
par Visualize War
Deux têtes tranchées étaient suspendues au-dessus de la porte de Bab Zuweila, au Caire : un message d'un sultan ayant décidé de ne pas négocier.
Le conquérant mongol Houlagou venait de mettre Bagdad à sac en 1258, mettant fin à cinq siècles de califat abbasside ; ses émissaires arrivèrent en Égypte en 1260 pour exiger une reddition identique.
Le sultan Qoutouz, un Mamelouk passé du statut d'esclave à celui de souverain, répondit en faisant exécuter les émissaires et en exposant leurs têtes à la vue de tous sur la porte de la ville.
Il n'y avait plus de retour en arrière possible.
Qoutouz rassembla son armée, incluant le général Baybars, et fit route vers le nord, en Palestine, pour affronter les troupes mongoles restées sur place après que Houlagou eut retiré le gros de ses forces pour gérer une crise de succession dans son empire.
Le 3 septembre 1260, à Aïn Djalout, les armées s'affrontèrent ; les Mamelouks eurent recours à une feinte de retraite pour attirer les Mongols dans un piège et les anéantir.
Ce fut la première défaite majeure subie par la machine de guerre mongole en plusieurs décennies d'expansion, stoppant définitivement sa progression vers l'Afrique et le cœur du monde islamique.
Qoutouz ne put profiter longtemps de cette victoire.
Il aurait promis à Baybars le gouvernorat d'Alep, avant de finalement revenir sur sa parole.
Le 24 octobre 1260, alors qu'il revenait de campagne et participait à une partie de chasse, Baybars et ses complices tendirent une embuscade au sultan - qui venait pourtant de sauver l'empire - et l'assassinèrent.
Baybars monta sur le trône quelques jours plus tard et régna dix-sept années durant, s'imposant comme l'un des sultans les plus redoutables de l'histoire mamelouke.
source : Visualize War via La Gazette du Citoyen
