📑 14/09/2026 ssofidelis.substack.com  7min 19 #326607

 Mer Rouge : les forces armées du Yémen s'emparent de la ville portuaire stratégique de Mokha

Production saoudienne = zéro

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Par  Mike Whitney, le 12 septembre 2026

Nous sommes dans une impasse. Après sept mois de guerre non provoquée, la situation au Moyen-Orient a dégénéré en une crise majeure. Du jour au lendemain, les exportations de pétrole saoudiennes ont chuté à zéro. ZÉRO ! Prenez le temps d'y réfléchir un instant. Le "plus grand producteur mondial de pétrole" n'exporte actuellement PLUS AUCUN baril de pétrole. Les terminaux du golfe Persique sont de fait à l'arrêt à cause de la guerre avec l'Iran, tandis que l'oléoduc Est-Ouest - la principale voie de contournement terrestre qui achemine 4 à 5 millions de barils par jour vers le terminal de Yanbu, sur la mer Rouge - a été détruit jeudi en neuf points différents (par des drones a priori irakiens) et n'est plus opérationnel. Ce qui veut dire que, pour la première fois de l'histoire, aucun pétrole saoudien n'est acheminé vers les marchés. Est-ce catastrophique ? La situation nécessite-t-elle une réaction immédiate de Trump et Cie ?

Mais, jusqu'à présent, la seule réaction de Trump a été la déclaration alambiquée qu'il a prononcée lors d'une conférence de presse vendredi. Voici ce qu'il a déclaré :

"Les Houthis nous ont appelés. Ils ne veulent pas se battre contre nous. Ils nous ont fait savoir qu'ils ne veulent pas se battre contre nous. Ils ne veulent pas de notre intervention. Ils préféreraient de loin que nous ne nous en mêlions pas, et ils laissent passer la plupart des navires. Il n'y a qu'un seul pays avec lequel ils ne s'entendent pas très bien". ( lien)
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C'est absurde. Trump n'a pas parlé aux Houthis et n'a pas la moindre idée de ce qu'ils veulent. Les propos du président montrent simplement que ses conseillers ont été pris au dépourvu et n'ont pas encore trouvé quoi répondre. Mais il est clair pour tous ceux qui assistent à cette farce que tout cela est coordonné avec l'Iran. Ce sont les alliances de l'Iran en Irak qui ont frappé l'oléoduc est-ouest, tout comme les Houthis "soutenus par l'Iran" qui se sont emparés de Mocha et de l'île de Perim. Voici un récapitulatif :

Un blitz surprise sur la ville côtière de Mocha a permis aux Houthis de mieux contrôler l'une des voies navigables les plus cruciales au monde. Cette offensive surprise, qui a contraint les forces saoudiennes à une retraite chaotique, a été suivie, quelques heures plus tard seulement, par la prise d'une île stratégique située à l'embouchure sud de la mer Rouge (l'île de Perim). En moins de 48 heures, le mouvement yéménite Ansar Allah a renforcé son contrôle sur une voie maritime vitale, provoquant une flambée des prix du pétrole tout en ouvrant un deuxième front dans la guerre contre les États-Unis et Israël. Il ne fait aucun doute que le conflit, qui dure depuis sept mois et a vu les bases militaires américaines du golfe réduites en miettes, tandis que l'armée iranienne imposait un contrôle total sur le détroit d'Ormuz, a désormais franchi un point de rupture. La manœuvre stratégique en tenaille des Houthis renforce la probabilité que les États-Unis soient chassés du Moyen-Orient et que l'Iran s'impose comme le garant de la sécurité régionale. Nous assistons à des bouleversements géopolitiques d'une ampleur qui ne se produit qu'une fois par siècle.

L'île de Perim se trouve au cœur du détroit de Bab al-Mandeb, cet étroit passage situé à l'entrée sud de la mer Rouge. Son emplacement renforce le contrôle des Houthis sur les voies maritimes par lesquelles transitent quotidiennement 10 % du pétrole mondial. Afin de contourner le détroit d'Ormuz, fermé par les forces iraniennes, les Saoudiens ont acheminé la majeure partie de leur pétrole via un oléoduc est-ouest de 1 200 kilomètres vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge. Cet oléoduc - qui achemine quotidiennement 4 à 5 millions de barils vers les marchés - est essentiel à l'économie saoudienne en perte de vitesse. Jeudi, l'oléoduc a été attaqué par des drones irakiens à neuf points différents, interrompant immédiatement le flux de pétrole et semant la panique à Riyad et à Washington. Bref,  "la carte pétrolière est prise en tenaille : à l'est par Ormuz, à l'ouest par l'accès à la mer Rouge".

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Vendredi, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a lancé un appel désespéré à Donald Trump pour obtenir son aide militaire, qui a été aussitôt rejetée. Ce refus a été largement relayé par les médias, mais il ne traduit pas fidèlement le niveau de coopération des États-Unis. À l'heure actuelle, les États-Unis comptent

"plus de 100 conseillers militaires américains en Arabie saoudite, qui aident Riyad en matière de renseignement et de ciblage dans le cadre de sa nouvelle guerre au Yémen... Un responsable américain anonyme a estimé à 200 le nombre de soldats américains participant à cette opération et a précisé qu'ils font partie d'une nouvelle force opérationnelle conjointe formée ces dernières semaines, alors que la guerre au Yémen commençait à s'intensifier". (CNN)

"Il faut toutefois souligner que la guerre a repris le 13 juillet avec des frappes aériennes saoudiennes sur l'aéroport international de Sanaa, une attaque  approuvée par le président Trump, selon Axios. Ces frappes avaient pour but d'empêcher l'atterrissage à Sanaa d'un avion en provenance d'Iran, qui transportait une délégation yéménite venue assister aux funérailles de l'ayatollah Ali Khamenei...

"Les services du renseignement américains et autres soutiens ont soutenu la guerre brutale menée par l'Arabie saoudite au Yémen de 2015 à 2022".(Une guerre qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de civils et réduit le pays en ruines.)  Antiwar.com

Les États-Unis sont donc en grande partie responsables de la crise actuelle. Ce point ne fait aucun doute.

Vendredi 11 septembre, le ministère saoudien des Affaires étrangères a publié la déclaration suivante :

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Le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a demandé aux Saoudiens de suspendre toute riposte militaire pendant qu'il tente d'identifier les responsables. Mais bien que la crise reste en suspens, le message sous-jacent est clair : l'Iran et ses alliés régionaux sont désormais déterminés à interrompre l'approvisionnement en pétrole en provenance du Moyen-Orient pour pousser les États-Unis à mettre fin à la guerre. En bref, ils tiennent l'économie mondiale à la gorge et resserrent progressivement leur emprise pour forcer Trump à respecter ses obligations au titre du protocole d'accord, cet accord censé mettre fin aux hostilités et rétablir la paix dans la région.

Les événements s'enchaînent si vite qu'on doute que Trump comprenne vraiment ce qui se passe. La situation n'est plus contrôlable. Les voyants clignotent au rouge. Nous sommes confrontés à une série de contingences inédites et à une myriade de scénarios possibles. La seule certitude, c'est que l'Amérique n'a aucun avenir au Moyen-Orient. Lorsque la poussière sera enfin retombée, les bases seront fermées à double tour, la flotte aura disparu et le drapeau américain sera rangé dans un carton en route pour les États-Unis.

Les Houthis occupent désormais toute la côte occidentale du Yémen, et leurs troupes permettent à l'Iran de maintenir sa mainmise sur 30 % du pétrole mondial. Il s'agit clairement d'une opération coordonnée menée par des militants déterminés et aguerris, qui appliquent une stratégie de grande envergure pour contraindre les États-Unis à se retirer de la région, avant d'imposer un nouveau dispositif de sécurité multilatéral. L'obsession de Trump de bombarder au hasard des cibles depuis les airs n'a aucune chance d'aboutir à quoi que ce soit. Dès le début, Trump a instinctivement privilégié la violence aveugle plutôt qu'un usage ciblé de la puissance militaire au service d'un objectif politique. Son incapacité à développer une réflexion stratégique mène le pays vers sa plus importante défaite militaire, assortie de nombreuses années de récession économique.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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