
par Paolo Hamidouche
Le 29 août, des soldats ont tenté de renverser la junte militaire en place, dirigée par Abdourahamane Tchiani.
La situation à Niamey semble désormais calme : "Les gens ont repris le travail, même à l'aéroport", nous a confié un diplomate actuellement au Niger. Accéder à l'aéroport était difficile jusqu'à il y a quelques jours. Pendant au moins une semaine, des points de contrôle militaires et des barrages routiers ont été déployés entre le centre de la capitale nigérienne et le terminal. Du moins, ces points de contrôle, tenus par l'armée, sont restés fidèles à la junte militaire d'Abdourahamane Tchiani, le putschiste qui a renversé son prédécesseur, Mohamed Bazoum, en 2023 et a intégré le Niger à l'AES, l'Alliance des États du Sahel, une coalition d'autres juntes militaires engagée dans une lutte contre la France.
En bref, le pays rejoint le Mali et le Burkina Faso parmi les acteurs régionaux qui ont décidé de quitter la CEDEAO et d'autres organisations considérées comme proches des anciennes puissances coloniales. Mais, de fait, le général putschiste a lui-même risqué d'être victime d'un autre coup d'État. Plusieurs militaires ont attaqué le palais présidentiel et l'aéroport le 29 août et ont failli prendre le pouvoir. Depuis, la situation a évolué, mais même si le gouvernement reste inchangé, l'équilibre interne du pays pourrait avoir subi des bouleversements importants.
Tchiani parle de "mutinerie"Les affrontements ont été particulièrement violents, comme l'a confirmé le responsable interrogé par InsideOver, bloqué dans la ville pendant plusieurs jours : "On a l'impression d'avoir assisté à une véritable bataille", a-t-il déclaré au téléphone, "car on entendait clairement des tirs d'artillerie lourde, et cela a duré plusieurs heures". À ce moment-là, l'armée italienne était également en état d'alerte maximale : il ne faut pas oublier que l'Italie est le seul pays européen avec lequel la junte de Tchiani a cherché à maintenir des relations étroites, notre contingent étant stationné à l'aéroport de Niamey pour former les troupes locales. Ce n'est que dans l'après-midi du 29 août qu'il a été confirmé que le gouvernement militaire actuel avait réussi à conjurer la menace : "Le calme est revenu", a confirmé le responsable, "même si l'aéroport est resté fermé pendant plusieurs jours, empêchant de nombreux citoyens de rejoindre leur lieu de travail". La raison est simple : des points de contrôle ont été mis en place autour de Niamey, et plusieurs commerces sont restés fermés pour des raisons de sécurité.
Un soldat italien à l'aéroport de NiameyLes tensions ne se sont apaisées qu'au cours de la deuxième semaine de septembre, lorsque la capitale et ses environs ont retrouvé leur fonctionnement normal. Un détail important est à noter : à Niamey et dans d'autres lieux stratégiques, aucune opération spéciale ni aucun raid visant à arrêter les putschistes n'ont été signalés. On parle de dizaines d'arrestations, mais uniquement sur les réseaux sociaux et de manière informelle. Par ailleurs, Tchiani lui-même n'a pas évoqué de coup d'État. Dans la déclaration officielle de la junte militaire commentant les événements, celle-ci a reconnu l'existence de combats, mais a simplement parlé d'une "mutinerie" de certaines factions de l'armée, et non d'une tentative de coup d'État. Bien sûr, d'un point de vue rhétorique, il est également dans l'intérêt de Tchiani d'éviter de donner aux observateurs extérieurs l'impression d'une possible instabilité intérieure.
L'intervention de la Russie et de l'AlgérieIl est difficile de savoir, à l'heure actuelle, où s'arrête la rhétorique de Tchiani et où commence la réalité. Il est possible que l'armée nigérienne se soit effectivement regroupée, mais l'inverse ne peut être totalement exclu. Par ailleurs, à Niamey, on parle d'"ingérence française". Comme lors de chaque soulèvement contre les juntes militaires au Sahel, les chefs d'État et les généraux ont tendance à imputer la responsabilité principalement à la France et à des forces non identifiées proches de l'OTAN. Il existe cependant des certitudes permettant d'analyser la dynamique des événements : la junte militaire nigérienne a survécu aussi (sinon principalement) grâce à une intervention extérieure. À commencer par la Russie, présente dans le pays avec l'Afrika Korps. Ces anciens soldats de Wagner sont désormais intégrés de manière permanente aux structures du ministère russe de la Défense. Depuis plusieurs jours, une photo d'un véhicule blindé russe stationné sur une place centrale de Niamey circule sur les réseaux sociaux, confirmant, selon beaucoup, l'intervention de l'Afrika Korps pour défendre Tchiani. Les forces de Moscou, en particulier, seraient venues en aide au gouvernement nigérien dans la nuit du 28 au 29 août, alors que le sort de la junte militaire semblait scellé.
Il y a ensuite l'Algérie, dont le gouvernement n'a jamais caché, et même affiché, sa présence sur le sol nigérien. Des responsables algériens en uniforme ont publié des photos avec leurs homologues de Niamey à l'intérieur de l'aéroport, tandis qu'au moins quatre avions algériens envoyés au cœur du Sahel étaient exhibés. Selon des sources non confirmées, ces avions survolaient Niamey même pendant la tentative de coup d'État.
Le lendemain de ces événements est donc riche en actualités pour le Niger, malgré le maintien en fonction des dirigeants actuels. La politique étrangère de ce pays africain tiendra inévitablement compte de ces événements et, surtout, des acteurs qui ont soutenu Tchiani. Moscou et Alger pourraient ainsi jouer un rôle encore plus important et influencer de près la politique de Niamey. Pour la Russie, cela représente une nouvelle étape dans sa politique africaine ; pour l'Algérie, cela signifie une tentative d'étendre son influence dans la région, tant face au Maroc qu'au-delà.
source : Paolo Hamidouche