
© Thierry Monasse Source: Gettyimages.ru
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le Premier ministre du Canada, Mark Carney, et le président du Conseil européen, António Luís Santos da Costa, le 23 juin 2025 à Bruxelles. [Photo d'illustration]
Selon le Financial Times, le projet d'"alliance unique" entre le Canada et l'Union européenne, que Mark Carney s'apprêterait à annoncer publiquement, aurait déjà été froidement accueilli par plusieurs États membres, certains redoutant la réaction de Washington.
Selon plusieurs titres de presse occidentaux, le Premier ministre canadien Mark Carney s'apprêterait à prononcer un discours "très important", le 17 septembre. Celui-ci est annoncé depuis plusieurs semaines et doit être prononcé devant le Parlement européen, à l'occasion de son " 19e voyage officiel en Europe depuis son arrivée au pouvoir", en mars 2025, a notamment souligné le quotidien québécois Le Devoir.
Le 12 septembre, le Wall Street Journal (WSJ) révélait que Carney escomptait obtenir le statut de " membre associé" de l'Union européenne.
Ce à quoi la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, semble avoir favorablement répondu en déclarant ce 16 septembre vouloir faire du Canada le "premier membre associé" du bloc bruxellois, un statut qui n'est pas juridiquement défini par les traités européens.
"Nous voulons élever les relations avec le Canada au plus haut niveau possible [...] Je voudrais donc œuvrer avec vous à la possibilité pour le Canada de devenir le premier membre associé de l'UE", a-t-elle déclaré lors de son discours annuel sur l'état de l'Union, devant Mark Carney et d'appeler Ottawa et Bruxelles à "bâtir" un "avenir commun".
Toutefois, cet engouement d'Ursula von der Leyen et de Mark Carney pour cette "alliance unique" aurait - d'après le Financial Times (FT), reçu des chancelleries européennes un "accueil glacial", notamment à l'heure où des États membres n'ont toujours pas ratifié l'accord de libre-échange CETA entre l'UE et le Canada.
"Nous apprécions les Canadiens, mais nous sommes tous très réalistes quant aux possibilités et aux limites", a déclaré l'un des cinq diplomates européens, impliqués dans les négociations et cités par le quotidien britannique.
Selon une autre de ces sources, a précisé le FT, "certaines" capitales européennes montreraient des "inquiétudes quant à la réaction du président américain Donald Trump" face à un renforcement des relations entre l'UE et le Canada.