📚 19/09/2026 reseauinternational.net  6min 19 #327180

Iran : Les États-Unis provoquent l'insécurité maritime au Moyen-Orient

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Missiles à sous-munitions américains : le détroit d'Ormuz reste sous contrôle iranien

par Faouzi Oki

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a souligné hier que le détroit d'Ormuz reste entièrement sous le contrôle de l'Iran, accusant les États-Unis d'être responsables de l'insécurité maritime dans la région et de la hausse des prix mondiaux du carburant. "L'insécurité dans le détroit d'Ormuz est le résultat des actions des États-Unis. Si la communauté internationale s'inquiète de la hausse des prix du carburant, elle devrait réprimander les États-Unis", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï lors d'une interview télévisée.

L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz après le lancement, le 28 février, de la dernière vague d'agression américano-israélienne, contre le pays. M. Baghaï a rappelé que le détroit était totalement ouvert avant le 28 février, mais que l'Iran avait ensuite pris des mesures pour sauvegarder sa sécurité nationale. "Dans ces circonstances, nous sommes en droit de prendre des mesures pour protéger la sécurité du pays", a-t-il fait remarquer. Le porte-parole de la diplomatie iranienne a souligné que la voie maritime était devenue un peu plus sûre à la suite du mémorandum d'entente conclu à Islamabad, ajoutant que l'Iran avait respecté ses engagements après cet accord, tandis que les États-Unis avaient violé les leurs 23 jours plus tard. "Leurs prétextes pour avoir commis ces violations n'avaient aucun fondement", a-t-il fait entendre.

M. Baghaï a par ailleurs évoqué une réunion prévue entre les ministres des Affaires étrangères des États du littoral du golfe Persique, qui doit se tenir au Sultanat d'Oman. Le détroit d'Ormuz devrait figurer parmi les sujets qui y seront abordés. Selon M. Baghaï, l'Iran et le Sultanat d'Oman devraient expliquer le processus et les résultats des consultations menées entre les deux pays concernant le transit par cette voie maritime. "Il est important que votre diplomatie parvienne à convaincre les pays que nous devrions nous asseoir ensemble et discuter, notamment sans la présence de pays extra-régionaux ni d'autres acteurs", a-t-il précisé. Et de poursuivre : "Tout le monde a compris que la présence des États-Unis dans la région n'apporte pas la sécurité", a réitéré M. Baghaï.

L'intervenant a également évoqué la résolution récemment adoptée contre l'Iran par le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui reproche à la République islamique d'Iran son refus d'autoriser l'accès aux sites nucléaires visés lors de l'agression américano-israélienne. "N'ont-ils pas réfléchi à la manière dont l'Iran est censé assurer l'accès aux sites attaqués alors que nous-mêmes sommes attaqués ?" s'est-il interrogé. Selon le diplomate, cette résolution témoigne de la confusion de ses auteurs évoquant les noms de l'Arabie saoudite et du Japon pour avoir soutenu cette résolution. "Il n'existe absolument aucune justification au fait que l'Arabie saoudite et le Japon aient voté pour cette résolution", a-t-il insisté. "Ces pays sont responsables des conséquences de cette décision et nous leur demanderons des comptes".

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a rappelé que l'Iran se trouvait toujours en état de guerre, citant les sanctions, le blocus naval illégal ainsi que les autres formes de pression exercées contre le pays. "Personne ne peut accuser l'Iran de ne pas avoir recouru à la diplomatie pour repousser les agresseurs. La diplomatie n'est pas distincte du champ de bataille. De même que le champ de bataille est actif dans la défense du pays, les activités du ministère des Affaires étrangères se multiplient considérablement", a-t-il fait savoir. Le responsable a évoqué les dommages subis par l'Iran lors de l'agression étrangère, "À l'époque moderne, l'Iran n'a jamais été aussi puissant, et sa force repose sur la détermination du peuple iranien", s'est-il félicité.

"Nous sommes déterminés à élargir nos relations aussi bien au niveau bilatéral que multilatéral", a-t-il rajouté. Et de conclure : "Les dirigeants des deux pays sont déterminés à ce que le partenariat stratégique contribue au renforcement des relations bilatérales. Nous sommes déterminés à poursuivre sur cette voie". Les investigations menées sur les frappes américaines contre la ville de Lamerd, dans la province du Fars, survenues le 28 février, au premier jour de l'agression américano-israélienne contre le pays, ont conclu qu'il s'agissait clairement d'un crime de guerre. C'est ce qu'a déclaré en septembre 2026 le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, qui s'exprimait devant des journalistes dans la salle de sport de Lamerd, elle-même visée par les attaques américaines.

Les États-Unis ont utilisé des armes interdites ainsi que des missiles à sous-munitions contenant de nombreux projectiles lors de leurs frappes contre Lamerd, a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne, avant de souligner que celles-ci ont visé des sites civils, notamment un complexe sportif, un terrain de football, une école, un centre de transfusion sanguine ainsi que des quartiers résidentiels. Quatre missiles ont endeuillé la ville de Lamerd, qui compte 30 000 habitants, en l'espace de 35 secondes, soulignant le caractère criminel et délibéré de ces attaques, qui ont fait 21 morts et près de 180 blessés. M. Baghaï a déclaré que l'Iran attend de la communauté internationale et des consciences éveillées à travers le monde qu'elles l'accompagnent dans sa quête de justice et condamnent le crime commis par les États-Unis à Lamerd. Il a ajouté que l'Iran s'appuiera sur des éléments techniques et juridiques documentant les faits afin de poursuivre cette affaire devant les tribunaux et les instances internationales.

Or, la procédure judiciaire visera à demander des comptes à toutes les autorités et personnes ayant fourni des rapports trompeurs ou des justifications médiatiques qui ont ouvert la voie à la commission de ce crime. Dans un autre volet de ses propos, Esmaïl Baghaï a déclaré que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et son directeur général, Rafael Grossi, ont contribué à cette attaque en publiant des rapports ambigus et erronés sur le programme nucléaire iranien, fournissant ainsi aux États-Unis et au régime israélien le prétexte pour mener ces attaques criminelles. "Les Iraniens n'oublieront pas que, seulement un jour après la publication du rapport de l'Agence, les États-Unis et le régime sioniste ont commis des crimes et lancé des frappes contre l'Iran. On s'attendait à ce que l'Agence et son directeur général en tirent les leçons, mais il s'est malheureusement avéré qu'il s'agit d'une pratique récurrente, qui porte atteinte à la crédibilité de l'Agence et fragilise le régime de non-prolifération", a-t-il fustigé, en faisant allusion à la récente résolution anti-iranienne adoptée par le Conseil des gouverneurs de l'AIEA.

Ces remarques ont été formulées quatre jours après que les États-Unis et leurs alliés européens ont invoqué les rapports de l'AIEA sur le prétendu non-respect par l'Iran de ses obligations en matière d'inspections, pour saisir le Conseil de sécurité des Nations unies du dossier nucléaire iranien. La République islamique d'Iran a rejeté cette démarche, aux côtés de la Russie et de la Chine, toutes deux dotées d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU. Les trois pays affirment que l'AIEA traite de manière injuste le dossier nucléaire iranien alors même que des sites militaires ainsi que des infrastructures civiles du pays font l'objet d'attaques non provoquées israélo-américaines.

 Faouzi Oki

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