📉 17/09/2026 french.presstv.ir  3min 2 #326958

 Crise franco-algérienne : 600 entreprises françaises exportatrices ont fait faillite en 2025

Tensions entre Paris et Alger : des centaines d'entreprises françaises exportatrices ont fait faillite en 2025

1000px/561px - 67.26 Koreduce by 50%del

L'Institut Montaigne a publié une note passant en revue plusieurs aspects de la crise qui a affecté les relations entre l'Algérie et la France, ainsi que le recul de la présence française sur le marché algérien, sur fond de tensions bilatérales, de méfiance à l'égard de Paris et de concurrence accrue des autres partenaires d'Alger.

Une note d'éclairage de 80 pages intitulée "France-Algérie : sortir de l'émotion", publiée en septembre par l'Institut Montaigne, revient sur plusieurs dimensions de la crise entre Alger et Paris. Sur le plan économique, elle fait notamment état de quelque 600 faillites d'entreprises françaises exportatrices vers l'Algérie pendant la crise de 2025.

Les auteurs de la note, Michel Duclos et Augustin Motte, soulignent que les relations économiques de la France avec l'Algérie sont moins développées qu'avec certains autres pays de la région. L'Algérie n'arrive ainsi qu'en troisième position parmi les partenaires de la France dans la région MENA, derrière le Maroc et les Émirats arabes unis.

Du côté des entreprises, "2 000 entreprises françaises opèrent au Maroc et autant en Tunisie ; le chiffre est quatre fois moins important en Algérie", relève la note. Quant aux échanges commerciaux entre la France et l'Algérie, leur volume s'élevait à 11 milliards d'euros en 2024. Les échanges de la France avec le Maroc et la Tunisie dépassaient ce niveau, "alors même que leurs sous-sols ne renferment que peu d'hydrocarbures", observent les auteurs.

Méfiance à l'égard de la France et accès restreint aux marchés stratégiques algériens

Malgré un portefeuille diversifié d'investissements français en Algérie, notamment dans les hydrocarbures, l'agroalimentaire, l'électricité et la santé, la note pointe une "méfiance à l'égard de la France particulièrement renforcée depuis 2019".

Selon l'Institut Montaigne, cette évolution s'est traduite par "une restriction systématique de l'accès de la France aux marchés stratégiques algériens", notamment celui du blé. Jusqu'en 2019, entre 80 et 90 % des importations algériennes de blé provenaient de France ; cette part a ensuite fortement chuté.

Le recul de la présence française sur le marché algérien a bénéficié à d'autres partenaires, notamment la Chine, la Turquie et l'Italie. Cette dernière est présentée dans la note comme un "cas emblématique" : elle "n'a jamais manqué l'occasion de profiter des carences de la France dans sa relation avec l'Algérie".

Les auteurs soulignent toutefois une "relative résilience de la part de marché française". Sur les quelque 5 000 entreprises françaises qui exportent vers l'Algérie, un tiers seulement y réalise plus du quart de son chiffre d'affaires.

Ils mettent néanmoins en garde contre les conséquences économiques d'une aggravation des tensions diplomatiques. Les "quelque 600 faillites d'entreprises françaises exportatrices vers l'Algérie pendant la crise de 2025" témoigneraient, selon l'Institut Montaigne, de la réalité de ce risque.

 french.presstv.ir