
Par Sharon Zhang pour Truthout, le 15 septembre 2026
L'administration a également informé le Congrès d'une vente de bombes d'une valeur de 5 milliards de dollars à l'Arabie saoudite.
L'administration Trump s'apprête à livrer à Israël un lot de bombes d'une valeur de 3 milliards de dollars, financé par le contribuable américain, comprenant des bombes d'une tonne, une livraison qui constitue le plus important transfert de ce type d'armes de ces dernières années, et ce malgré l'engagement supposé de l'administration à respecter les accords de cessez-le-feu sur plusieurs fronts de guerre d'Israël.
Ce lot comprend 60 000 bombes, réparties entre des MK-84, des BLU-117 et des armes "anti-bunkers" de type I-2000. Le transfert s'effectue par le biais du mécanisme de financement militaire étranger (Foreign Military Financing), dans le cadre duquel les États-Unis versent à Israël les fonds nécessaires à l'achat de ces armes.
Le Washington Post a fait état de ce transfert mardi, citant un responsable américain, et a indiqué que le Congrès en avait été "informé de manière informelle".
L'administration Biden avait suspendu un seul transfert de bombes d'une tonne vers Israël au plus fort du génocide à Gaza en 2024, après en avoir déjà envoyé des milliers à l'armée avant cette suspension. Le président Donald Trump a levé cette suspension dès son entrée en fonction en 2025 - malgré les avertissements selon lesquels l'utilisation fréquente par Israël de ces bombes dans des zones civiles équivaut à un crime de guerre, et que leur livraison sans conditions pourrait constituer une violation du droit international et national.
Ces armes sont extrêmement destructrices. Largement utilisées par les forces américaines pendant la guerre du Vietnam, ces bombes sont capables de créer des cratères gigantesques à l'impact et de projeter des éclats métalliques sur un grand rayon.
Même des bombes moins puissantes sont connues pour déchiqueter les corps en minuscules lambeaux lorsqu'elles sont larguées sur une population, comme Israël l'a fait à maintes reprises sur des civils lors du génocide de Gaza, ainsi que lors de ses bombardements du Liban et de l' Iran. Des chercheurs ont ainsi constaté en 2024 que, rien que durant les six premières semaines du génocide israélien à Gaza, l'armée a largué environ 600 bombes d'une tonne à proximité d'hôpitaux.
Dans le cadre de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, Israël a largué une bombe MK-84 sur une zone densément peuplée de Téhéran, tuant des dizaines de civils. Les États-Unis ont également utilisé la même bombe lors d'une frappe nocturne contre une maison familiale en Iran en juillet, tuant un couple et leur fils de 2 ans.
Cette livraison intervient alors que des responsables américains affirment qu'ils tentent de faire pression sur Israël pour qu'il ralentisse ou cesse ses combats sur plusieurs fronts. Israël s'est largement désengagé de la guerre contre l'Iran - que l'administration Trump qualifie de manière douteuse de "conflit militaire" et non de guerre depuis le cessez-le-feu d'avril. Des responsables de l'administration Trump ont exprimé une prétendue frustration à l'égard d'Israël pour ses violations répétées des accords de cessez-le-feu négociés par les États-Unis à Gaza, au Liban et en Syrie.
L'envoi à ce pays d'une nouvelle série de ces bombes très critiquées et extrêmement destructrices envoie toutefois un message inverse. L'administration Trump a également fait l'objet d'une attention particulière lorsqu'elle a contourné le Congrès pour envoyer 4 milliards de dollars d'aide militaire à Israël l'année dernière.
Parallèlement, les États-Unis augmentent leur puissance de feu ailleurs au Moyen-Orient, accélérant potentiellement la déstabilisation et la violence déclenchées par la guerre contre l'Iran. Le Département d'État a notifié au Congrès la vente de 5 milliards de dollars de munitions JDAM (Joint Direct Attack Munitions) à l'Arabie saoudite la semaine dernière, alors que ce pays est empêtré dans l'escalade du conflit contre les Houthis du Yémen, ou "Ansar Allah". Ces derniers jours, les Houthis ont pris le contrôle du littoral yéménite de la mer Rouge, tandis qu'un oléoduc saoudien stratégique a été détruit, provoquant une flambée des cours du pétrole. L'Arabie saoudite a réduit ses livraisons de pétrole vers l'Europe suite aux dégâts subis par l'oléoduc, selon Reuters.
Les Saoudiens, qui soutiennent les forces armées yéménites, ont mené des centaines de frappes aériennes sur le Yémen ces derniers jours. Les États-Unis ont dépêché plus de 100 conseillers militaires sur le terrain en Arabie saoudite pour soutenir le pays dans ses frappes contre le Yémen.
Traduit par Spirit of Free Speech