
La Révolution française, pour se débarrasser de l'Eglise qui, fidèle au roi, utilisait son influence contre elle, a fait de la laïcité sa nouvelle religion. Joignant l'utile à l'agréable, elle a confisqué les biens de l'Église, persécuté et/ou coupé la tête à quelques prêtres et religieuses, et remplacé les dogmes catholiques d'abord par le culte de l'Être suprême, une idée de Robespierre qui n'a pas fait long feu, puis par la laïcité.
Dès le début du XIXe siècle, les journalistes ont succédé aux curés pour prêcher la bonne parole, toujours celle des riches et des puissants évidemment, sauf que ce n'était plus celle la noblesse mais de la bourgeoisie qui est encore pire. Dans ses œuvres, Balzac décrit ce processus, sans cacher son profond dégoût pour la caste journalistique cupide, arriviste et cynique, bien à l'image des dirigeants que nous a offerts la République, à l'unique exception du général de Gaulle.
La loi du 9 décembre 1905 a établi officiellement la laïcité en France en séparant l'État des religions et en garantissant la liberté de conscience. Elle fut portée par Aristide Briand, un proche de Jean Jaurès, assassiné le 31 juillet 1914 parce qu'il s'efforçait d'empêcher la guerre de 1914-1918, qui a coûté la vie à près de 20 millions de pauvres ères. Quand on aime l'argent, on ne compte pas les morts... ni les mensonges ! Aujourd'hui, ce ne sont plus les Boches [Allemands] qui sont désignés à la vindicte populaire par les lobbys financiers et leurs valets politiques aux abois, ce sont les Russkoffs, et Poutine est le nouvel Hitler ; mais le projet est le même, nous envoyer à l'abattoir, pour enrichir les riches, tout en détournant la colère populaire. D'une pierre, deux coups !
Image à droite : Jean Jaurès en 1904. Domaine public
Malgré tout, on aurait pu espérer que la laïcité dont les principes semblaient pleins de bon sens, de tolérance et d'équité aurait mis un peu de cette bienveillance et de cet amour du bien commun dont nous parlent sans arrêt les puissants et leurs relais politico-médiatiques tout en faisant exactement le contraire...
Eh bien non, la laïcité est devenue ce que j'appelle le laïcisme, un culte tout aussi fanatique, exigeant et arbitraire que les religions les plus intransigeantes. La propagande et les mensonges politico-médiatiques sont encore moins crédibles que la virginité de la mère de Jésus, d'autant qu'ils changent tout le temps. Mais ça n'a pas d'importance, car les peuples occidentaux continuent de croire envers et contre tout, aux contes de fée que leur racontent leur leaders. Ils croient à la menace russe et à l'arme magique qui va mettre Poutine à genou et donner la victoire à Zelinsky, au Covid et au vaccin magique qui va nous en protéger, à l'énergie verte (tri des déchets et éoliennes comprises) qui va purifier la planète du vilain CO2, au désintéressement des laboratoires pharmaceutiques et autres multinationales, au fair play des Anglo-américains et à leur égalitarisme ancestral, à la compétence et l'honnêteté de nos experts et dirigeants, au souci du bien commun de la Commission européenne, à la générosité des milliardaires, aux bombardements chirurgicaux israéliens qui épargnent les Palestiniens, à la démocratie occidentale, et j'en passe...
Cerise sur le gâteau, le laïcisme est devenu l'instrument idéal pour discréditer des époques entières, comme le mal nommé Moyen Âge, justifier des guerres sanguinaires comme celle d'Iran, d'Afghanistan, de Syrie, et attaquer les rites, lieux de culte et écoles de l'Islam et du catholicisme qui s'opposent, pourtant bien mollement, au libéralisme, afin de donner toute la place au judaïsme, protestantisme et franc-maçonnerie, des religions réalistes qui comprennent que les affaires nécessitent parfois un peu de nettoyage ethnique par ci, par là...
Fernandel (Don Camillo) Gino Cerfs (Peppone)
La morale chrétienne unifiante a été balayée au profit d'une morale laïque constituée de dogmes complètement farfelus et clivants qui varient au grès des intérêts des puissants (climatisme, covidisme, vaccinisme, LGBTisme, menace russe...), qu'il est interdit de contester sous peine de sanctions sociales et professionnelles, voire pire, et qu'on nous inculque à coups de culpabilisation, de promesses et de menaces.
La morale a remplacé l'instructionEt c'est ainsi qu'en 1932, on est passé, en France, de l'Instruction publique à l'Éducation nationale. Il ne s'agit plus d'instruire les enfants, il s'agit d'en faire de bons petits citoyens, enchantés d'être exploités par les milliardaires et leurs sous-fifres, et même de leur servir de chair à canon quand ils veulent augmenter encore leurs profits.


Le classement Pisa, créé en 2000 pour évaluer les élèves de 15 ans des pays de l'OCDE, prend régulièrement le pouls de l'école laïque et républicaine. Celui de 2026 à atterré la caste politico-médiatique qui a fait semblant de découvrir la situation catastrophique de l'Éducation nationale : C'est incroyable ! Mais comment est-il possible que les jeunes Français soient incapables de comprendre ce qu'ils lisent, d'écrire sans fautes et de résoudre un simple problème de mathématiques ?
On parle beaucoup de l'école sur les plateaux de propagande, mais rarement sous l'angle de l'instruction, pourtant nécessaire au développement personnel, social et économique, car les problèmes techniques, l'insécurité, les trafics et les agressions sont plus faciles à commenter et plus excitants, donc rapportent plus aux annonceurs. Alors on parle donc du manque d'enseignants et de remplaçants qui désole les parents, des formations que les libéraux adorent parce qu'elles sont une forme de privatisation subventionnée de l'enseignement, du manque de ventilateurs et de climatisation qui passionne les fanatiques de la transition énergétique, des viols de tout petits dans le périscolaire qui ne dérangent pas la municipalité de Paris car la parité vaut tous les sacrifices, des dealers à la sorties des écoles qui ne dérangent pas le gouvernement car ils font marcher l'économie, des téléphones portables qu'il faut laisser au fond 
Mais, me direz-vous, comment un des meilleurs systèmes d'éducation du monde a-t-il pu s'effondrer aussi complètement en quelques décennies, comme le dénonce Sophie Audugé dans son livre L'Éducation nationale en perdition ?
La mondialisation et la nouvelle pédagogieDeux révolutions sont responsables de ce désastre : la Mondialisation (pour tout savoir sur l'État profond, les néocons et la mondialisation, consulter Laurent Ozon) et la Nouvelle pédagogie qui avait pour but, selon Philippe Meirieu, de "faire de l'école un espace de décélération (prendre le temps de penser), d'attention (apprentissage de la concentration), d'évaluation (intériorisation de l'exigeant, auto-évaluation), du plaisir d'apprendre et de construction du collectif (solidarité)".
La conjonction de la mondialisation et de la nouvelle pédagogie, qui sont toutes deux des avatars du libéralisme, loin d'améliorer le système éducatif, a abouti, au contraire, à ce que Jean Claude Michéa a appelé, dès 1999, L'enseignement de l'ignorance. Dans son ouvrage, il dénonçait la transformation délibérée de l'école en instrument de formatage des individus, visant à réduire l'esprit critique et la culture générale pour servir les intérêts du capitalisme moderne.
La mondialisation dont l'Union européenne, instituée en 1958 par des politiciens aux ordres des Etats-Unis, est le bras armé, a supprimé toutes les entraves au règne du profit à court terme. Du coup, on n'investit plus dans les secteurs non productifs de richesse immédiate, comme l'enseignement ; et on se retrouve avec des classes surpeuplées et des locaux vétustes où des enseignants mal payés, éreintés et en nombre insuffisant s'escriment à faire tenir tranquilles des élèves de niveaux disparates.
Comme si ça ne suffisait pas, enseignants et élèves ont eu à subir les lubies des ministres et autres hauts-fonctionnaires qui, à l'instar de notre ministre de l'éducation actuel, un idéologue arriviste et vaniteux, qui sévit dans les hautes instances de l'éducation depuis 2017, ont voulu r évolutionner l'éducation pour laisser leur marque sur la malheureuse génération d'enfants qu'on leur avait donnés en pâture. Réforme après réforme, les pauvres maîtres et les pauvres gosses ont subi tous les avatars du pédagogisme, comme ses détracteurs ont nommé cette mode idéologique. En utilisant l'école comme un laboratoire d'expériences idéalistes, en mettant en place une variété d'outils magiques comme la méthode globale, les compétences transversales, la classe inversée, l'autonomie des apprenants et, bien sûr, les nouvelles technologies et les activités ludiques et créatives, ces illusionnistes ont fait de l'école une garderie bienveillante et inclusive, où la seule chose qu'on apprenne, c'est à croire les puissants et à leur obéir.
Source de la capture d'écran : La valse des réformes
Embrassée dans l'enthousiasme (surtout bancaire et industriel), la globalisation, comme l'appellent les Anglo-saxons qui l'ont initiée, a emporté notre industrie, notre agriculture, notre
pèche, nos services publics, nos emplois, notre pouvoir d'achat, notre souveraineté, notre sécurité, nos libertés, notre identité nationale ; et le pédagogisme a emporté notre esprit critique, notre liberté d'expression, notre culture, notre littérature, notre histoire, notre langue.Nous avons tout perdu, tout, tout ce qui faisait notre richesse, notre valeur et notre fierté. Nous ne sommes plus que de pauvres ignorants, pauvres et ignorants, abêtis par l'école, abrutis de propagande, culpabilisés par les médias, esclavagisés par les spéculateurs, sucés jusqu'au sang par quelques millions de parasites insatiables, accablés d'impôts et de dettes, surveillés et censurés par des dirigeants tyranniques, et à qui il ne reste plus qu'à se vendre au plus offrant, corps, âme et nation.
Notre pays est devenu un pays du tiers-monde, obligé, pour survivre, de se livrer, telle une prostituée, aux appétits insatiables du tourisme de masse et des spéculateurs.
La promesse d'un miracle a remplacé la politiqueA l'approche des élections présidentielles, les hommes politiques, qui sont responsables de ce désastre économique, social et spirituel, se relaient sur les plateaux de TV officiels pour nous promettre un miracle.
Source de la capture d'écran : Le choc des mondialisations
Non, non, ils ne vont pas sortir de l'Union européenne qui nous asphyxie de normes et nous dépouille ; non, ils ne vont pas réduire le nombre d'élus, de ministres, de couches administratives, d'agences et officines inutiles, ni le train de vie luxueux de l'État et de tous les parasites qui coûtent un argent de dingue ; non, ils ne vont pas arrêter d'envoyer des armes et de l'argent à l'Ukraine hyper corrompue pour affaiblir la Russie qui se porte comme un charme en comparaison de l'Europe, ni même sortir de l'Euro qui est sur-évalué pour nous et sous-évalué par les Allemands (qui dirigent l'UE pour leur compte et le compte des Etasuniens), ce qui nous oblige à distribuer 160 milliards d'aide à nos entreprises pour compenser la différence, à quoi s'ajoute la destruction de notre énergie atomique et les délires de l'énergie verte, une saignée imposée aussi par l'UE allemande ; et non, mais alors là vraiment non, ils ne vont pas augmenter le SMIC, ni les salaires des enseignants, ni d'ailleurs aucun autre salaire que le leur, vous comprenez, ce n'est pas possible, il n'y a plus d'argent !

Le pouvoir de l'église catholique reposait certes sur la promesse miraculeuse de la vie éternelle. Mais les religieux géraient aussi des écoles, des hôpitaux, des orphelinats. Ils s'occupaient des pauvres. Les politiciens actuels au mieux regardent tout s'effondrer en s'empiffrant, au pire participent au pillage, en nous promettant un miracle s'ils sont réélu. Le vrai miracle, et c'est sur celui-là qu'ils comptent en secret, c'est qu'il y a encore des gens pour les croire et pour aller voter !
Je ne sais pas pour vous, mais en tout cas pour moi, c'est fini ! Ils n'auront pas plus mon vote que mon âme. Mélenchon a perdu mon soutien quand il a fait élire et réélire Macron sous le prétexte éculé de faire barrage à l'extrême droite. Quant aux autres, je les hais tous d'une belle et pure haine, toute théorique, parce que je ne tiens pas à y laisser ma santé...
Les miracles, des bénévoles en font Les cantines populaires
Ces cantines remplissent un besoin essentiel. Dans l'échelle des besoins, les besoins physiologiques, la nourriture, le toit et le vêtement viennent en tête, bientôt suivis du besoin de sécurité, puis du besoin d'appartenance sociale, dont l'instruction fait partie. Tandis que la cantine nourrit le corps, l'instruction nourrit l'esprit. L'État ne remplit plus aucune de ces obligations, tout en continuant à nous prendre la moitié du peu qu'on gagne. En France il ne reste plus que la police (répression), les impôts (prédation) et les pompiers (urgences de toutes natures et il n'y a plus que des urgences vu que rien n'est anticipé) qui fonctionnent encore. Et les pompiers commencent à en avoir assez de porter tout le fardeau tout seuls.
Chez les Sapeurs-pompiers, la seule organisation étatique au service des Français qui fonctionne encore, il y a beaucoup de bénévoles, et je commence à penser que, sans les bénévoles, ils n'y arriveraient pas non plus, quoique cet été ils aient été dépassés par les feux de forêt, mais ce n'est pas leur faute. Est-ce le signe que la société civile reprend les choses en mains et se met en ordre de bataille pour remplacer l'État qui ne remplit plus son rôle ? C'est le vœu le plus cher de l'anarchiste, fervente disciple de Proudhon, que je suis.
Le soutien scolaireJe suis bénévole à Boules de neige, une association qui aide les enfants de primaire du bas-Montreuil dans leur scolarité. L'année dernière, nous avons suivi 41 enfants. La plupart ont bénéficié d'un soutien individuel. Les séances de travail ont lieu à l'Elan sportif de Montreuil (ESDM) qui nous héberge gracieusement, le mercredi et le samedi matin, et durent 75/80 mn, suivies d'une dizaine de minutes de socialisation.
Chaque bénévole suit le même enfant toute l'année, ce qui permet de bien connaître ses difficultés et d'établir un lien de confiance. Nous avons des bénévoles de tous âges. Cette année, grâce à la Fête des associations de Montreuil, 8 nouvelles bénévoles nous ont rejoints, dont plusieurs jeunes filles de première et terminale, ce qui porte notre nombre à 18. Nous avons déjà 32 enfants d'inscrits. Avec les plus petits (CP, CE1, CE2), nous divisons le cours en trois parties : I. Lecture et compréhension ; 2. Dictée, orthographe et grammaire ; 3. Calcul. Avec les grands (CM1,CM2), nous faisons les devoirs et ensuite des révisions.Désormais nous ne prenons plus que les enfants en grande difficulté, car nous avons trop de demandes, d'autant que les parents nous les amènent dès le CP maintenant. Nous ne
prenons pas plus d'enfants que nous n'avons de bénévoles. Nous n'avons jamais besoin de faire de publicité. Nous accompagnons souvent les enfants du CP au CM2 et ensuite leurs petits frères et sœurs.En plus des cours, nous proposons des ateliers artistiques (dessin, peinture, collage). A Noël nous invitons les familles à un spectacle et les enfants reçoivent, en cadeau, une boîte magique, qui nous est offerte par le Salon du livre et la CAF.
Il règne une excellente ambiance dans la salle où se rassemblent 6 ou 7 bénévoles, chacun à sa table, avec l'enfant dont ils s'occupent. Les bénévoles sont contents d'être utiles et les parents leur sont reconnaissants. Tous sont assidus, ponctuels et respectueux.
Nous bénéficions d'un Contrat local à la scolarité (CLAS) de la CAF qui nous assure une couverture légale et nous procure une petite subvention qui, augmentée d'une encore plus petite subvention de la Mairie, nous permet de fonctionner.
A la dernière séance de l'année scolaire 2025-2026, nous étions 8 bénévoles pour 9 enfants. Nous avons arrêté le cours un peu plus tôt pour qu'enfants et bénévoles puissent se faire leurs adieux. Il y avait parmi nous plusieurs élèves de terminale du Lycée Saint Michel de Picpus, qui doivent faire trente heures de bénévolat pendant l'année. Ils sont tous généreusement restés jusqu'à la fin, bien au-delà de leurs trente heures obligatoires.
"Est-ce que vous savez tous ce que veut dire le mot bénévole ? avons-nous demandé aux enfants.
-Ce sont des personnes qui aident les autres gratuitement, a répondu l'un d'eux.
-Et pourquoi donnent-ils de leur temps gratuitement pour aider les autres, alors qu'ils ont déjà beaucoup de travail ?
Anis, un beau garçon de 10 ans, a levé la main et, les yeux brillants et le sourire aux lèvres, a déclaré fièrement, comme si le dévouement et le désintéressement des bénévoles rejaillissait sur lui :
-Parce qu'ils ont du cœur !"
Eh bien, me suis-je dit émerveillée, cet enfant est plus sage et plus clairvoyant que la plupart des gens qui nous censés nous diriger ! Tout n'est donc pas perdu du moins, si sa sensibilité, sa vivacité d'esprit et sa liberté intellectuelle résistent au bulldozer normatif qu'est l'Éducation nationale.
Dominique Muselet
Montreuil, le 20 septembre 2026
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Dominique Muselet auteure et traductrice, Paris, France. Elle est associée de recherche au Centre de recherche sur la Mondialisation (CRM).
La source originale de cet article est Mondialisation.ca
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