Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, chargé des questions juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, affirme que les États-Unis ne peuvent se soustraire à leur responsabilité dans les crimes de guerre commis en Iran en se retirant du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
Dans un message publié vendredi sur X, Gharibabadi a déclaré que la communauté internationale reconnaît désormais les frappes américaines contre une école à Minab et un complexe sportif à Lamerd comme des "crimes de guerre flagrants", et pas comme de simples erreurs opérationnelles.
"L'histoire n'oubliera pas", a écrit Gharibabadi, en référence à l'attaque du 28 février contre l'école primaire Shajareh Tayyebeh dans la ville de Minab, dans le sud du pays, qui a fait 168 morts, dont de nombreux enfants. Il a également évoqué la frappe contre un complexe sportif à Lamerd, dans la province de Fars, ayant elle aussi causé des victimes civiles.
Le responsable iranien a ajouté que "les États-Unis ne peuvent se soustraire à leurs responsabilités en quittant le Conseil des droits de l'homme".
Ces déclarations interviennent après l'annonce, jeudi, par le département d'État américain, du retrait de Washington du Conseil. Les États-Unis ont accusé l'organe onusien de promouvoir une "rhétorique anti-américaine" et d'adopter une approche trop conciliante envers les gouvernements qu'ils accusent de réprimer leurs populations.
Ce retrait fait suite à la publication du rapport de la Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur la République islamique d'Iran (MIIFIA), qui examine la conduite américaine depuis le début du conflit, le 28 février 2026. La mission, mandatée par l'ONU, a déclaré avoir des "motifs raisonnables" de croire que les forces américaines étaient responsables de deux attaques indiscriminées contre des civils et des infrastructures civiles en Iran, qualifiant ces actes de crimes de guerre.
L'un des incidents concerne une frappe de missile Tomahawk sur l'école primaire Shajareh Tayyebeh. La mission a précisé que l'école était un établissement civil clairement identifiable, et n'a trouvé aucune preuve qu'elle aurait pu être utilisée à des fins militaires au moment de l'attaque. Les enquêteurs ont précisé que la signalétique, les fresques murales destinées aux enfants et les aires de jeu ne laissaient aucun doute sur sa nature scolaire.
La mission a conclu que les États-Unis n'avaient pas pris toutes les mesures possibles pour vérifier que l'établissment était oui ou non une cible militaire avant de lancer l'attaque, et a indiqué que les circonstances révélaient une conduite allant au-delà de la simple négligence.
Le second incident, survenu à Lamerd, a visé un complexe sportif et une zone résidentielle adjacente, tuant 22 civils. Selon les enquêteurs, l'utilisation de missiles de précision dispersant des billes de tungstène constitue une attaque indiscriminée et un crime de guerre.
Le rapport devra être présenté au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies. Un responsable américain cité par le New York Times a confirmé que le missile utilisé lors de l'attaque était le PrSM et que cette arme était testée en conditions réelles de combat pour la première fois.
Des experts en armement et des journalistes, après analyse de vidéos authentifiées et des schémas de destruction, ont confirmé les caractéristiques de l'engin, notamment son mode d'explosion aérienne et la dispersion de nombreuses billes de tungstène à haute vitesse, tuant des civils jusqu'à 50 mètres du point d'impact.
