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Le président guinéen Mamadi Doumbouya (à gauche) au Kenyatta International Convention Centre lors de la deuxième journée du sommet "Africa Forward" à Nairobi, au Kenya, le 12 mai 2026
La Haute Autorité de la Communication guinéenne a mis en demeure France 24 le 16 septembre 2026. Elle lui reproche d'avoir employé un terme "inapproprié" pour désigner le président Mamadi Doumbouya dans son édition du 15 septembre, exigeant des rectifications sous peine de sanctions.
L'organe de régulation des médias en Guinée, la Haute Autorité de la Communication (HAC), a officiellement mis en demeure la chaîne française après la diffusion d'une édition jugée contraire aux règles déontologiques. Selon la HAC, France 24 a ignoré la légitimité issue des urnes en utilisant un qualificatif considéré comme dégradant à l'encontre du chef de l'État.
Un "manquement aux obligations d'impartialité"Dans une décision signée par son président Boubacar Yacine Diallo, la Haute Autorité de la Communication estime que l'édition du 15 septembre constitue un manquement grave. La chaîne a "sciemment choisi d'ignorer la légitimité issue des urnes en employant un tel qualificatif à l'encontre d'un Président de la République démocratiquement élu", caractérisant ainsi une "atteinte flagrante à l'honneur des institutions républicaines et à la dignité du Chef de l'État".
Le terme en cause, "président putschiste", fait référence au coup d'État de 2021 par lequel Mamadi Doumbouya était arrivé au pouvoir, avant d'être élu en décembre 2025 dans une élection qui s'est tenue, selon la Communauté économique des É tats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union africaine (UA) et l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), "dans le calme et la discipline".
En Guinée, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a officiellement mis en demeure France 24 après qu'un présentateur a qualifié Mamadi Doumbouya de "président putschiste", en référence à son arrivée au pouvoir par un coup d'État en 2021. Sans prononcer de sanction, le... pic.twitter.com/5DbZt3kUKY
- TRT Afrika Français (@trtafrikaFR) September 17, 2026
Pour la HAC, ce choix éditorial viole les obligations d'exactitude, d'impartialité et d'équilibre imposées au traitement de l'information, ainsi que les dispositions réglementaires sur la liberté de la presse en Guinée.
France 24 a reconnu une erreur et annoncé des excuses à l'antenne. Selon le média turc TRT Afrika, cette affaire "illustre aussi la volonté des autorités guinéennes de faire respecter leur propre cadre institutionnel et leur souveraineté narrative face aux médias occidentaux".
La HAC exige de France 24 la cessation immédiate de l'usage des termes incriminés et la réalisation de rectifications éditoriales sur l'ensemble de ses plateformes numériques. En cas de non-respect ou de récidive, elle se réserve le droit d'appliquer les sanctions prévues par la législation guinéenne.
En avril, un autre État d'Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso avait suspendu la chaîne française TV5 Monde pour "désinformation et apologie du terrorisme".