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🇺🇸 16/09/2026 mondialisation.ca  21min 18 #326896

Des propagandistes clandestins du Pentagone surveillent illégalement les Américains opposés à la guerre

Par  The Grayzone et  Wyatt Reed

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Mi-août, une militante conservatrice utilisant le pseudonyme numérique "Datarepublican" a discrètement admis avoir été employée par le Pentagone en tant que "fonctionnaire spéciale". Pendant des mois, elle a encaissé un salaire versé par le gouvernement tout en menant intensément un lobbying en ligne en faveur des aventures impérialistes du président Trump et en répertoriant les détracteurs les plus virulents dans une base de données numérique.

Datarepublican a été identifiée en 2025 comme étant Jennica Pounds, une mère de famille résidant dans l'Utah qui compte près d'un million d'abonnés, dont la  raison d'être déclarée est de "combattre les communistes" - une étiquette qu'elle applique sans retenue à quiconque s'affiche plus à gauche que Barry Goldwater [membre du parti républicains considéré comme le refondateur du mouvement conservateur aux États-Unis].

Et elle n'est pas la seule. Jennica Pounds s'est imposée comme le visage d'une nouvelle vague d'influenceurs de droite employés secrètement par le ministère américain de la Guerre pour diffuser de la propagande pro-gouvernementale. Le 29 août, des journalistes du Washington Post ont révélé qu'au moins trois autres activistes numériques travaillent clandestinement pour le Pentagone, qui les désigne soit comme des agents spéciaux du gouvernement (SGE), soit comme ce que l'armée américaine appelle des "experts hautement qualifiés" (HQE).

Parmi les membres de l'armée d'influenceurs du Pentagone figurent le colonel à la retraite de l'armée de l'air Rob Maness, ainsi que les colonels à la retraite de l'armée de terre Kurt Schlichter et Thomas Anderson. À l'instar de Jennica Pounds, Anderson opérerait également dans un relatif anonymat jusque récemment, publiant sous le pseudonyme Twitter "Cynical Publius".Schlichter, quant à lui, est un troll de droite prolifique qui a  souvent fantasmésur le nettoyage ethnique et l'extermination des Palestiniens.

Cette opération serait en violation de deux lois fédérales, la loi Hatch et la loi Smith-Mundt, qui interdisent respectivement aux fonctionnaires de se livrer à des activités politiques pendant leurs heures de travail et de diriger leurs activités de propagande vers la population américaine.

Les militants d'extrême droite précités sont les seuls connus à avoir travaillé secrètement pour le ministère de la Guerre. Mais ces révélations sur la propagande rémunérée du Pentagone interviennent alors que l'armée américaine multiplie les partenariats obscurs avec d'éminents influenceurs conservateurs, comme Erika Kirk, veuve de Charlie Kirk, figure de proue du TPUSA,  nommée en mars par Trump au Conseil des visiteurs de l'Académie de l'armée de l'air afin de perpétuer "l'héritage" de l'activiste conservateur assassiné.

Il y a ensuite Laura Loomer, l'alliée de Trump obsédée par l'islamophobie, qui rédige de facto des communiqués de presse pour Pete Hegseth, autoproclamé "secrétaire à la Guerre", et bénéficie d'une accréditation presse auprès du Pentagone. Elle est présentée comme une "conseillère informelle du ministère de la Guerre".

Une propagandiste révèle accidentellement son statut d'employée secrète du Pentagone

À l'instar de  précédentes révélations militaires peu flatteuses, c'est une employée apparemment mécontente qui a révélé que le "ministère de la Guerre" de Hegseth a discrètement commencé à rémunérer des influenceurs en ligne.

Dans un  fil de discussion depuis supprimé initialement publié sur Twitter/X, Jennica Pounds - qui publiait sous le pseudonyme Datarepublican - a affirmé que la sous-secrétaire d'État chargée de la diplomatie publique au Département d'État, Sarah B. Rogers, a tenté de "[lui] tendre un piège" en lui faisant fuiter des documents dans le but, selon elle, de l'inciter à commettre un acte criminel.

"Ce n'est pas correct que l'État profond vous tende un piège pour vous pousser à commettre un crime", s'est emportée Datarepublican, ajoutant : "Je n'ai jamais été aussi en colère de ma vie".

Mme Pounds, s'exprimant sous le pseudonyme de Datarepublican,  s'est plainte amèrement :

"J'ai consulté plusieurs personnes et si cette fuite était autorisée, ils m'auraient simplement envoyé un e-mail. Ils ont essayé de me piéger".

Une heure et demie plus tard, la source mentionnée par Mme Pounds s'est identifiée comme étant la sous-secrétaire d'État de Trump, écrivant : "lol, ce sont mes SMS et mes documents". Mme Rogers aurait décidé de récompenser Mme Pounds en lui accordant un accès exclusif aux dossiers, a-t-elle expliqué :

"Je voulais te donner la possibilité de 'révéler' l'affaire, en quelque sorte en guise de cadeau". Mais comme Pounds a rejeté ce cadeau inattendu dans un accès de paranoïa, Rogers a annoncé : "Je me ferai un plaisir de divulguer moi-même ces documents".

Les documents en question concernaient le Global Engagement Center (GEC), une agence du Département d'État créée sous Obama et officiellement destinée à contrer les "opérations de propagande et de désinformation" étrangères sur les Américains. Les détracteurs affirment que le GEC a violé l'esprit - sinon à la lettre - de la loi Smith-Mundt, car il cible ouvertement le public américain et se contente de déléguer ses efforts nationaux de "lutte contre la désinformation" à diverses ONG et plateformes de données externes.

Comme l'a expliqué Mme Rogers du Département d'État, les dossiers montrent que le GEC attribuait en réalité la responsabilité de la dissolution du Disinformation Governance Board (DGB) de Biden - qui n'aura eu qu'une existence éphémère - à des puissances étrangères, affirmant que la démission de l'ancienne directrice du DGB, Nina Jankowicz, avait été un cas où la "désinformation liée au genre" a eu un "impact direct substantiel aux États-Unis". Lors de son lancement en 2022, le DGB, sous-division du Département de la sécurité intérieure, a été vivement raillé sur les réseaux sociaux, où il s'est rapidement vu attribuer le surnom de "ministère de la Vérité".

Mme Jankowicz, une ancienne fan de théâtre un peu trop ambitieuse qui  s'en est prise publiquement à notre média à  plusieurs reprises,  accusant sans fondement The Grayzone de diffuser une "désinformation incroyablement préjudiciable", a été clouée au pilori en tant que "Mary Poppins de la désinformation" après avoir publié une parodie pro-censure, pour le moins embarrassante, de la chanson la plus mémorable du film classique, "Supercalifragilisticexpialidocious".

Le DGB a été clôturé quelques mois seulement après sa création en 2022, dans un contexte de préoccupations généralisées concernant la censure,  a écrit Rogers, et le GEC n'a pas tardé à suivre. L'agence du Département d'État s'est retrouvée de fait privée de financement fin 2024 lorsque le Congrès a refusé de le renouveler, et sa fermeture a été définitivement prononcée lorsque le secrétaire d'État de Trump, Marco Rubio, a entièrement démantelé le service en avril 2025.

Alors que la confrontation houleuse entre les deux femmes de droite s'envenimait, le site d'extrême droite AF Post a avancé la théorie selon laquelle Pounds travaillait secrètement pour le Pentagone, la décrivant comme une "employée du ministère de la Guerre" dans un message publié le 21 août sur Twitter. Trois jours plus tard, l'armée américaine a corroboré cette hypothèse,  en confirmant à un journaliste du Pentagone que

"Mme Pounds travaille au ministère de la Guerre en tant qu'employée gouvernementale spéciale".
Les SGE et le gel des embauches

Avant l'arrivée au pouvoir de l'administration actuelle, le statut d'"employé spécial du gouvernement" (SGE) était principalement utilisé pour recruter des travailleurs spécialisés temporaires chargés d'exercer des fonctions de conseil limitées et à court terme au service de l'État, tout en continuant à être employés par une autre entité. Mais sous Trump qui a instauré un gel des embauches au niveau fédéral dès son entrée en fonction en janvier 2025, le gouvernement fédéral a de fait cessé d'accepter les candidatures de futurs fonctionnaires classiques. Aujourd'hui, des organismes de surveillance ont  tiré la sonnette d'alarme face à une évolution "sans précédent" consistant à délaisser le recrutement de fonctionnaires à part entière au profit des SGE afin de contourner les réglementations fédérales en matière de conflits d'intérêts.

Cette stratégie a d'abord été testée avec Elon Musk, nommé employé spécial du gouvernement lorsqu'il a mené une politique de réduction des dépenses à la tête du tout nouveau Département de l'efficacité gouvernementale (DOGE). À cette époque, Mme Pounds s'est fait connaître dans les milieux médiatiques de droite comme une fervente supporter des initiatives de Musk.

Lorsque Mme Pounds a finalement été démasquée en tant qu'employée spéciale du gouvernement en août, sa proximité avec le Pentagone faisait l'objet de rumeurs depuis plusieurs mois, notamment depuis avril 2026, date à laquelle elle s'est vantée sur Twitter  d'être devenue membre "officiellement accréditée du corps de presse du Pentagone". Cet arrangement a été facilité par le porte-parole adjoint du Pentagone, Joel Valdez, à qui elle a rendu hommage en affirmant qu'il a "[déplacé] des montagnes pour permettre cet arrangement unique".

Quelques mois plus tard, alors que l'indignation grandissait suite à la révélation du rôle de Mme Pounds en tant que propagandiste rémunérée par le gouvernement, le Pentagone a tenté d'éteindre l'incendie en soulignant que l'accréditation de presse de Pounds "avait expiré en juin 2026 et qu'elle n'en avait pas demandé le renouvellement". Elle aurait simplement "commencé à travailler pour le ministère en juillet 2026".

On a toutefois omis de mentionner que cet arrangement extrêmement inhabituel a permis à une fidèle partisane de Trump d'obtenir une accréditation pour couvrir de près les affaires du Pentagone en tant que journaliste prétendument indépendante, avant d'être recrutée, à peine un mois plus tard, pour défendre les actions de l'armée américaine en tant que fonctionnaire officielle.

Un  article élogieux publié par Deseret News suggère toutefois que le passage de Mme Pounds à la fonction publique n'était pas une aberration. Au contraire, son nouveau poste était apparemment en préparation depuis au moins le début de l'année 2025 :

"Mme Pounds a déclaré ne pas être en mesure de 'discuter des détails concernant d'éventuels employeurs', mais elle a laissé entendre qu'elle pourrait 'travailler au sein du gouvernement' à l'avenir, et a précédemment indiqué attendre une 'vérification des antécédents' au niveau fédéral",

a précisé le média dans un article  daté du 11 mars 2025.

Après que l'identité de Pounds en tant qu'employée du gouvernement fédéral a été révélée, ses proches et ses collègues se sont exprimés sur les réseaux sociaux pour défendre ses intérêts.

"Être une 'fédérale' n'était autrefois négatif que pour les délinquants", s'est  indignée la mère de Pounds sur Twitter, se plaignant que "désormais, les gens utilisent ce terme comme une insulte"

à l'encontre de sa fille. Le message a depuis été supprimé.

D'autres ont cherché à défendre leurs activités à temps partiel au Pentagone en renversant la situation au détriment de leurs détracteurs. Sous le pseudonyme de "Cynical Publius", Anderson a adopté  les tactiques classiques du DARVO et est immédiatement passé à l'offensive,  accusant

"un employé fédéral" d'avoir "commis un délit pénal en violation de la loi sur la protection de la vie privée de 1974 en divulguant mes informations personnelles identifiables" au Washington Post.

Cependant, avoir été démasqués en tant que fonctionnaires n'a finalement guère empêché les propagandistes du Pentagone de poursuivre leurs publications régulières. Tous les quatre ont continué à utiliser les réseaux sociaux pour défendre l'agression impérialiste au Moyen-Orient. Pour la plupart, leur tâche semble consister principalement à publier des commentaires faisant l'éloge de Trump et de Hegseth et dénigrant leurs détracteurs.

Dans le cas de Jennica Pounds, cependant, son activité en ligne s'est avérée nettement plus inquiétante, soulevant de nouvelles questions quant à sa légalité.

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Le "DSA Explorer" de Jennica Pounds, employée spéciale du Pentagone, traque et diabolise les militants américains, souvent à partir de données erronées.

Traquer les militants anti-guerre : de nouvelles inquiétudes quant à la légalité

Le 28 août, cette employée spéciale du Pentagone a dévoilé une nouvelle base de données numérique, baptisée "DSA Explorer", qui suit ceux qu'elle accuse de "graviter autour de l'axe anti-impérialiste".

Aux côtés des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA), la page présente un vaste réseau, quasi opaque, de liens entre des groupes tels que Black Lives Matter, CODEPINK, Pastors for Peace, le parti grec Syriza et la NAACP. Le site,  a écrit Pounds, répertorie les personnes et organisations qui composent "le réseau plus étendu de solidarité anti-impérialiste".

Parmi les personnes répertoriées figurent des personnalités aussi diverses que Dianne Abbott du Parti travailliste britannique, l'ancien président colombien Gustavo Petro et le rappeur engagé Talib Kweli. Espérant manifestement susciter une enquête des autorités fédérales, Pounds accuse des dizaines de personnes figurant sur la liste d'agir en tant qu'"agents étrangers potentiels non enregistrés".

Ironie du sort, les efforts de Pounds pour censurer et mettre sur liste noire ses adversaires ressemblent fortement à ceux de l'ancienne "tsarine de la désinformation" Nina Jankowicz, également officiellement habilitée par le gouvernement américain à cibler les ennemis politiques présumés du régime. Déterminée à criminaliser les militants de gauche pour des crimes imaginaires, Pounds imite désormais les censeurs de l'État profond contre lesquels elle s'insurgeait autrefois.

Mais en poursuivant nommément des citoyens américains avec un dispositif de surveillance maccarthyste, Pounds pourrait s'exposer à des poursuites judiciaires de la part de ses cibles. Peut-être consciente de la précarité juridique de son projet maladroit de dénonciation publique, elle a ajouté sur la page une "clause de non-responsabilité" rédigée en petits caractères et en jargon juridique, affirmant que ce contenu n'est destiné qu'à des "fins de recherche, d'éducation et de journalisme".

Sa liste noire, écrit Pounds, est

"présentée telle quelle, sans garantie d'aucune sorte", car elle "peut contenir des erreurs ou des omissions et ne prétend pas être exhaustive, à jour ou exacte à 100 %".

Les liens qu'elle allègue relèvent de la fiction créative, suggère le texte :

"Les associations présumées, idéologiques et entre mécènes et sphères d'influence sont des interprétations analytiques, et non des déclarations de fait".

Bien qu'elle affirme que bon nombre de ses cibles sont des "agents étrangers potentiels non enregistrés", la clause de non-responsabilité de Mme Pounds insiste sur

"l'absence de toute allégation de comportement illégal de la part d'une personne ou d'une organisation nommée". Pour bien faire passer le message, le texte conclut : "L'auteur décline toute responsabilité quant à l'utilisation ou à la confiance accordée à son contenu".

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Si une telle clause de non-responsabilité peut se justifier lorsqu'elle est émise par un simple citoyen, on peut se demander si les mêmes normes s'appliquent aux fonctionnaires. Mais Mme Pounds ne semble guère préoccupée par la perspective des conséquences que pourraient entraîner ses actes.

Quelques jours après le lancement de "DSA Explorer", Pounds a publié une base de données quasi identique consacrée aux anarchistes et aux militants antifascistes des Amériques et d'Europe qui utilisent la plateforme "Noblogs",présentant des informations apparemment volées et qui lui auraient été transmises par le gouvernement américain.

Les fichiers "Noblogs" ont été saisis auprès du collectif anarchiste italien Autistici Inventati, ou A/I, qui fournit des services de messagerie électronique et d'hébergement à des milliers de sites web de gauche des deux côtés de l'Atlantique avant d'être piraté par une faction du gouvernement américain - quelques jours seulement après que le Département d'État  eut déclaré A/I "groupe terroriste mondial spécialement désigné". Lorsqu'elle a été prise d'assaut le 26 août, la page a été altérée par un message informant les utilisateurs que toutes leurs informations ont été "enregistrées et transmises au gouvernement américain".

Cette affirmation a été immédiatement  confirmée par Pounds, qui a déclaré disposer d'informations privilégiées sur le piratage :

"Je peux confirmer que les autorités disposent de tout ce qui se trouve sur les serveurs de NoBlogs".

Cette déclaration suggère fortement qu'elle utilise ses accès au sein du gouvernement pour établir ses listes noires, et laisse entendre que Washington soutient, au moins tacitement, ce projet de surveillance.

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Qui d'autre travaille secrètement pour le Pentagone ?

Alors que Pounds, Maness, Schlichter et Anderson ont été contraints d'admettre avoir collaboré avec le Pentagone sans l'avoir préalablement publiquement déclaré, on ignore toujours si le ministère de la Guerre emploie d'autres collaborateurs spéciaux, ou si le Pentagone en rémunère d'autres par l'intermédiaire de tiers. Mais une personnalité MAGA extrêmement influente proche du Pentagone - à tel point qu'elle a fait le trajet jusqu'à Guantanamo Bay avec le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth - est Laura Loomer.

En plus d'avoir fait la une des journaux pour avoir accusé des législateurs d'origine africaine d'être des  "salopes noires des ghettos", Loomer a également récemment orchestré une croisade contre The Grayzone et son rédacteur en chef, Max Blumenthal. Alors que M. Blumenthal couvrait depuis l'Iran les funérailles du Guide suprême assassiné, l'ayatollah Khamenei, Mme Loomer a exigé son arrestation, écrivant sur les réseaux sociaux :

"Si le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, est digne de son poste, il ordonnera que M. Blumenthal soit débarqué de l'avion [à son retour aux États-Unis], placé en détention et que son passeport soit suspendu".

Cinq jours après sa publication, Blumenthal s'est vu confisquer ses appareils électroniques par des agents des douanes et de la police des frontières à l'aéroport international de Dulles, à l'issue d'un interrogatoire qui a repris mot pour mot le récit délirant exposé par Loomer. Loomer s'est immédiatement attribué le mérite de cet incident,  se vantant d'avoir "signalé [Blumenthal] aux autorités" et  déclarant à Blumenthal :

"Pour moi, tu es un sous-humain. Je te considère comme un spécimen politique à empailler que je pourrais accrocher à mon mur".

Jenin Younes, président du Comité américano-arabe contre la discrimination - qui représente Blumenthal dans un procès en cours contre le Département de la Sécurité intérieure -  a ensuite résumé l'incident :

"Dans le cas de Max, Laura Loomer, une proche alliée du président Trump, a réclamé l'arrestation de Max alors qu'il se trouvait encore à l'étranger en raison de son activité journalistique et de ses opinions. Loomer s'est vantée d'avoir dénoncé Max aux autorités fédérales et s'est de fait attribué le mérite de la saisie de ses téléphones. Compte tenu de l'influence bien documentée de Loomer sur le président Trump, il est fort probable que son intervention ait conduit à cette perquisition et à cette saisie illégales".

Lorsque Hegseth a tenté, en octobre 2025, de contraindre des correspondants de longue date au Pentagone à signer des serments de loyauté draconiens, provoquant un départ massif des journalistes militaires, Loomer est immédiatement intervenue pour combler le vide. Quelques jours seulement après que les bureaux de presse ont été évacués, elle faisait partie d'un groupe hétéroclite d'influenceurs conservateurs à qui des accréditations de presse ont été délivrées à tout va. Lorsque ce groupe s'est réuni pour sa première conférence de presse en décembre, Loomer a été l'une des premières à  prendre la parole.

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Quelques mois plus tard, Loomer a atteint un nouveau degré de bassesse en déclarant publiquement que  les Américains auraient peut-être  "besoin d'un autre 11 septembre" pour comprendre que

"ce n'est pas une si bonne idée de permettre aux musulmans de s'impliquer dans notre processus politique aux États-Unis".

Cette remarque n'a apparemment pas inquiété Hegseth ni son ministère de la Guerre, qui a invité Loomer à visiter, quelques jours plus tard, le camp de concentration de l'armée américaine situé sur le territoire cubain occupé de la baie de Guantanamo.

Dans une interview réalisée en octobre 2025 avec l'ancienne députée Majorie Taylor Greene, cible des attaques virulentes de Loomer, Tucker Carlson  a qualifié Loomer de

"sorte de conseillère informelle du ministère de la Défense errant dans les couloirs du Pentagone".

À ce jour, la proximité de Loomer avec les dirigeants du Pentagone est toujours évidente. Elle a refait surface tout récemment lorsque, début septembre, celle qui se présente comme une  "défenseuse des Blancs" a affirmé détenir des informations de première main sur la récente disparition d'Hegseth des ondes de Fox News où il travaillait avant de rejoindre le ministère de la Guerre.  Citant une "source haut placée au sein du ministère de la Guerre" dont elle n'a pas révélé le nom, Loomer a consciencieusement rapporté la version des faits de Hegseth, affirmant que Fox serait en colère parce qu'il aurait refusé d'accorder un traitement de faveur à la chaîne lors de l'attribution des accréditations de presse.

À ce jour, rien ne prouve concrètement que Loomer travaille en tant qu'employée spéciale du gouvernement au Pentagone. Mais ses activités ressemblent fortement à celles attribuées à des SGE/HQE comme Pounds, Maness, Schlichter et Anderson.

Aujourd'hui, Loomer réclame une enquête gouvernementale sur Max Blumenthal et exige qu'il soit poursuivi au pénal pour son travail de journaliste. La question s'impose : pour qui travaille-t-elle exactement ?

The Grayzone et Wyatt Reed

Article original en anglais :  Covert Pentagon propagandists are tracking anti-war Americans, skirting the law, The GrayZone, le 16 septembre 2026.

Traduit par  Spirit of Free Speech

La source originale de cet article est  The GrayZone

Copyright ©  The Grayzone et  Wyatt Reed,  The GrayZone, 2026

Par  The Grayzone et  Wyatt Reed

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