🌎 18/09/2026 palestine-solidarite.fr  15min 14 #327024

Malgré les menaces des Etats-Unis, la présidente Delcy Rodriguez renforce les programmes sociaux de la révolution bolivarienne.

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Fin août, le Venezuela a signé un accord pétrolier majeur avec les États-Unis. Le président Trump étant largement connu comme voleur, menteur et vantard - qu'il s'agisse du Venezuela ou de l'Iran, la réalité de cet accord est difficile à saisir au premier abord. Il faut démêler le vrai du faux dans les déclarations de Trump et de Rubio, entre récit médiatique et réalité.

Dès 2025, les États-Unis avaient fait savoir aux dirigeants chavistes que leur force de frappe massée dans les Caraïbes leur permettait de bombarder l'ensemble de la population. Une option consistait à résister sans disposer des moyens militaires dont disposent des pays comme l'Iran, et sans véritable soutien du "monde multipolaire". L'autre option était résister d'une manière différente, en évitant l'immolation collective et la destruction définitive de la Révolution bolivarienne. Après tant de nuits sans retour (Chili 1973, Panama 1989, etc...), les chavistes ont refusé de s'immoler. Au grand dam de la gauche du Nord global, ils ont refusé de "mourir pour la révolution" et ont décidé de "vivre pour la faire". La priorité a été de préserver la vie du peuple et la paix politique reconquise en 2017, lorsque le Venezuela a surmonté une vague de guarimbas [violences fascistes] qui avait causé fait plus de 80 morts. Delcy Rodriguez demeure fidèle à la Révolution bolivarienne, mais elle s'est engagée dans une négociation délicate et existentielle pour l'avenir du Venezuela, avec un pistolet sur la tempe. Il faut garder l'esprit lucide et comprendre que le Venezuela tente de naviguer dans un rapport de force asymétrique face à une meute sanguinaire déterminée à imposer sa domination sur l'ensemble de l'hémisphère occidental.

Donald Trump se vante aujourd'hui de "reconstituer les réserves pétrolières des États-Unis avec du pétrole vénézuélien". Si ses partisans peuvent croire à cette affirmation, la réalité est bien différente. Un volet majeur du nouvel accord porte sur un investissement de 100 milliards de dollars permettant à l'entreprise états-unienne Blue Energy Partners d'élever sa production de trois à dix-sept champs pétrolifères. Mais la construction d'infrastructures, l'extraction et le raffinage sont des opérations de longue haleine qui ne permettront pas de remplir les réserves pétrolières états-uniennes dans un avenir immédiat. Les estimations diffusées depuis les États-Unis - prévoyant l'extraction de 65 milliards de barils sur une période de 25 ans - sont contredites par les réalités de l'ingénierie des gisements ; ce qui est techniquement réalisable pour les entreprises privées correspond à environ 20 % de ce chiffre (soit quelque 17 milliards de barils), tout en respectant la propriété constitutionnelle de l'État sur ces ressources. Quoi qu'il en soit, ces projets sont perçus par les travailleurs et les syndicats du secteur pétrolier comme une avancée pour retrouver, voire dépasser, les niveaux de production antérieurs d'une compagnie publique pétrolière fortement abîmée par le blocus occidental.

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Photos : La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a rencontré le 4 septembre 2026
des travailleurs des secteurs pétrolier, gazier et pétrochimique, pour expliquer les détails des accords.

"À quoi bon garder un champ de gisements vierges sous nos pieds alors que nous avons un besoin urgent de vivre, de sortir du blocus occidental, de renflouer les caisses de l'État, de remettre sur pied nos hôpitaux, de reconstruire nos écoles, les logements des victimes du tremblement de terre ou notre système électrique, et d'augmenter enfin les salaires" ? La longue et difficile négociation avec les États-Unis menée par le gouvernement bolivarien explique la popularité de Delcy Rodriguez (1). Travailleurs, syndicats, bases du PSUV (principal parti chaviste), Forces Armées Bolivariennes, communes populaires et une grande partie de la population appuient la volonté de reconstruire les moyens du bien-être social, même s'ils ne font pas plus confiance à l'impérialisme que ne le fait n'importe quel peuple latino-américain.

La Révolution bolivarienne a utilisé les revenus pétroliers pour investir dans d'autres secteurs et diversifier son économie. Le pétrole demeure son principal moteur économique. Il a constitué la "poule aux œufs d'or" pour financer le programme d'Hugo Chávez, la réduction de l'extrême pauvreté et de l'analphabétisme, l'accès gratuit aux soins de santé et à l'éducation. La présence de compagnies pétrolières états-uniennes au Venezuela n'est pas inédite ; Chevron a poursuivi ses activités dans le pays sous les mandats de Chávez, de Maduro et, désormais, de Rodriguez. Nicolas Maduro avait élaboré cette politique dès la loi anti-blocus de 2020 et l'avait réexpliquée à Ignacio Ramonet quelques jours avant son enlèvement : "Si les États-Unis veulent du pétrole vénézuélien, le Venezuela est prêt à accueillir des investissements états-uniens, comme ce fut le cas avec Chevron, on peut en parler quand ils veulent et où ils veulent." (2)

Lors de la visioconférence hebdomadaire réunissant des syndicalistes internationaux le 4 septembre, Jorge Arreaza, député à l'Assemblée nationale et responsable de l'Université nationale des communes, a expliqué en quoi cet accord s'inscrit dans la droite ligne des propos tenus par le président Chávez pendant des années. "Même sur son lit d'hôpital en 2013, *El Comandante* disait : nous devons augmenter la production pétrolière, nous devons vendre aux États-Unis." Francisco Torrealba, également député à l'Assemblée nationale et ancien président du syndicat des travailleurs des transports du Venezuela, a ajouté que cet accord "permet d'obtenir des résultats concrets qui profiteront à la classe ouvrière, amélioreront notre secteur des télécommunications et fourniront des fonds pour moderniser nos infrastructures électriques nationales ainsi que nos services hospitaliers et de soins".

Un sondage réalisé le 7 septembre par l'institut privé vénézuélien Hinterlaces a révélé que 82 % des Vénézuéliens soutiennent cet accord (1). La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a expliqué que l'accord pourrait générer 200 milliards de dollars de recettes fiscales pour le Venezuela sur une période de 25 ans. Visant une augmentation de 1,5 million de barils par jour (bpj), cet accord pétrolier permettrait de plus que doubler la production actuelle.

Il faut se rappeler que depuis 1965, le Venezuela a produit plus de 3 millions de barils par jour (bpj) à vingt reprises, et 2,5 millions de bpj à douze autres reprises. En fait, la production n'était pas tombée en dessous de 2,5 millions de bpj depuis 1993, et ce, jusqu'en 2014. C'est alors que l'administration Obama a instauré des sanctions qui n'ont cessé de se durcir d'année en année. Ce facteur a joué un rôle majeur dans la perte, par le Venezuela, de son principal marché d'exportation - représentant quelque 40 % de ses exportations mondiales totales -, les expéditions vers les États-Unis étant passées de 300 000 barils à zéro en 2020. Cette situation a entraîné un manque à gagner de plus de 200 milliards de dollars, soit l'équivalent de 213 % du PIB du Venezuela. Elle est la cause principale de la destruction du salaire légal dont Chávez avait fait le plus élevé du continent, de la destruction des services publics et du départ de son personnel lors de la migration économique massive. Familles séparées, entreprises fermées, fuite de capitaux... Une situation sans équivalent dans l'histoire du pays.

En 2020, année de la pandémie, l'économie vénézuélienne ne représentait plus qu'un quart de ce qu'elle était en 2012, sous Chávez. Trois quarts de production de biens et de services en moins ; trois quarts en moins pour les salaires, les prestations des travailleurs, les revenus, les budgets publics de l'éducation, de la santé et des programmes sociaux en général. L'asphyxie a été si grave qu'elle a également frappé le secteur privé. En théorie, celui-ci n'était pas couvert par les sanctions, mais, dans les faits, de nombreuses opérations commerciales indispensables - comme l'importation d'intrants, de marchandises et de matières premières destinés à l'économie vénézuélienne ordinaire - ont été bloquées ou partiellement bloquées. Les USA ont imposé 1089 sanctions - contre l'État, le gouvernement, le président, les ministères et les entreprises publiques, mais aussi contre des entreprises étrangères ; des entreprises chinoises et russes ont ainsi été sanctionnées pour avoir maintenu des relations économiques avec le Venezuela.

Nul ne peut garantir que la négociation ne sera pas trahie par l'agresseur. Avec l'impérialisme, impossible de savoir avec certitude. Les administrations Obama et Trump ont toutes deux soutenu les puissances de l'économie privée dans ses pratiques de rétention de stocks et de spéculation abusive sur les prix, tout en attisant les troubles et la violence d'extrême droite, en favorisant la proclamation de présidents autoproclamés et en encourageant des tentatives d'assassinat. Toutes ces tentatives - visant soit à imposer un changement de régime, soit à contraindre le gouvernement vénézuélien à s'asseoir à la table des négociations pour privatiser son secteur pétrolier - ont échoué.

Face à la fermeture du marché états-unien, le Venezuela s'est adapté en réorientant la majeure partie de ses exportations vers la Chine. Après 2020, le pays a connu un redressement remarquable, marqué par une croissance économique qui, entre 2022 et 2024, a figuré parmi les plus élevées d'Amérique latine. Cette dynamique a été brutalement stoppée en 2025 lorsque les États-Unis ont envahi le sud des Caraïbes en déployant 15 000 militaires, des centaines d'avions et des dizaines de navires de guerre ; ils ont alors perpétré des exécutions extrajudiciaires de pêcheurs et eu recours à la piraterie, des navires de la flotte états-unienne saisissant des pétroliers transportant du brut vénézuélien à destination de Cuba et de la Chine.

Alors même que le Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM) renforçait ses effectifs en vue d'un affrontement avec le Venezuela, le président Maduro et le PSUV (principal parti chaviste) veillaient à ce que la population ait accès à des instances démocratiques lui permettant de participer à sa propre défense ainsi qu'à celle de la révolution. Cette volonté d'approfondir la révolution s'est traduite par la création de nouveaux conseils communaux, une restructuration de la direction assurant la parité hommes-femmes, l'intégration des syndicats au sein de l'union civico-militaire, ainsi que par un quasi-doublement des effectifs des milices citoyennes, désormais dotées d'une formation militaire. Ce niveau de préparation a démontré au monde entier qu'une invasion conventionnelle assortie d'une bataille terrestre représenterait une entreprise ardue pour les États-Unis. Ces derniers ont donc écarté cette option, privilégiant plutôt l'enlèvement du président Maduro et de la Première dame, Cilia Flores.

Après le 3 janvier, les États-Unis n'ont pas retiré leurs forces militaires. Le SOUTHCOM est resté à proximité et a rapidement déployé 2 000 soldats, officiellement pour soutenir les opérations de secours après le séisme. Récemment, les États-Unis ont procédé à leur 68e exécution extrajudiciaire dans les Caraïbes, portant le bilan total des morts à 227.

À ce jour, aucun mouvement, qu'il soit national ou international, n'a été assez puissant pour contraindre les États-Unis à lever les sanctions contre le Venezuela, à permettre au pays d'accéder pleinement à ses 5 milliards de dollars d'actifs auprès du FMI, ou à obliger la Banque d'Angleterre à restituer les 5 milliards de dollars d'or vénézuélien. Les négociations ont lieu dans des conditions où la coercition sous-jacente - les sanctions comme la menace militaire - demeure en vigueur. La seule chose qui a changé, c'est que les États-Unis ont commencé à délivrer une série de licences et de mesures administratives qui ne lèvent pas les sanctions, mais ouvrent un espace de négociation sur leur retour au Venezuela dont ils s'étaient eux-mêmes exclus à partir de leur politique de sanctions.

Paradoxalement, le mécanisme draconien et illégal sur les recettes d'exportation établit pour la première fois que les revenus du pétrole vénézuélien sont des fonds appartenant au gouvernement vénézuélien. C'est important, puisque, conséquence du blocus des USA et de l'UE, le Venezuela a des dettes qui dépassent les 200 milliards de dollars. Certaines possibilités s'ouvrent, mais dans un cadre où l'agression se poursuit, où les sanctions restent en vigueur et où le langage utilisé vise à faire croire que le Venezuela s'est rendu : "Désormais, je contrôle les plus grandes réserves du monde, et désormais je dirige le gouvernement vénézuélien." C'est la "diplomatie de l'humiliation". Le fait que le Venezuela parvienne enfin à faire entrer certaines ressources est présenté comme s'il s'agissait d'une sorte de protectorat : "Voici la nouvelle colonie." Certes, au cours des vingt-cinq dernières années, le Venezuela a été un laboratoire pour tester des instruments de guerre commerciale, de déstabilisation et de guerre politique. Mais nous devons aussi comprendre la nature de ce moment, et cela ne peut s'expliquer qu'à partir du point de vue propre au Venezuela.

Certains critiquent le Venezuela de loin, depuis le Nord global, avec une rage qui leur permet peut-être d'oublier leur incapacité de faire la révolution, ou de freiner l'extrême droite dans leurs pays. Des individualités en mal de reconnaissance ont été servies par les algorithmes de la trahison-du-Venezuela lancés par la CIA dès l'agression du 3 janvier. Ces comportements décrivent moins le Venezuela qu'une gauche occidentale où l'instantanéisme et le "ressenti" ont substitué la culture dialectique. Rien ne saurait remplacer l'analyse de pourquoi le Venezuela fait ce qu'il fait.

La ministre des Hydrocarbures, Paula Henao, explique que les accords conclus avec la Chine et la Russie sont garantis, malgré le nouvel accord signé avec les États-Unis : "Nous avons grâce aux accords avec la Chine et la Russie, des entreprises mixtes disposant d'autorisations en vigueur pour mener des activités primaires dans le secteur énergétique vénézuélien. Nous respectons scrupuleusement ces accords. Par ailleurs, l'accord n'implique pas de transfert des ressources présentes dans le pays ; le brut demeure sur le sol vénézuélien et l'État conserve la propriété des ressources. La Constitution et la Loi organique sur les hydrocarbures garantissent de manière inaliénable que la propriété du sous-sol appartient à la République." (3)

La Révolution bolivarienne a dû s'adapter et encaisser un coup très dur, tout en parvenant à tirer parti d'un accord conforme à ses objectifs et à ses besoins, tant à court qu'à long terme. Le PSUV est toujours au pouvoir et la Révolution bolivarienne poursuit sa marche de transfert de pouvoir aux communes. La présidente appuie la construction de l'économie communale comme alternative au capitalisme (4). Trump et Rubio doivent passer par le gouvernement populaire pour conclure des accords. María Corina Machado et l'extrême droite ne sont pas au pouvoir. Tout cela montre que la révolution conserve le soutien populaire et sa capacité à surmonter les obstacles et à renaître.

"Je sais que cela peut paraître étrange, explique Sandew Hira, historien né au Suriname et vivant aux Pays-Bas, mais je crois que l'attaque états-unienne - qui n'a pas offert aux États-Unis une victoire stratégique - peut ouvrir la voie à une victoire stratégique de la Révolution bolivarienne.

Les victoires électorales des chavistes n'étaient pas écrasantes : elles se jouaient généralement sur des marges de 5 à 10%. La principale carte de l'opposition était la menace d'une intervention états-unienne visant à renverser l'ensemble du système. L'attaque a effectivement eu lieu, tuant 48 combattants vénézuéliens et 32 combattants cubains et conduisant à l'enlèvement du président et de son épouse. Pourtant, le système a survécu. Dans la propagande de Trump, Washington contrôle les ressources du Venezuela. Pour le gouvernement bolivarien, le défi consistera à transformer les revenus pétroliers en bénéfices économiques de long terme : reconstruction des infrastructures publiques, renforcement des secteurs non pétroliers et création de mécanismes garantissant que les revenus profitent à l'ensemble de la population. Une occasion historique pourrait s'ouvrir : celle d'un soutien populaire croissant à la Révolution bolivarienne. Contrairement à la théorie marxiste de la lutte des classes, il est possible, dans certaines circonstances, de promouvoir une révolution plaçant la prospérité économique au cœur de sa mission et ouvrant donc la porte à l'investissement étranger pour le développement économique, comme l'a démontré la Chine.

Dans quatre ans, un nouveau cycle électoral aura lieu. Si les chavistes parviennent à se maintenir au pouvoir, ils seront en mesure de se relever considérablement de la défaite tactique du 3 janvier. Par ailleurs, les États-uniens ne contrôlent ni les forces armées ni les services de renseignement, deux composantes cruciales de la structure sécuritaire de l'appareil d'État. Ils n'accepteront pas le statu quo. Dans les années à venir, de nouveaux affrontements avec les États-Unis auront lieu ; ils seront brutaux et sanglants. Quelle forme prendront-ils ? Les chavistes trouveront-ils le moyen de reconstruire le mouvement après une défaite tactique et de se préparer à la prochaine phase de confrontation avec les États-Unis ?

Le mouvement international de solidarité avec le Venezuela est, lui aussi, confronté à des difficultés, en particulier lorsqu'il tente de comprendre la situation dans le pays. Nous pouvons exprimer notre déception face à telle ou telle décision prise par la direction bolivarienne. Mais nous devrions nous demander : quelle alternative proposons-nous, nous-mêmes ? À mon avis, cette alternative se construira au sein du Mouvement bolivarien. Il y a dans ce mouvement de nombreuses personnes intelligentes qui réfléchissent à la prochaine phase de confrontation avec les États-Unis et à la manière de s'y préparer."

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Photos : Delcy Rodríguez, avec le vice-président des relations intérieures et le secrétaire général du PSUV, Diosdado Cabello, lors du 18 anniversaire de la Jeunesse du Parti Socialiste Uni du Venezuela (JPSUV), principal parti chaviste, le 12 septembre 2026.

Sources : Venezuela's Asymmetric Negotiation with the United States: A Conversation with William Castillo, by Cira Pascual Marquina  mronline.org;  fightbacknews.org by Jim Byrne and Bri Smith ; et  ciudadccs.info

Traduction : Thierry Deronne

Notes :

(1) Lire  hinterlaces.net et  2097792270414041326

(2) Lire  venezuelainfos.wordpress.com

(3)  globovision.com

(4)  laradiodelsur.com.ve

Source : Venezuela Infos
 venezuelainfos.wordpress.com

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