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 Les Marocains attendus aux urnes pour les législatives

Législatives marocaines 2026 : pourquoi une partie de la jeunesse se détourne des urnes

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Komla YAWO

Les  Marocains votent mercredi 23 septembre pour renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants. Les législatives marocaines 2026 interviennent un an après la mobilisation du  mouvement GenZ 212, qui avait placé au centre du débat les difficultés d'accès à la santé, à l'éducation, à l'emploi et aux services publics. Dans ce contexte, la question de la participation des jeunes dépasse le simple calcul électoral. Elle renvoie à leur confiance dans les partis et dans la capacité des institutions à répondre à leurs attentes.

Les législatives marocaines 2026 face au paradoxe de la jeunesse

Le chiffre est révélateur. Sur les 15,8 millions de personnes inscrites sur les listes électorales, les 18-24 ans ne représentent que 4 %. Les 25-34 ans comptent pour 15 %, tandis que les électeurs âgés de 60 ans et plus représentent plus de 29 % du corps électoral inscrit.

Il faut toutefois éviter une confusion. Ces 4 % ne signifient pas que seulement 4 % des jeunes voteront. Il s'agit de la proportion des inscrits âgés de 18 à 24 ans. Le chiffre traduit néanmoins une faible présence de cette tranche d'âge dans le corps électoral effectivement enregistré.

Cette situation donne une dimension particulière au scrutin. Une génération qui s'est fortement exprimée dans la rue et sur les réseaux sociaux semble beaucoup moins présente dans les mécanismes électoraux traditionnels. Le mouvement GenZ 212 avait notamment mis en avant les revendications concernant les hôpitaux, les écoles, l'emploi et les conditions de vie.

Du mécontentement social à la défiance électorale

Pourquoi certains jeunes envisagent-ils de ne pas voter ? Les témoignages recueillis par plusieurs médias montrent d'abord une défiance envers les partis politiques et l'idée que le changement puisse passer uniquement par les urnes. Le Monde rapporte ainsi que certains jeunes mobilisés en 2025 considèrent que leurs revendications n'ont pas suffisamment trouvé de traduction politique.

Le problème est donc moins l'absence d'intérêt pour la politique que la perception d'une distance entre les préoccupations quotidiennes et les réponses institutionnelles. Chômage, pouvoir d'achat, accès aux soins, éducation, logement et perspectives professionnelles constituent des préoccupations concrètes. L'Associated Press souligne notamment que le chômage des jeunes demeure élevé malgré la croissance de certains secteurs de l'économie marocaine.

Cette défiance peut prendre plusieurs formes; abstention, désengagement des partis, mobilisation numérique ou recherche d'autres moyens de pression. Le vote n'est donc pas nécessairement rejeté en tant que principe ; c'est son efficacité perçue qui est interrogée par une partie de la jeunesse.

Quel enjeu pour le futur gouvernement ?

L'enjeu des législatives marocaines 2026 ne se limite pas à savoir quelle formation obtiendra le plus de sièges. Il concerne également la capacité du prochain Parlement et du futur gouvernement à renouer avec une partie de la population qui se sent éloignée du jeu politique.

Le scrutin met en compétition 28 formations et listes pour 395 sièges, avec 1 850 listes de candidatures et 7 288 candidatures enregistrées. Cette offre électorale importante contraste avec la faible représentation des jeunes dans les listes électorales et avec leur présence limitée parmi les candidats.

Le Parlement dispose pourtant de compétences législatives et de contrôle de l'action gouvernementale. Le gouvernement qui va émerger du scrutin devra donc transformer les promesses de campagne en politiques publiques mesurables, notamment dans les secteurs qui ont nourri la mobilisation de la jeunesse.

Le véritable test du 23 septembre pourrait ainsi se situer au-delà des résultats. La participation permettra-t-elle de mesurer un retour de confiance ou confirmera-t-elle la distance entre une partie de la jeunesse et les institutions politiques ? La réponse dépendra du comportement des électeurs, mais aussi de la capacité des futurs responsables à produire des résultats visibles sur les questions qui préoccupent cette génération.

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