Par France-Soir

Une étude scientifique publiée le 3 septembre 2026 dans EXCLI Journal révèle un fichier interne du ministère israélien de la Santé, transmis à Pfizer pendant plus d'un an. Les auteurs y voient la preuve qu'un signal de myocardite et de péricardite chez les jeunes était déjà massif dans les dossiers officiels, bien avant l'extension de la vaccination aux adolescents. Le sénateur américain Ron Johnson y voit la confirmation d'une dissimulation, entrainant le viol potentiel du consentement libre et éclairé. L'une des auteures lui répond que son enquête a permis de mettre au jour l'alerte israélienne, mais que la pièce manquante reste le sort des rapports envoyés à Pfizer. En France, où la campagne a suivi un calendrier proche, la publication relance des questions de transparence et de consentement éclairé.
Une publication après des années de controversesLe 13 septembre 2026, la chercheuse et journaliste israélienne Yaffa Shir-Raz a annoncé sur X la parution, avec Yaakov Ophir, d'un article dans EXCLI Journal (vol. 25, p. 1437-1457). Reçu le 8 juin, accepté le 9 août et publié le 3 septembre 2026, le texte s'intitule Pharmacovigilance en temps réel et communication des risques cardiaques lors de la campagne de vaccination contre la COVID-19 en Israël. Les auteurs sont affiliés à l'Université Ariel, à l'Université de Cambridge et à l'Université de Haïfa.

Dans son fil sur le réseau social X, Yaffa Shir-Raz présente le texte comme "La preuve irréfutable" après "des années de censure". Elle rappelle qu'Israël, alors "laboratoire mondial" de la campagne Pfizer, avait déjà prévenu les États-Unis et l'Europe d'un "grand nombre" de cas de myocardite et de péricardite chez les jeunes. Un visuel de synthèse, publié dans le même fil, résume les chiffres clés du fichier interne.=
The story behind the data - including Israel's early warning to U.S. health authorities and what happened next - in @Brownstone
Many thanks @jeffreytucker t.co— Yaffa Shir-Raz (@YaffaRaz) September 13, 2026
Les auteurs affirment avoir obtenu, via une source protégée, un jeu de données opérationnel de pharmacovigilance du ministère israélien de la Santé (IMOH), rapporté à Pfizer du 25 mars 2021 au 9 mai 2022. Le fichier, fourni en annexe anonymisée, existe en huit versions cumulatives. Toutes portent la même date de création initiale : le 25 mars 2021. Les métadonnées identifient Noa Cedar, alors rattachée à la division d'épidémiologie de l'IMOH et coautrice de l'étude israélienne sur la myocardite publiée dans le NEJM, comme créatrice du classeur d'origine.
Ce que dit réellement le fichierLe jeu de données recense 531 dossiers d'hospitalisation (après exclusion d'un doublon identifié dans le fichier source) et 67 décès uniques. L'intervalle médian déclaré est de 5 jours après vaccination pour les hospitalisations et de 3 jours pour les décès. Dès le premier envoi à Pfizer, le 25 mars 2021, le fichier contenait déjà 157 hospitalisations et 46 décès.

Les événements couvrent un spectre large : cardiaques, neurologiques, allergiques, inflammatoires, hématologiques, rénaux. Mais le signal que le ministère avait lui-même signalé au CDC et à l'EMA est cardiaque.Les chiffres clés du fichier interne (mai 2022)
Voici la synthèse des auteurs traduite en français :

Chez les moins de 30 ans, la myocardite ou la péricardite apparaît chez 82,9 % des hommes contre 31,9 % des femmes. Les auteurs insistent : ce fichier n'a pas de dénominateur. Il ne permet ni de calculer une incidence, ni d'établir à lui seul la causalité. Il documente en revanche la place du signal cardiaque dans les notifications graves transmises au fabricant.
L'étude cite aussi des extraits cliniques : une femme de 22 ans morte 11 jours après la deuxième dose d'une myocardite fulminante avec choc cardiogénique ; un homme de 18 ans, jusque-là en bonne santé, hospitalisé 29 jours après une troisième dose avec sur-décalage du ST et troponine à 15 000 ; un garçon de 14 ans admis deux jours après vaccination.
Une alerte dès le 28 février 2021Le 28 février 2021, un peu plus de deux mois après le lancement de la campagne israélienne, le ministère alerte le CDC et l'EMA. Le 3 mars, un responsable écrit au CDC : "We are seeing a large number of myocarditis and pericarditis cases in young individuals soon after Pfizer COVID-19 vaccine."
Selon l'article, le 10 mars, un document interne américain ("Myocarditis Response.docx") reformule l'alerte israélienne en indiquant qu'aucun détail supplémentaire n'a été fourni, et s'appuie sur 27 cas VAERS identifiés au 23 février. Or, dès le 25 mars, le fichier interne transmis à Pfizer comptait déjà 157 hospitalisations et 46 décès, dont 65 cas de myocardite ou péricardite.
La communication aux soignants et au public n'intervient qu'après trois à quatre mois. Le risque est alors présenté comme rare, généralement léger et moins préoccupant que le Covid. Entre-temps, en mai et juin 2021, la vaccination est étendue aux adolescents. Le 23 juin, l'ACIP conclut que les bénéfices "l'emportent clairement sur les risques" dans toutes les populations, y compris les adolescents et les jeunes adultes.

Des études ultérieures chiffrent ensuite le risque : Mevorach et al. (NEJM, octobre 2021) estiment environ 1 cas pour 6 637 hommes de 16-19 ans après la deuxième dose ; une étude de Hong Kong (novembre 2021) fait état de 37,32 cas pour 100 000 chez les adolescents masculins après la deuxième dose, soit environ 1 pour 2 679. Hong Kong recommande alors une seule dose pour les 12-17 ans.
Les auteurs posent trois questions : pourquoi étendre la vaccination aux plus jeunes malgré un signal déjà identifié ? Comment une conclusion bénéfice-risque aussi catégorique a-t-elle été formulée ? Qu'est-il advenu des données israéliennes une fois parvenues à Pfizer ?Ron Johnson : "Ils savaient... et ils l'ont dissimulé"
Le sénateur républicain du Wisconsin Ron Johnson, déjà à l'origine d'enquêtes parlementaires sur les alertes israéliennes de 2021, a repris le fil de Yaffa Shir-Raz le soir même :
"This is further confirmation that they knew the COVID injections could kill and cause injuries, yet they covered it up. They still are."
"C'est une confirmation supplémentaire qu'ils savaient que les injections Covid pouvaient tuer et blesser, et qu'ils l'ont dissimulé. Ils le font encore."
Le message a rapidement dépassé 75 000 vues. Johnson ne présente pas l'étude comme une preuve définitive de causalité à l'échelle populationnelle. Il en fait un argument politique : les autorités savaient tôt, et le public n'a pas reçu l'information au même rythme.
La réponse de Yaffa Shir-RazQuelques heures plus tard, l'une des auteures lui répond :
"Merci, sénateur Johnson. Votre enquête a été déterminante pour mettre en lumière les premiers avertissements israéliens concernant la myocardite."
Elle précise que le rapport du sénateur a montré qu'Israël avait alerté les officiels américains dès le début de 2021, et que le CDC avait alors demandé des investigations complémentaires à partir des données israéliennes. Selon elle, l'article d'EXCLI apporte "une pièce manquante importante" : les notifications graves ont continué d'affluer vers Pfizer pendant plus d'un an, et le signal cardiaque est resté "franchement constant" tout au long de la période.
Lue avec la réévaluation par Yaakov Ophir de l'essai pivot de Pfizer, cette constance pose selon elle une question de fond sur le bénéfice-risque. L'essai n'aurait pas établi que le bénéfice clinique l'emportait sur le risque, alors que des signaux de terrain s'accumulaient déjà. Cela "met en cause la base empirique" de la conclusion de l'ACIP selon laquelle les bénéfices "l'emportent clairement sur les risques" chez les adolescents et les jeunes adultes.
La question qu'elle laisse ouverte est celle que Johnson, Levi et les auteurs formulent désormais de concert : Pfizer a-t-il transmis ces rapports continus aux régulateurs américains, sous quelle forme, et qu'en ont fait la FDA et le CDC s'ils les ont reçus ?

Le professeur Retsef Levi, du MIT, a réagi le jour de l'annonce. Déjà auteur de travaux controversés sur les appels d'urgence cardiaques en Israël, il écrit : "Breaking". L'article montre selon lui que le CDC et Pfizer ont été informés dès le début de 2021 d'un signal de myocardite et de péricardite, "y compris deux décès". Il accuse encore la FDA et le CDC de ne pas diffuser pleinement les données sur les décès liés à la myocardite vaccinale.
Ancien membre de l'ACIP (comité consultatif sur les produits immunisants), Levi n'est pas un observateur neutre. Sa réaction donne toutefois un écho scientifique et politique immédiat à une publication qui, sans ces relais, serait restée cantonnée à une revue spécialisée.
Ce que cela change — et ce que cela ne change pas — pour les patientsPour les patients, l'enjeu n'est pas seulement statistique. Il est éthique.
Des adolescents et de jeunes adultes, souvent en bonne santé et exposés à un risque faible de forme grave de Covid-19, ont reçu un vaccin alors qu'un signal cardiaque interne existait déjà dans le pays le plus en avance sur la campagne. Le délai entre l'alerte aux régulateurs et le discours public — "rare, léger, transitoire" — pose la question du consentement éclairé.
Les études de cohorte officielles n'ont jamais nié le signal. L'analyse de Clalit (NEJM, 2021) avait estimé un excès d'environ 2,7 cas de myocardite pour 100 000 personnes vaccinées, concentré chez les jeunes hommes après la deuxième dose, tout en jugeant le risque plus élevé après infection. Mevorach et al. parlaient d'une présentation "habituellement légère". Des suivis internationaux montrent que la majorité des cas évoluent favorablement. Une minorité conserve toutefois des symptômes, un traitement ou une qualité de vie altérée. Des formes fulminantes et des décès, rares, ont été documentés.

Le fichier israélien ne dit pas combien de ces événements étaient "en trop" par rapport au fond de myocardite virale. Il montre que, dans les dossiers graves du ministère, le cœur occupait déjà une place dominante, surtout chez les moins de 30 ans, y compris chez des patients décrits comme sans antécédent notable.
Les auteurs le reconnaissent eux-mêmes dans les limites de l'étude : le fichier n'est pas forcément exhaustif, les diagnostics n'ont pas tous été validés de manière indépendante, le classeur a été modifié au fil des versions sans piste d'audit complète, et l'absence de comparateur empêche une analyse formelle de disproportionnalité.
Et la France ?La France n'avait pas attendu 2026 pour connaître le signal. Mais elle a quand même vacciné les 12-17 ans dès mi-juin 2021 avec Comirnaty, puis avec Spikevax, avant que les études nationales les plus précises ne soient disponibles, malgré de nombreuses alertes. Le pass sanitaire a ensuite concerné les adolescents.
Les travaux d'Epi-Phare, fondés sur les hospitalisations nationales, ont confirmé un sur-risque dans les sept jours suivant les vaccins à ARNm, particulièrement après la deuxième dose de Moderna chez les jeunes hommes. Chez les 18-24 ans, l'excès estimé atteignait environ 17 cas de myocardite pour 100 000 deuxièmes doses de Spikevax, contre environ 4,7 pour Comirnaty. L'infection naturelle restait aussi fortement associée au risque.

Sur cette base, la Haute Autorité de santé a recommandé de privilégier Pfizer chez les moins de 30 ans. L'ANSM a qualifié le risque de peu fréquent et d'évolution généralement favorable, tout en maintenant le rapport bénéfice-risque positif au regard de la protection contre les formes graves. Des cas graves, et quelques décès, ont néanmoins été notifiés chez les 12-18 ans. Pourtant selon un sondage MIS Group (2026) pour France-Soir/BonSens.org quelques 45% des Français ont subi des effets secondaires de la vaccination covid dont 15% de graves - une information ignorée par les autorités françaises, malgré le courrier, sous forme d'alerte sur la désinformation en santé, de l'association BonSens.org à la ministre de la Santé.

La publication israélienne relance une question politique et sanitaire : les autorités européennes et françaises ont-elles pleinement intégré, dès le printemps 2021, l'alerte venue d'Israël avant d'ouvrir largement la vaccination des mineurs et d'en faire une condition de vie sociale ?
Une affaire de données, et de parole publiqueEXCLI Journal n'est pas The Lancet. L'étude est descriptive, fondée sur des notifications, pas sur une cohorte appariée. Les défenseurs de la campagne rappelleront que le Covid lui-même endommage le cœur, que les vaccins ont réduit les hospitalisations chez les plus vulnérables, et que le signal myocardite a fini par être inscrit dans les notices.
Les auteurs, le sénateur Johnson et Retsef Levi ne disent pas exactement la même chose. Johnson parle de dissimulation toujours en cours. Shir-Raz parle d'une pièce manquante dans la chaîne Pfizer-FDA-CDC. L'article scientifique, plus prudent, documente un fichier, une chronologie et un écart entre ce que le ministère voyait en interne et ce qui a été dit au public.
Cinq ans après le pic de la campagne, le débat n'est plus seulement médical. Il porte sur ce qu'un État dit aux familles lorsqu'il détient déjà, dans ses propres tableurs, un signal qu'il a signalé à Washington et à Amsterdam — mais pas encore clairement à ceux qui allaient recevoir l'injection.

Source : France-Soir
La source originale de cet article est France-Soir
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