⚔️ 14/09/2026 arretsurinfo.ch  7min 15 #326578

 Mer Rouge : les forces armées du Yémen s'emparent de la ville portuaire stratégique de Mokha

La guerre contre l'Iran. Plus d'infos sur l'offensive d'Ansar Allah

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Par  Moon of Alabama

Le gouvernement saoudien  a maintenant confirmé qu'au moins deux stations de pompage du pipeline saoudien Est-Ouest ont été attaquées et détruites. Aucun produit ne passe par le pipeline.

Mais les coupables de l'attaque n'étaient pas Ansar Allah.  La déclaration saoudienne, ainsi que d'autres sources, confirment que ce sont des drones lancés par la milice chiite (Hashd al-Shaabi) en Irak qui ont ciblé et détruit les stations de pompage.

Elijah Magnier  explique le contexte :

"Plusieurs semaines après que des frappes aériennes conjointes américano-saoudiennes ont tué au moins 20 membres des Forces de mobilisation populaire irakiennes, ou Hashd al-Shaabi, et en ont blessé 32 autres, le conflit est revenu en territoire saoudien. Les factions de la résistance irakienne avaient juré de riposter aux attaques, qu'elles décrivaient comme une violation dangereuse de la souveraineté de l'Irak.

L'Arabie saoudite a maintenant temporairement fermé son oléoduc stratégique Est-Ouest après que plusieurs drones lancés depuis le territoire irakien ont frappé des installations dans les régions de Riyad et de Médine[...] 

Bagdad a reconnu que les drones avaient été lancés depuis la province de Maysan, dans le sud de l'Irak. Le Premier ministre Ali al-Zaidi a ordonné le limogeage du commandant des opérations de la province après qu'une enquête a conclu que les attaques provenaient du territoire sous son autorité. Le gouvernement a également lancé une vaste opération de sécurité pour identifier et arrêter les responsables.

Riyad a déclaré qu'à la demande de Bagdad, il s'abstiendrait de riposter sur le territoire irakien - "à ce stade"

Lors des bombardements américano-saoudiens en Irak, trois officiers iraniens et un officier yéménite ont également été tués. Personne ne doutera que la milice Hashd al-Shaabi a coordonné son attaque de drones avec Ansar Allah au Yémen ainsi qu'avec l'Iran.

Mais le gouvernement irakien ne peut pas faire grand-chose pour freiner les milices alignées sur l'Iran qui ont établi des racines profondes au sein de la population irakienne. Le gaz iranien alimente les centrales électriques irakiennes et l'Irak a du mal à le payer :

"Si les livraisons de gaz se poursuivent, l'Irak pourra contenir les conséquences immédiates au niveau de l'électricité tout en essayant d'empêcher de nouvelles attaques à partir de son territoire. Si Téhéran suspend ses approvisionnements - ou si Bagdad est contraint par Washington de cesser de les importer - le pays pourrait faire face à de graves pénuries d'électricité et à des troubles intérieurs croissants. Inversement, continuer à consommer du gaz iranien sans permettre à l'Iran d'accéder à ses revenus deviendra de plus en plus difficile à défendre politiquement à Téhéran.

L'attaque du pipeline a par conséquent placé Bagdad entre trois pressions concurrentes : l'Arabie saoudite exige que le territoire irakien ne soit plus utilisé pour des attaques transfrontalières, les demandes américaines que l'Irak restreigne l'accès financier de l'Iran et les attentes iraniennes que Bagdad paie ses dettes énergétiques et résiste à la coercition économique américaine. La tentative de l'Irak de satisfaire les trois semble maintenant atteindre ses limites".

Les dirigeants saoudiens atteignent  également leurs limites. Ils paient cher leurs relations étroites avec les États-Unis :

"Hormuz - leur route d'exportation vers le Nord - est fermée par une guerre contre l'Iran déclenchée par les États-Unis et Israël

Leur pipeline vers le Sud a été déconnecté de l'Irak, un pays que les États-Unis ont brisé avec une autre guerre qu'ils ont déclenchée

Ils se battent - et perdent - contre les Houthis au Yémen, dont la guerre contre eux a repris à cause de la guerre américano-israélienne contre l'Iran

Les États-Unis sont manifestement incapables de les défendre contre ces attaques et refusent apparemment catégoriquement d'intervenir au Yémen

Ils dépensent de l'argent à un rythme accéléré et, ironiquement, nous pourrions bientôt voir une situation de "pétrodollar inversé" dans laquelle, au lieu de recycler les bénéfices pétroliers en bons du Trésor américain, ils seront obligés de vendre ces bons du Trésor pour couvrir les pertes pétrolières causées par les guerres américaines

Dans l'ensemble, il est difficile d'exagérer à quel point cela représente un embrouillamini total.

Les États-Unis sont censés mener une "opération paria économique" contre l'Iran, mais, très concrètement, les Saoudiens en souffrent au moins autant que les Iraniens, à tous les niveaux.

Et, contrairement à l'Iran, l'Arabie saoudite n'est pas structurellement construite pour survivre à cela..."

Malgré sa richesse pétrolière, l'Arabie saoudite n'est pas dans un bon état financier. Il y a deux semaines,  elle était déjà en négociation pour obtenir de nouveaux financements :

"L'Arabie saoudite est en pourparlers préliminaires pour emprunter au moins 8 milliards de dollars grâce à un nouveau prêt, alors qu'elle intensifie ses efforts pour diversifier les sources de financement à cause des retombées économiques de la guerre en Iran.

Le Centre national de gestion de la dette du royaume a commencé à sonder les banques au sujet d'un accord potentiel, selon des personnes proches du dossier, qui ont demandé l'anonymat pour discuter d'informations privées.

La major pétrolière soutenue par l'État Saudi, Aramco, mène des discussions similaires avec des banques, ont déclaré certaines personnes....

Le baril de Brent de référence s'est établi en moyenne à environ 87 dollars cette année, ce qui a contribué à alléger la pression sur les finances du royaume à la suite de la guerre. Malgré cela, l'Arabie saoudite a affiché un déficit de 34,3 milliards de riyals (9,1 milliards de dollars) au deuxième trimestre."

Les prix du pétrole sont élevés, mais cela n'aide pas Riyad lorsque les guerres menées contre l'Iran et d'autres pays ferment les routes d'exportation du pétrole saoudien.

Il faut garder à l'esprit que l'Arabie saoudite est une société tribale diversifiée où une tribu familiale garde le contrôle en distribuant des largesses financières aux autres chefs tribaux et à la population. Les dirigeants ont besoin de tous les revenus pétroliers qu'ils peuvent obtenir  pour se maintenir au pouvoir. Si l'argent cesse de couler, la position de la famille régnante pourrait bien être mise en question.

Alors qu'un porte-parole d'Ansar Allah avait affirmé hier que le groupe s'abstiendrait de poursuivre son expansion, il y a des infos disant qu'il continue de se déplacer vers les villes tenues par des milices payées par l'Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis. Marib et Taiz semblent être dans leur mire immédiate.

Installé aux côtés de centaines de camions blindés et d'armes assorties, la récente opération d'Ansar Allah semble avoir acquis un équipement radar sophistiqué dans la ville de Mocha. Elle a également permis la capture des équipements électroniques installés par les EAU sur les îles du détroit de Bab el-Mandab. Israël aurait eu accès aux renseignements radar et signal recueillis par ces installations émiriennes. Ayant perdu un tel accès, il sera plus difficile d'intervenir au Yémen.

Une  autre rumeur dit que l'Arabie saoudite transfère des combattants djihadistes de Syrie, via l'Arabie saoudite, vers le Yémen. Ces mercenaires fanatiques se joindront à d'autres, principalement embauchés au Soudan, pour lutter contre les Houthis. Jusqu'à présent, aucune force de ce type n'a été en mesure de faire une grande différence dans le combat.

Par  Moon of Alabama

Source: lesakerfrancophone.fr

(Traduit par Wayan/ Saker Francophone)

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