📚 24/09/2026 ssofidelis.substack.com  6min ⁑️ 5 #327671

Une chance pour la paix

424px/285px - 17.53 Koreduce by 50%del

Les tambours de guerre résonnent haut et fort. Il est temps de changer de disque.

Par  Scott Ritter, le 22 septembre 2026

"Tous nous disons : donner une chance à la paix".

Ces paroles, chantées par John Lennon et le Plastic Ono Band, ont résonné au fil des décennies comme un mantra repris par des personnes bien intentionnées aux quatre coins du monde.

La question est toutefois de savoir si nous sommes réellement déterminés à donner une chance à la paix, ou si nous allons simplement faire semblant de soutenir une cause tout en nous laissant entraîner par les pouvoirs en place vers un destin que nous connaissons tous mais que nous refusons de voir ?

Aujourd'hui, le monde se concentre exclusivement sur le conflit en cours entre la Russie et l'Ukraine, considéré comme le déclencheur le plus probable d'un futur conflit entre l'OTAN et la Russie.

Mais ce n'est sans doute pas le cas : le conflit ukrainien touche à sa fin, la victoire russe étant pratiquement acquise.

L'étincelle qui mettra le feu aux barils géopolitiques proviendra plutôt d'une crise émergeant dans les pays baltes et/ou dans les régions arctiques, où une Europe humiliée cherche désespérément à se racheter en adoptant une posture très agressive face à une menace russe qui, en termes d'intentions agressives, est tout simplement inexistante.

La rhétorique de la Pologne, des pays baltes et d'autres membres de l'OTAN au sujet du territoire russe de Kaliningrad est particulièrement inquiétante.

La situation sécuritaire autour de Kaliningrad s'est récemment aggravée avec la détérioration des relations entre la Russie et l'OTAN. Les déclarations de responsables militaires et politiques de l'OTAN laissant entendre que la guerre pourrait être une option pour contenir ce que l'Occident qualifie d'agression russe envers l'Ukraine et l'Europe, ont fait des pays baltes, autrefois considérés comme une zone reculée, un véritable avant-poste.

En juillet dernier, l'ancien commandant des forces américaines en Europe, le général Chris Donahue, a déclaré que les forces de l'OTAN pourraient s'emparer de l'oblast de Kaliningrad, lourdement fortifié, "dans un délai inégalé" si nécessaire.

En août, un exercice aérien de l'OTAN mené par les États-Unis, mobilisant un grand nombre d'avions alliés, a donné lieu à des opérations de frappe, ravitaillement en vol, surveillance radar aéroportée et guerre électronique le long du flanc nord-est de l'Alliance, dont certaines se sont déroulées aux portes mêmes de Kaliningrad.

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a récemment soutenu que l'OTAN pourrait mener des exercices militaires offensifs près de l'enclave russe de Kaliningrad pour exploiter les vulnérabilités de Moscou dans cette zone et contraindre Vladimir Poutine à redéployer ses troupes loin de l'Ukraine. M. Sikorski a fait remarquer qu'aucun contingent n'est actuellement déployé à Kaliningrad, le Kremlin partant du principe que l'OTAN n'interviendra pas, laissant entendre que des manœuvres décisives des alliés introduiraient une ambiguïté stratégique.

De même, l'Arctique s'est imposé comme une région revêtant une importance économique et géopolitique considérable, entraînant une réorientation de la politique des États-Unis et de l'Europe vers une stratégie agressive à l'égard de la Russie dans l'Arctique et ses environs.

Le 14 septembre, douze pays européens se sont réunis en Finlande dans le cadre d'un "Sommet européen de l'Arctique", où ils ont collectivement estimé que la Russie représente une menace à long terme pour la sécurité européenne, d'où une coopération et des investissements accrus dans l'Arctique.

"Nous notons avec une vive inquiétude la menace significative et à long terme que la Russie fait peser sur la sécurité euro-atlantique",

a déclaré le groupe dans une déclaration publiée à l'issue du sommet.

"Les ambitions de la Russie d'accroître son influence dans l'Arctique, combinées à son hostilité envers l'Europe, notamment la multiplication des activités hybrides, soulignent la nécessité de renforcer la politique arctique de l'UE", précise la déclaration.

La guerre de la Russie en Ukraine, l'intérêt croissant de la Chine pour la sécurité dans la région et les effets de plus en plus marqués du réchauffement climatique sont en train de remodeler l'Arctique, obligeant l'UE à jouer un rôle moins passif, ont conclu les pays réunis.

Or, la Russie ne représente en réalité aucune menace de ce type. Les Européens créent de toutes pièces des crises et des sources de conflit. Ce qui manque au débat, c'est le point de vue russe.

Je m'apprête à entreprendre un voyage de deux semaines en Russie dans le but bien précis de comprendre le point de vue russe et le transmettre au public occidental qui non seulement ignore la réalité russe, mais refuse aussi largement d'entendre raison, compte tenu de la russophobie primaire à l'œuvre aux États-Unis et en Europe.

La situation actuelle rappelle de manière inquiétante les mois qui ont précédé août 1914 et le déclenchement de la Première Guerre mondiale, où les préparatifs militaires des nations européennes ont eu lieu dans le vide, sans tenir compte de la causalité entre diverses décisions de mobilisation et les conditions qui ont mené à ce qu'une guerre dont personne ne voulait devienne inévitable.

Nous sommes aujourd'hui confrontés à un scénario similaire, où les dirigeants européens laissent leur rhétorique engendrer des actes qui, s'ils ne sont pas endigués, entraîneront des représailles russes qui mèneront inévitablement à une guerre.

Mais cette fois-ci, une guerre nucléaire.
Soit la fin de l'humanité.

La question qui se pose donc à nous tous est la suivante : sommes-nous capables et disposés à donner une chance à la paix ?

Je m'efforcerai de rassembler les informations nécessaires pour que les personnes éclairées puissent prendre des décisions en connaissance de cause sur la situation réelle en matière de sécurité dans les pays baltes et dans l'Arctique.

La véritable question est la suivante : comment ceux qui ont accès à ces informations vont-ils s'y prendre pour demander des comptes à leurs dirigeants respectifs quant aux actions menées en leur nom ?

Cette responsabilité est commune.
Je pars aujourd'hui apporter ma contribution.
Êtes-vous prêts à vous acquitter de la vôtre ?

Ce voyage, comme l'ensemble de mon travail en Russie, n'est possible que grâce aux dons versés par les soutiens des médias indépendants. Ce travail se poursuit, et le besoin d'un soutien continu par le biais de dons demeure. J'ai prévu une nouvelle visite en Russie en novembre, puis une autre en janvier de l'année prochaine. En suivant mes reportages au cours de cette visite, demandez-vous si ce type de travail vous semble important pour la cause de la paix et, si tel est le cas, aidez-moi à poursuivre cette mission  en faisant un don. Je remercie tous ceux qui ont rendu ce voyage possible grâce à leur générosité, et j'ai hâte de vous fournir les informations que vous attendez de projets et de voyages comme celui-ci. Voilà ce qu'est le journalisme véritablement indépendant.

Traduit par  Spirit of Free Speech

 ssofidelis.substack.com