le gouvernement des États-Unis de toutes les mesures coercitives unilatérales appliquées à Cuba et aux entreprises cubaines.
D'autre part, il conclut que doivent être levées toutes les restriction s qui font obstacle à l'approvisionnement en biens essentiels dont les aliments, les médicaments et le matériel médical destinés peuple et à la maintenance et au développement des infrastructures stratégiques parmi lesquelles les systèmes de fourniture de l'eau et d'assainissement, les matières premières et les technologies nécessaires au secteur de la construction, les systèmes de fourniture de l'électricité, les infrastructures de la technologie de l'information et des communications et les réseaux de transport.
La rapporteuse demande de mettre un terme à la rhétorique des sanctions, aux campagnes de plus forte pression et à la qualification de Cuba d'État qui soutient le terrorisme. En même temps, elle demande de mettre fin aux mesures adoptées pour faire respecter les sanctions unilatérales imposées à Cuba dont les amendes imposées aux banques et d'abroger la législation qui comprend la révocation des visas des fonctionnaires de pays qui participent à un programme d'assistance médicale cubain.
Elle demande aussi de garantir sans restriction imposées par les États-Unis que les citoyens crains aient accès à l'information mondiale et puissent utiliser les plateformes, les outils et les bases de données en ligne conformément au droit d'accès à l'information, à l'éducation et à ce que toute personne puisse profiter des résultats de la recherche scientifique et de la coopération universitaire, sportive et culturelle.
Elle appelle également le gouvernement des États-Unis à résoudre les conflits avec Cuba par la voie du dialogue et non par l'empressions, conformément aux principes et aux règles du droit international.
Elle suggère aussi au gouvernement cubain d'utiliser les mécanismes, les procédures et les organes internationaux comme les instances judiciaires internationales, les entités des Nations unies, l'examen périodique universel du Conseil des droits de l'homme, le suivi des objectifs du développement soutenable, les organes des traités des droits de l'homme des Nations unies et l'Organisation mondiale de la Santé pour mettre en évidence les effets négatifs et l'illégalité des mesures coercitives unilatérales imposées au pays.
Aux autres États et aux organisations régionales, le rapport de la rapporteuse spéciale recommande de respecter les résolutions de l'Assemblée générale sur la nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba et d'agir conformément à la charte des Nations unies, aux principes de la souveraineté territoriale et de la libre détermination en respectant les droits de l'homme de la population cubaine.
Le texte rappelle à tous les États et aux organisations régionales qu'ils sont obligés, conformément au principe de diligence raisonnable, de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir que les activités des banques et autres entreprises relevant de leur juridiction et de leur contrôle ne portent atteinte aux droits de l'homme de personne, y compris des personnes susceptibles d'être affectées par des mesures extraterritoriales, et doivent réduire au minimum tout zèle excessif dans l'application des régimes de sanctions.
En ce qui concerne le système des Nations unies, la Rapporteuse spéciale demande aux autres titulaires de mandat du Conseil des droits de l'homme d'accorder toute l'attention nécessaire aux conséquences sur la population cubaine des mesures coercitives unilatérales prises par les États-Unis, en particulier sur les groupes les plus vulnérables.
Enfin, elle s'adresse au bureau du haut-commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, aux organes des traités des Nations unies, au bureau de coordination des problèmes humanitaires, à d'autres entités et à d'autres mécanismes pertinents des Nations unies et leur recommande de collaborer dans la recherche des moyens d'obtenir une indemnisation et une réparation pour les victimes des violations des droits de l'homme résultant des mesures coercitives unilatérales imposées par les États-Unis à Cuba.
On ne peut conclure cette énumération des éléments importants du rapport de la rapporteuse spéciale sans souligner une recommandation qu'elle fait au gouvernement de Cuba : continuer à évaluer et à documenter les effets humanitaires néfastes des mesures coercitives unilatérales imposées par les États-Unis car c'est la façon de donner une continuité dans le temps - souvenons-nous que cette visite a eu lieu en novembre 2025 - à un rapport qui prouve au monde l'hostilité systématique et croissante du gouvernement des États-Unis envers Cuba.
source : Cubadebate via Bolivar Infos