
par Abdelaziz Ghedia
Le 10 septembre, on a appris de façon officielle que l'Algerie venait de rompre toute relation diplomatique avec les Emirats Arabes Unis. Mais ce n'était pas vraiment une surprise. A dire vrai, les gens qui étaient au fait de la chose politique s'attendaient déjà depuis belle lurette à une chose pareille, à cette issue diplomatique. On s'attendait à ce que les relations entre les deux pays aboutissent à cette rupture. Car, cet Émirat, disposant de pétrodollars à gogo, pensait qu'il pouvait tout se permettre. Il croyait qu'il pouvait jouer dans la cour des grands sans être inquiété par qui que ce soit. Il a tout simplement fait fausse route. Il a tout simplement fait de mauvais calculs. Il doit maintenant apprendre à ses dépens qu'il y a des peuples, des pays, qui ne tergiversent pas avec leurs principes. L'Algérie, fière de sa révolution, fière de ses martyrs, en est de ceux-là.
Sur sa page substack, le journaliste indépendant Meddi Adlene dit "l'Algérie reproche (notamment) à ce pays du Golfe le fait d'être à la pointe de la"normalisation"avec Israël".
En fait, de mon point de vue, non, ce n'est pas vraiment à cause de cela que l'Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec cet Émirat. Chaque pays est libre et souverain quant au choix des pays avec lesquels il établit ses relations d'amitié ou autre. Ce que reproche, en gros, l'Algerie à ce petit État c'est son ingérence chez nos voisins et son activisme hostile, nuisible, malveillant au point de pousser les enfants d'un même pays à s'entretuer. Là où cet Émirat intervient avec ses pétrodollars, l'herbe ne pousse plus, si on ose dire. Un minuscule Émirat qui voyait grand, qui fomentait des troubles partout en Afrique et notamment au Sahel. In fine, l'Algérie n'a pas besoin de relations avec un tel Émirat. Bon débarras ! serais-je tenté de dire. Mais pour rester poli et en phase avec la définition même du mot "diplomatie" dont le préfixe "di" veut dire "deux", deux faces, deux états d'âme, deux manières d'aborder toute problématique, je dirais plutôt "bon vent" aux responsables politiques de cet Émirat. Quant à son peuple, il sera toujours considéré comme un peuple frère. Aucune animosité, aucune rancune ne font partie de nos mœurs ni de nos valeurs.
Selon le journal El Watan d'aujourd'hui (13 septembre), "La rupture des relations diplomatiques entre l'Algérie et les Emirats arabes unis n'est ni un accès de colère ni une décision improvisée. Elle constitue l'aboutissement d'un long processus au cours duquel Abou Dhabi a progressivement transformé son influence financière en instrument d'ingérence et d'hostilité, multipliant les manœuvres, les alliances de circonstance ainsi que les foyers de tension autour de l'Algérie".
N'est-ce pas que c'est ce que nous avons d'emblée annoncé ? Quoique, nous devons le reconnaître, en des termes un peu moins diplomatiques.
Il est vrai que le commun des mortels tel que votre interlocuteur n'est pas dans le secret des dieux, mais, il est de notoriété publique que ce "minuscule Etat" (comme l'avait déjà qualifié le président algérien Abdelmadjid Tebboune), était dans l'œil du cyclone depuis plusieurs années. Ce qui lui arrive aujourd'hui, du moins avec l'Algérie, et il le mérite amplement, c'est comme l'histoire d'Icare : il s'est élevé très haut, s'approchant même du soleil, que ses ailes en cire ont fondu. Sa chute ne sera donc que brutale. Et, malheureusement pour lui, mortelle.