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Vue aérienne de la ville de Wukro, dans la région du Tigré, au nord de l'Éthiopie, le 26 janvier 2026. [Photo d'archives]
Sept groupes armés éthiopiens, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et des combattants amhara de Fano, ont annoncé la création d'une alliance visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed. Certains de ces mouvements s'étaient pourtant affrontés durant la guerre du Tigré entre 2020 et 2022.
Sept groupes armés éthiopiens ont annoncé le 20 septembre la formation d'une alliance destinée à renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed, réunissant notamment des mouvements qui avaient combattu dans des camps opposés lors de la guerre du Tigré.
Baptisée "Ethiopian Peoples' Forces Alliance for Survival", cette nouvelle coalition rassemble des organisations issues de plusieurs régions du pays, du Tigré, dans le nord, jusqu'à la région Somali, au sud. Elle comprend également des groupes originaires de l'Oromia, de l'Afar et du Benishangul-Gumuz.
Parmi ses membres figurent le TPLF et l'Amhara Fano National Movement, une coalition de groupes armés de la région Amhara. Ces deux forces s'étaient affrontées pendant la guerre du Tigré, le Fano ayant alors combattu aux côtés des forces fédérales contre le TPLF.
Le conflit, qui a pris fin avec l'accord de paix de 2022, avait fait des centaines de milliers de morts et été marqué par de graves violences à caractère ethnique. Depuis 2023, Fano est à son tour engagé dans un conflit avec le gouvernement fédéral dans la région Amhara, un conflit qui a fait des milliers de morts.
Une alliance aux intérêts divergentsDans leur déclaration, les groupes membres de la nouvelle alliance accusent le gouvernement d'Abiy Ahmed de centraliser le pouvoir et de marginaliser les différentes régions du pays. Ils affirment vouloir assumer une "responsabilité historique" en renversant le gouvernement.
La coalition rassemble toutefois des groupes dont les intérêts et les revendications divergent, certains étant encore en désaccord sur des questions territoriales ou politiques.
Le gouvernement fédéral n'a pas immédiatement réagi à l'annonce. Le mois dernier, après des informations faisant état d'une possible coalition entre groupes armés, un conseiller du Premier ministre avait estimé qu'une telle alliance chercherait à "semer le chaos", mais ne serait pas en mesure de renverser le gouvernement fédéral.
Les tensions persistent au TigréLa création de cette alliance survient alors que les tensions se sont de nouveau accentuées entre Addis-Abeba et le TPLF. En mai, le mouvement tigréen a repris le contrôle de l'administration politique de la région, en violation de l'accord de paix de 2022, accusant le gouvernement fédéral de ne pas respecter ses engagements.
L'armée éthiopienne a mené ces derniers mois plusieurs frappes de drones contre des forces tigréennes, selon les données du projet Armed Conflict Location & Event Data (ACLED). Le gouvernement n'a pas commenté ces frappes. L'armée a toutefois affirmé la semaine dernière que près de 300 combattants tigréens s'étaient rendus.
Cette nouvelle dynamique s'inscrit également sur fond de tensions avec l'Érythrée, que l'Éthiopie accuse de soutenir plusieurs mouvements insurgés, dont le TPLF et Fano. Asmara rejette ces accusations.