• Le Pentagone a publié ses premiers rapports sur la guerre en Iran. • Ton très prudent et pessimiste : la question de l'avenir des forces, de la présence stratégique US dans la région, est posée. • C'est un grand tournant qui s'amorce.. • Pendant ce temps, Trump évoque la "saisie" du pétrole iranien. • Pendant ce temps également, le ministre polonais Sikorski annonce une victoire sur la Russie en 42 jours, tandis que son premier ministre Tusk annonce annonce une menace d'attaque et des frappes russes sur la Pologne pour les prochains mois.
Il y a plusieurs planètes à Washington, comme il y en a beaucoup d'autres en Europe, et même au sein même de certains gouvernements comme celui de la Pologne .
Note de PhGBis : "..Sans qu'il faille y voir une contradiction ni une mésentente pour ce dernier cas ! Le premier ministre Tusk, après avoir tenu une conférence avec ses militaires et ses services de renseignement, évoque la possibilité de pressions et de tirs russes contre la Pologne dans les prochains mois et l'appel au secours de son gouvernement à l'OTAN... Pendant ce temps, son ministre des affaires étrangères Sikorski évoque avec assurance un plan général d'attaque et de victoire sur la Russie en 42 jours, - dans un séminaire à Kiev, où la vodka règne."
Nous vivons, dans notre Occident-compulsif, dans un cosmos constellé de mondes différents qui décrivent les mêmes choses en termes complètement opposés mais en se saluant aimablement au passage. Ce qui nous opposait au Sud Global du point de vue de la perception et de la narrative a aujourd'hui largement pénétré nos propres pays et organisations, dans le bloc BAO, où les narrative varient, comme un porte-avions US face aux côtes iraniennes.
Pour en revenir à notre exemple principal, et sujet de cet article... Le Pentagone envoie donc au Congrès ses premiers rapports sur la guerre contre l'Iran ('Epic Fury' envisagé du 28 février à la fin juin) et détaille les énormes coûts des pertes et destruction subies (33,4 $milliards du 28 février au 29 juin) sans même évoquer un devis pour les réparations, ni envisager une réactivation opérationnelle des bases. Pendant ce temps, Donald Trump, toujours drôle, fait un discours et des déclarations où il dit envisager, lui, de se saisir du pétrole iranien comme il l'a fait du pétrole vénézuélien.
"Le président américain Donald Trump a affirmé que Washington pouvait soit mettre fin à la guerre contre l'Iran, soit rester dans le pays et"garder le pétrole". Trump a menacé à plusieurs reprises de s'emparer des infrastructures pétrolières de la République islamique, ce qui a incité les responsables iraniens à qualifier ce plan d'illusoire.
" S'adressant à la presse dimanche, Trump a déclaré que le conflit, qui dure depuis plus de six mois, pourrait prendre fin "juste après" les élections de mi-mandat du 3 novembre et a affirmé que l'Iran "ne cesse de nous appeler parce qu'il veut à tout prix un accord".
""Nous finirons par partir, à moins que nous ne décidions de rester et de garder le pétrole, comme le Venezuela", a déclaré Trump par la suite."
Les rapports du Pentagone au Congrès ( voir ci-dessous, RT.com) semblent donc rédigés d'une autre planète que celle où se tient le président. L'impression qui s'en dégage est que le conflit s'en tient officiellement pour l'instant au blocus, - très aléatoire et d'une efficacité très majoritairement contestée, avec un nombre régulier de pétroliers coulés ou endommagés de part et d'autre, - et à des campagnes de guérilla de frappes iraniennes qui continuent à harasser les forces US (surtout en Jordanie).
Il semble bel et bien que la question du retour de ces forces dans des bases de la région remises en état soit très incertaine. Une des conditions vaguement émises est que les pays-hôtes, qui sont eux-mêmes dans des situations désastreuses, participent au coût de réparations de bases qui n'ont servi à rien pour leur défense et ont fait d'eux des cibles pour les Iraniens. C'est très-cher payer...
Là aussi, on se trouve sur une série de planètes Uranus différentes d'où l'on observe les événements sur une étrange entité nommée "Terre". Pour le vrai, il y a dans ses rapports l'indication que la bureaucratie du Pentagone, d'une force redoutable, a pris la question du conflit iranien et de la présence US dans la région en mains. On se trouve alors devant des mois et des mois, voire des années, de travaux divers de comptabilité, de projections de planification, de réunions entre services, d'auditions au Congrès. Cela signifie probablement que les forces US ne retourneront pas dans leurs positions stratégiques de la région, - grande évolution stratégique dans le processus de l'effondrement de la puissance américaniste.
On ajoute, cerise sur le gâteau, que les détails donnés sur la base industrielle US et la pénurie de matériels, qui rencontrent toutes les analyses officieuses et indépendantes des antiSystème vivement contestées jusqu'ici, donnent une impression absolument catastrophique dont on voit mal qu'elle puisse être redressée en quelques années, sinon purement et simplement redressée à moins d'une mobilisation de guerre totale.
Ci-après, le compte-rendu de RT.com.
dde.org Le Pentagone dans l'incertitudeLe Pentagone n'a pas encore déterminé la future posture des forces américaines au Moyen-Orient, ni la manière dont seront reconstruites les bases régionales endommagées lors du conflit avec l'Iran, selon un nouveau rapport gouvernemental analysant l'opération "Epic Fury".
L'opération militaire américaine contre l'Iran s'est déroulée du 28 février au 30 juin, bien que la confrontation ne soit pas encore résolue ; Washington mise désormais sur un blocus naval et des sanctions pour faire pression sur Téhéran. L'Iran a réagi à l'attaque américano-israélienne en frappant des cibles militaires et des infrastructures dans toute la région et en restreignant la circulation dans le détroit stratégique d'Ormuz.
Le rapport, élaboré par trois bureaux d'inspecteurs généraux et publié lundi, souligne les difficultés rencontrées pour évaluer le coût total de l'opération "Epic Fury". Le Pentagone a estimé le coût de la campagne à 33,4 milliards de dollars au 29 juin, sans inclure la reconstruction des infrastructures militaires endommagées.
Lors des auditions budgétaires au Congrès en mai, le département n'a pas intégré les coûts de reconstruction militaire car il "n'a pas déterminé quelle sera sa future posture dans la région, comment il construira ses bases, ni quelle part des coûts de construction sera prise en charge par les alliés et partenaires", indique le rapport.
Les attaques iraniennes ont contraint le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) à délocaliser ses opérations loin des bases situées à proximité de l'Iran, perturbant considérablement les lignes de ravitaillement établies. La base de l'US Navy à Bahreïn, plaque tournante logistique majeure dans la région, ne pouvait plus soutenir efficacement les opérations maritimes, obligeant l'armée à recourir à d'autres installations plus éloignées. Ce changement a "posé des défis considérables avant et pendant" l'opération, a déclaré le CENTCOM à Platte Moring, inspecteur général du Pentagone chargé de la supervision conjointe de la mission.
"Le transfert du soutien logistique et des infrastructures vers Diego Garcia s'est heurté à la contrainte de la distance, les longs trajets maritimes imposant des cycles logistiques de 14 à 18 jours", indique le rapport.
Le recours accru aux installations militaires des îles Chagos, gérées conjointement par les armées américaine et britannique, a suscité des tensions entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre britannique de l'époque, Keir Starmer, durant la première phase du conflit avec l'Iran.
Les médias américains ont établi un lien entre les difficultés rencontrées par le groupe aéronaval de l'USS Abraham Lincoln lors de son déploiement et la ligne de ravitaillement d'environ 3 500 kilomètres (2 200 miles) reliant Diego Garcia au Moyen-Orient.
Le rapport remis au Congrès a également mis en lumière les goulots d'étranglement apparus lorsque le Pentagone a tenté de reconstituer les stocks de munitions consommées durant l'opération.
Les problèmes les plus persistants "concernent la production de moteurs-fusées à propergol solide, la disponibilité d'explosifs et de propergols de haute qualité, ainsi que le recrutement de main-d'œuvre qualifiée pour la fabrication", précise le rapport, qualifiant de "stratégiques" les pénuries de stocks qui en découlent.
Ce document de 40 pages a été élaboré par les bureaux des inspecteurs généraux supervisant le département de la Défense, le département d'État et l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), aujourd'hui fermée.