💻 13/09/2026 euro-synergies.hautetfort.com  3min 10 #326538

L'Europe devra exproprier Google et Amazon: un acte souverain et stratégique

500px/280px - 109.69 Koreduce by 50%del

Par Luca Oleastri

Source : Luca Oleastri &  ariannaeditrice.it

L'Europe devra exproprier Google et Amazon. Ce n'est pas du communisme, c'est une question de survie.

Je vais vous expliquer en une minute pourquoi, au cours des cinq prochaines années, nous parlerons de l'expropriation des centres de données en Europe, qu'on le veuille ou non.

Au cours des deux dernières années, Amazon, Microsoft, Google et Meta ont dépensé 377 milliards de dollars pour construire des centres de données, et ils en dépenseront 660 milliards supplémentaires en 2026. Soit une hausse de plus de 80%. Pour éviter de faire exploser leurs bilans, ils ont déjà signé pour 1100 milliards de dollars de loyers futurs, qui ne figurent même pas dans leurs comptes comme de la dette.

Ces entreprises sont passées du statut de sociétés de logiciels à celui de sociétés de béton et d'électricité, endettées jusqu'au cou.

Si cette bulle éclate — et elle éclatera —, il ne se produira pas ce que vous espérez. Les serveurs ne s'éteindront pas. Ils resteront en place, comme les chemins de fer après le krach de 1873 ou la fibre optique après 2000. Ils seront rachetés à prix cassé par ceux qui disposent de liquidités: les États et les fonds souverains.

500px/281px - 21.31 Koreduce by 50%del

Aux États-Unis, c'est déjà prévu: si AWS ou Azure faisaient faillite, Washington les réquisitionnerait dès le lendemain matin au nom de la sécurité nationale. Modèle Lockheed Marti: je ne te sauve pas, je te rachète.

En Chine, c'est déjà ainsi.

Et l'Europe ?

Ici, notre situation est pire. Nous sommes des colonies numériques. Les centres de données d'AWS et d'Azure situés à Milan et à Francfort se trouvent sur le sol européen, mais relèvent du droit américain. Si nous entrons en conflit avec les États-Unis, ils nous coupent l'accès aux puces.

L'AI Act dont nous nous vantons est notre ligne Maginot: nous réglementons ce qu'un agent conversationnel peut dire, alors que nous avons déjà perdu la guerre quant au lieu où il fonctionne et à l'énergie qu'il utilise.

C'est pourquoi l'expropriation stratégique deviendra inévitable en Europe.

Il ne s'agit pas de tout prendre. C'est une question de réalité physique :

Sans ces centres de données, tout s'arrête : la santé, les paiements, la défense.

Ils sont trop importants pour faire faillite, mais trop endettés pour pouvoir tenir seuls.

Ils appartiennent à des intérêts étrangers.

Lorsque ces trois facteurs se conjuguent, n'importe quel État, de droite comme de gauche, s'en empare.

Comment procéderons-nous ?

Pas demain, au prix fort: ce serait suicidaire. Nous le ferons lorsque l'éclatement de la bulle aura mis à terre les constructeurs des bâtiments industriels qui les abritent. Lorsqu'ils ne vaudront plus que 20 % de leur valeur actuelle. C'est alors que le Golden Power entrera en jeu: une acquisition forcée au prix du marché, désormais fortement réduit, moyennant indemnisation. Une procédure parfaitement légale au regard des traités de l'Union européenne.

Nous les placerons sous l'autorité d'une entreprise de service public — comme Terna pour l'électricité — qui possédera les bâtiments et l'énergie, et louera les baies informatiques à ceux qui respecteront les lois européennes.

Soit nous rachetons nous-mêmes les bâtiments à prix cassé, soit c'est nous qui serons rachetés.

Les serveurs resteront de toute façon allumés.

Seule changera l'identité de celui qui détiendra les clés du local technique.

Sources: The Hindu BusinessLine / Goldman Sachs / Moody's Ratings, concernant les dépenses d'investissement et les contrats de location des hyperscalers en 2025-2026.

 euro-synergies.hautetfort.com