Et c'est reparti. Un nouveau membre de l'entourage restreint du Premier ministre Benjamin Netanyahu vient de rompre le silence. Il s'agit cette fois de Yoav Horowitz, ancien directeur général et chef de cabinet du Premier ministre. Vendredi, il a accordé des interviews aux chaînes 11, 12 et 13, offrant au public un aperçu glaçant des coulisses du pouvoir.
Source : Haaretz
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
À première vue, que pourrait-on bien dire de plus sur Netanyahu que nous ne sachions déjà ? Que pourrait-on révéler de plus sur cet homme, ses réflexions, son état d'esprit et le rôle joué dans le processus décisionnel par son épouse, Sara, et leur fils cadet, Yair, qui n'ait déjà été décrit ad nauseam ?
Néanmoins, chaque fois qu'une nouvelle personne ayant fait partie de son cercle restreint choisit de briser la loi du silence, le choc nous frappe à nouveau. Ce que le public a appris au fil des ans sur la conduite de Netanyahu, l'implication irrégulière de son épouse et de son fils, ainsi que la subordination de l'intérêt public à ses intérêts privés, se trouve une fois de plus confirmé par des témoignages de première main.
Horowitz, qui a récemment été nommé par Gadi Eisenkot à la tête de l'équipe chargée de coordonner les plans de travail pour les 100 premiers jours d'un gouvernement dirigé par Eisenkot, a raconté avoir été contraint de faire signer à tous les employés du cabinet du Premier ministre et de la résidence officielle un serment personnel de loyauté envers la famille Netanyahu.
"Cette exigence de loyauté personnelle planait constamment, comme une sorte d'obsession" a déclaré Horowitz, confirmant ce que tout le monde sait. Il a ajouté que depuis que des accusations de corruption ont été portées contre Netanyahu en novembre 2019, "chaque décision diplomatique, sécuritaire, économique ou politique passait au prisme de ses problèmes personnels."
Horowitz a quitté le cabinet du Premier ministre cette année-là, mais quiconque écoute ses propos peut facilement reconnaître le schéma qui a dicté les actions de Netanyahu, en particulier ces dernières années : ses intérêts de survie ont conduit à faire échouer des accords sur les otages et continuent de mener à un coup d'État judiciaire ainsi qu'à des manœuvres politiques et militaires.
Horowitz a décrit l'implication agressive de Sara et Yair Netanyahu dans les décisions gouvernementales. Selon lui, ils ont influencé de nombreuses mesures, notamment l'installation de détecteurs de métaux aux entrées du Mont du Temple à Jérusalem en 2017 et l'annulation d'un accord avec les Nations unies visant à réinstaller des demandeurs d'asile vivant en Israël. Horowitz a déclaré que la famille avait téléphoné et que l'accord avait été annulé.
Les déclarations de Horowitz constituent un témoignage supplémentaire du fait que, pendant des années, les limites ont été bafouées : celles entre l'État et Netanyahu, entre la loyauté personnelle et la loyauté envers l'État, ainsi qu'entre sa survie politique et celle de l'État et de l'intérêt national.
Un Premier ministre dont chaque décision, selon son ancien chef de cabinet, passe par le prisme de sa survie personnelle, et qui permet à des membres de sa famille d'intervenir dans les décisions gouvernementales sans avoir été élus ni assumer aucune responsabilité quant à ces décisions, n'est pas apte à continuer de diriger le gouvernement.
Ce n'est pas que nous ne le savions pas déjà, mais chaque rappel est important : lors des prochaines élections, le public a le devoir d'y mettre un terme.
L'article ci-dessus est l'éditorial principal du journal Haaretz, tel qu'il a été publié dans les éditions hébraïque et anglaise du journal en Israël.
Source : Haaretz, 09-08-2026
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
