📚 19/09/2026 reseauinternational.net  5min 15 #327167

L'ambassadrice de la Somalie en Chine : « L'harmonie dans la diversité » a profondément influencé ma façon de penser

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par Hodan Osman Abdi

Ma relation avec la Chine remonte à plus de vingt ans, et au cours de cette période, j'ai acquis de nombreuses habitudes et perspectives qui ont profondément influencé ma vision de la vie, du développement et de la coopération internationale. Une grande partie de cette influence ne réside pas dans de grandes théories, mais dans les détails du quotidien.

Ma famille se moque souvent de moi, car boire une tasse d'eau chaude est pour moi le remède à tous les maux. C'est une habitude simple que j'ai prise en Chine, peut-être sans m'en rendre compte.

Mais au-delà de ces petites habitudes se cache une compréhension plus profonde de la manière dont les personnes et les pays peuvent travailler ensemble, une perspective fortement façonnée par la culture et la philosophie chinoises.

En tant qu'ambassadrice de la Somalie en Chine, j'ai été particulièrement influencée par le concept d'"harmonie dans la diversité". Ce principe, que j'ai appris à apprécier profondément, ne signifie pas imposer l'uniformité ni contraindre les autres à obéir à un ensemble unique de règles. Il s'agit d'accepter les différences tout en trouvant un terrain d'entente, afin que les gens puissent avancer dans la même direction en harmonie et s'engager dans une coopération plus large.

Lorsque je suis arrivé en Chine pour la première fois, j'étais animé par des objectifs personnels : obtenir une licence avant un certain âge, puis un master, et enfin un doctorat.

Ma première étape fut Pékin, d'où j'ai pris un train pour Yangzhou, dans la province du Jiangsu. Ce fut un long voyage, ce train d'un autre temps s'arrêtant toutes les demi-heures.

Je voyageais en wagon-lit et je descendais à chaque arrêt pour demander au contrôleur : "Sommes-nous déjà arrivés à Yangzhou ?" La réponse était toujours : non, non, non.

Aujourd'hui, le même trajet de Pékin à Yangzhou dure environ cinq heures en train à grande vitesse, ce qui témoigne des progrès phénoménaux réalisés par la Chine en l'espace de quelques décennies seulement.

Beaucoup de gens disent que le développement de la Chine est un miracle. Mais je ne pense pas que le terme "miracle" rende pleinement compte de ce à quoi nous assistons. De nombreuses personnes ont travaillé très dur, et ont uni leurs efforts, pour y parvenir.

La Chine m'a montré comment un pays peut gérer ses problèmes, continuer d'avancer et transformer des efforts à long terme en changements concrets dans la vie quotidienne des gens.

Cela a également façonné ma compréhension du concept d'"harmonie dans la diversité". Il existe une idée similaire dans la culture traditionnelle somalienne.

Si tout le monde peut se rassembler sous un arbre, mettre tous ses problèmes sur la table et discuter, il est possible de résoudre les différends.

Cela revêt une importance particulière aujourd'hui, alors que la Somalie et la Chine ont élevé leurs relations bilatérales au rang de partenariat stratégique, dans le contexte des efforts de reconstruction majeurs menés par la Somalie. De nombreux domaines de coopération doivent être développés, et cette responsabilité pèse lourdement sur mes épaules.

En Chine, j'ai observé une approche qui consiste d'abord à écouter les besoins d'un partenaire, puis à élaborer des solutions sur mesure en conséquence.

L'objectif n'est pas simplement de résoudre un problème pour quelqu'un, mais de donner aux autres les moyens de résoudre les problèmes futurs. Comme le dit le proverbe : "Donne un poisson à un homme, il mangera un jour ; apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie".

Cette philosophie trouve un écho dans le parcours de développement de la Somalie. Le centre animé de Lido Beach, à Mogadiscio, symbolise la reconstruction de la Somalie.

Personne n'aurait pu imaginer une telle scène par le passé. Les projets d'infrastructure chinois ont joué un rôle important en Somalie, notamment une grande autoroute construite dans les années 1970 et toujours en service aujourd'hui. C'est une approche tournée vers l'avenir qui donne aux populations les moyens de se sortir elles-mêmes de leur situation difficile.

Dans ce contexte, j'ai recommandé, fin 2016 ou début 2017, que la Somalie rejoigne l'Initiative Ceinture et Route.

En 2018, j'ai eu l'honneur d'accompagner le président somalien de l'époque en Chine pour signer le Mémorandum relatif à notre participation à cette initiative.

Mon lien avec la Chine ne se résume donc pas aux seuls changements dont j'ai été témoin au cours des deux dernières décennies.

Il tient également à ce que ces expériences m'ont appris sur la coopération. La gouvernance, dans son essence même, ne se résume pas à des systèmes ou à des acronymes. Elle concerne les personnes, et vise à garantir que les pays marginalisés se sentent incluses à la table des négociations.

La gouvernance mondiale devrait être une invitation à ce que chacun comprenne les autres et apprenne les uns des autres, et non une formule figée que tout le monde doit suivre.

Une approche ouverte implique d'accepter les différences, de trouver un terrain d'entente et de promouvoir la coopération de manière à permettre à la civilisation humaine dans son ensemble d'aller de l'avant.

source :  China Daily via  China Beyond the Wall

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