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 Mer Rouge : les forces armées du Yémen s'emparent de la ville portuaire stratégique de Mokha

Continuez à vous moquer des Houthis « en sandales » tout en sirotant votre latte

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Continuez à vous moquer des Houthis "en sandales" tout en sirotant votre latte

Par Karim pour  BettBeat Media, le 15 septembre 2026

Ils se moquent des sandales. On dirait une blague ou un truc du genre. On les retrouve dans les rubriques de commentaires et sur les forums YouTube, et pas seulement chez les apologistes de l'empire, aussi dans la sphère médiatique anti-impérialiste, parmi ceux qui sont censés mieux savoir. Je connais bien ce genre de discours. J'ai grandi avec aux Pays-Bas, où mes compatriotes parlaient d'"hommes en robe" pour désigner les Arabes, et imitaient la langue arabe en faisant sortir de leur gorge des sons gutturaux dépourvus de sens, khhallama kkkhhhalamma, tout en s'amusant de leur propre malice.

C'est le même dénigrement qu'on entend lors des déjeuners des think tanks, enrobé d'un vocabulaire plus raffiné, mais toujours accompagné du même sourire narquois. "Les Houthis en sandales". "Les membres de tribus en sandales". Des hommes en sandales, originaires du pays le plus pauvre du monde arabe, qui ont eu l'audace de tirer sur la marine la plus coûteuse de l'histoire de l'humanité et d'en sortir vainqueurs. La sandale est censée nous dire qui ils sont. Elle nous en dit bien plus sur qui nous sommes.

Laissez-moi dire ce que la blague ne peut pas dire. Ces hommes arabes en sandales ont passé des années à rester debout sur leur propre littoral, sous les bombardements, refusant de bouger. Et nous, dans nos Nike, nos Adidas et nos contrefaçons de Gucci, nous avons passé vingt-cinq ans à être déplacés, parqués, scannés, catalogués, trompés et volés, sans même avoir élevé la voix.

Examinons les faits.

Le 11 septembre et Epstein

Je ne crois plus à la version officielle du 11 septembre. Que les tours se soient effondrées comme prévu, ou qu'ils aient simplement choisi de laisser faire parce qu'un bâtiment en feu pouvait servir les intérêts de notre classe dirigeante, cela m'importe peu désormais. Le résultat est le même. Et ce que je refusais autrefois de croire, ce que je rejetais comme les divagations à table de l'oncle complotiste de service, je le crois désormais. Cet oncle fou adepte des théories du complot avait raison à propos des élites qui violent et dévorent des enfants. Il avait probablement raison aussi au sujet du 11 septembre : c'était un coup monté de l'intérieur.

Des décombres a émergé l'État de surveillance, déjà tout prêt, comme s'il attendait dans un tiroir. Le Patriot Act a fait loi avant même que les incendies de Ground Zero ne soient éteints. On nous a dit que c'était temporaire. On nous a dit que c'était pour notre sécurité. Nous avons fait la queue dans les aéroports, nous avons enlevé nos chaussures et nos ceintures, et nous avons levé les bras au-dessus de la tête tandis que des jeunes de vingt ans, vêtus d'uniformes en polyester et s'ennuyant à mourir, scrutaient les images de nos corps nus sur un écran, et nous les avons remerciés pour cela. Nous n'avons rien fait.

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Puis vint le déferlement de haine. Nos voisins musulmans, le pharmacien, la femme qui tenait l'épicerie du coin, le professeur... Ils ont tous été contraints de répondre d'une terreur fabriquée, financée et mise en œuvre par la machine de l'Empire lui-même et ses mandataires à Tel-Aviv et dans le Golfe. Les mosquées ont été infiltrées. Des hommes ont disparu à Guantánamo. De jeunes hommes ont été piégés par des informateurs rémunérés qui inventaient eux-mêmes les complots. Des femmes et des enfants irakiens ont été violés. Une religion entière a été jugée dans les matinales télévisées, et le verdict n'a jamais évolué. Nous avons regardé. Nous n'avons rien fait.

On nous a dit que nos téléphones étaient à nous. Ils n'ont jamais été à nous. Chaque appel, chaque photo de nos enfants dans leur bain, chaque SMS idiot envoyé sous l'emprise de l'alcool est copié et conservé sur des serveurs appartenant à des hommes qui s'envolent ensemble vers des îles privées. Nos téléviseurs nous écoutent. Les documents de la CIA divulgués nous ont révélé que les appareils peuvent être configurés pour nous écouter même lorsqu'ils sont éteints. Nous avons lu les gros titres, nous avons acheté un téléviseur plus grand, et nous n'avons rien fait.

Aujourd'hui, la machine a appris à penser. Les services de police achètent des logiciels à des entreprises comme Palantir qui promettent d'identifier le criminel avant même qu'il ne commette son crime, et ces logiciels, formés aux préjugés occidentaux, leur disent exactement ce qu'ils veulent entendre. On vend des caméras qui prétendent lire les intentions sur un visage ou dans une démarche. Des programmes récupèrent tout ce que nous avons toujours publié, chaque dispute, chaque aveu, chaque recherche à trois heures du matin, et transmettent le dossier à cette même catégorie d'hommes. "Pre-Crime" était un film dystopique quand j'étais jeune. Aujourd'hui, c'est une réalité. Et nous ne faisons rien.

 Surveillance  Le plus effrayant que j'aie jamais vécu : ils savent ce que vous allez faire avant même de l'avoir fait

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Jul 4

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Le plus effrayant que j'aie jamais vécu : ils savent ce que vous allez faire avant même de l'avoir fait

 Lisez l'intégralité de l'article

Nous avons créé un réseau de camps et les avons peuplés de nos voisins. Des enfants de neuf ans, arrachés à leurs parents par les chemises brunes de l'ICE et jetés derrière les barreaux. Les propres dossiers du gouvernement contiennent des milliers de plaintes pour abus sexuels sur des enfants migrants placés sous sa garde. Des filles sont sorties enceintes de cette détention. Les hommes qui les surveillent sont exactement ceux qu'on s'attend à voir : blasés, en colère, sadiques et excités. Imprégnés depuis la puberté d'une pornographie à l'occidentale qui présente la domination comme la seule forme de contact physique, puis équipés d'un uniforme, d'un trousseau de clés et chargés de surveiller une population qui ne parle pas la langue et ne peut pas appeler un avocat.

La caste Epstein a créé cette pornographie, l'a vendue, en a tiré profit, puis a construit les camps où ses diplômés pouvaient s'exercer. Nous le savons. C'est dans les journaux. Et nous ne faisons rien.

Et quand certains d'entre nous ont enfin agi, quand des étudiants ont monté des tentes et que des vieilles dames ont brandi des pancartes en carton pour protester contre un génocide retransmis en direct depuis Gaza, l'État nous a montré ce qu'il construisait depuis toutes ces années. Des hommes masqués ont emmené une étudiante de troisième cycle pour avoir coécrit une tribune libre. En Grande-Bretagne, des retraités ont été arrêtés en vertu des lois antiterroristes pour avoir brandi une feuille de papier. Le mot "terroriste" a été étiré jusqu'à s'appliquer à quiconque s'oppose au meurtre de masse. Quant au reste d'entre nous, nous avons préféré regarder nos chaussures. Nous n'avons rien fait.

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Les Arabes en sandales

Voilà le bilan.

Un quart de siècle. Pas une seule grève générale. Pas un seul gouvernement renversé. Pas un seul aéroport fermé par des gens qui refuseraient simplement de se faire scanner. Nous avons enduré chaque humiliation comme des animaux brisés endurent le fouet, puis, depuis nos enfers capitalistes, nous nous sommes connectés pour nous moquer de dignes hommes arabes en sandales.

Parlons donc de l'un de ces hommes en sandales.

Il vient d'un pays que les Ottomans n'ont pas réussi à conserver, que les Britanniques ont dominé par la force jusqu'à ce qu'ils en soient chassés, qui a épuisé l'armée de Nasser, et que l'Arabie saoudite, armée, ravitaillée en carburant et guidée par Washington et Londres, a bombardé pendant une décennie jusqu'à provoquer le choléra et la famine. Il a vu les enfants du Yémen mourir de faim sous un blocus imposé par nos gouvernements.

Et lorsque l'empire s'en est directement pris à lui, lorsque Trump a envoyé les porte-avions et les B-2 et a promis de l'anéantir, il était debout sur son littoral, avec des armes moins chères qu'une voiture d'occasion, et a abattu des drones à trente millions de dollars, semaine après semaine, jusqu'à ce que Washington vienne quémander un cessez-le-feu. Des navires de guerre dont la valeur dépasse la production annuelle de ce pays tout entier ont fait route vers leurs ports d'attache. Lui est toujours là.

Mais nous nous moquons de ses sandales...

Vous n'êtes pas obligés de l'aimer. Vous n'êtes pas obligés de partager ses opinions politiques ou sa théologie. Là n'est pas la question. La question, c'est que les peuples arabes d'Asie occidentale et d'Afrique du Nord, ces peuples qu'on nous a appris à mépriser, à dénigrer  au même titre que tout ce qui est qualifié d' "arabe", combattent l'empire - le nôtre et ceux qui l'ont précédé - depuis des siècles, et ils savent une chose que nous avons oubliée. Ils savent que la dignité ne se limite pas à un sentiment. C'est une chose que l'on défend ou que l'on perd. La sandale n'est pas un signe d'arriération. C'est la chaussure de ceux qui n'ont jamais pu se permettre l'illusion que l'État les aime, et qui n'ont donc jamais été assez naïfs pour lui obéir.

Pendant ce temps, en Occident, la caste Epstein n'a fait aucun effort pour dissimuler ses intentions. Elle construit un monde où chacun d'entre nous est suivi dès la naissance, noté, loué et exploité jusqu'à plus soif. Un monde où les abus sexuels sur mineurs ne sont pas un scandale mais le signe d'un statut social, comme sur cette île et dans ces registres de vol. Un monde où les jeunes hommes aspirent au même privilège, comme nous l'ont déjà montré les sadiques travaillant pour l'ICE.

Nos enfants sont la monnaie d'échange.

Et nous qui ne prenons pas la peine de nous rebeller, nous restons assis là, à siroter nos lattes et à rire de ces hommes en sandales qui ont refusé de partager notre sort.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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