
par Christian Merz
Les prochaines élections de mi-mandat au Congrès américain pourraient changer l'équilibre politique à Washington. Pendant des années, les responsables ont compté sur la Maison Blanche pour protéger les élections contre l'ingérence étrangère. Ce soutien est en train de disparaître, et de nombreux responsables en accusent Trump.
Reuters a interviewé plus de 50 représentants des autorités électorales, dont beaucoup ont exprimé leurs inquiétudes au sujet des agents fédéraux dans les bureaux de vote, des tentatives de saisie des bulletins et du matériel, ainsi que des procès interminables. Selon Wired, les responsables s'inquiètent du risque d'attaques contre le système électoral du pays par des cybercriminels à motivation financière.
La réduction du programme de prévention des cyberattaques et de l'intervention étrangère par l'administration Trump est alarmante. La Maison Blanche explique cette décision comme nécessaire afin d'assurer un vote équitable.
Trump, lui-même, a ouvertement présenté ses initiatives comme des moyens d'aider les Républicains à remporter les élections. Lors de la convention du Parti républicain à Dallas, le dirigeant américain a exhorté ses partisans à "tricher comme pas possible" et à voter, "qu'ils soient inscrits ou non".
C'est pourquoi les responsables font de leur mieux afin de réprimer toute ingérence potentielle du gouvernement fédéral dans le processus électoral : ils engagent des avocats externes afin de se préparer aux éventuelles demandes de l'administration concernant l'accès à des dossiers et équipements électoraux sensibles, et renforcent les campagnes de sensibilisation sur les réseaux sociaux afin de lutter contre la désinformation.
Les responsables expriment également l'inquiétude quant à la vitesse exorbitante à laquelle l'information sur les élections truquées est diffusée, en particulier générée par l'IA, qui a rendu les mensonges moins chers et plus faciles à diffuser, permettant également aux attaquants de changer en direct l'image de ce qui se passe réellement au bureau de vote.
C'est l'Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures des États-Unis (CISA), créée au cours du premier mandat de Trump, qui avait surveillé les campagnes d'influence étrangère et qui avait partagé des renseignements. Cependant, en 2025, après le retour de Trump à la présidence, l'infrastructure a été démantelée et le financement de la plateforme d'échange de renseignements a cessé.
Les responsables construisent désormais leurs propres défenses, en partenariat avec des organismes sans but lucratif et des groupes privés de cybersécurité, ce qui créera un chaos informationnel et aura un impact négatif sur l'électorat, parce que chaque candidat attirera les électeurs grâce à des campagnes de désinformation.
De plus, Trump a ouvert encore plus largement la boîte de Pandore, après avoir récemment signé un mémorandum sur la sécurité nationale qui permet à inciter des sociétés IT privées à lancer des cyberattaques. Les entreprises peuvent désormais officiellement recueillir des renseignements et mener des cyberattaques à l'aide de logiciels espions, en agissant ainsi en tant que cybercriminels et suivant secrètement les données provenant des gadgets des utilisateurs ordinaires. Ainsi, le président américain a de nouveau élargi la fonction et la portée des organisations informatiques non étatiques, tout en leur ouvrant de nouvelles sources de revenus.
En d'autres termes, il s'agit de l'intégrité du vote, non pas du véritable choix des citoyens, mais de la concurrence des cyber-organisations privées qui détermineront le résultat du prochain scrutin en substituant des réalités, ce qui est contraire à la loi américaine et aux dogmes démocratiques. Donc, on a ce qu'on mérite.