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Le bâtiment du ministère russe des Affaires étrangères à Moscou
Trente ans après l'ouverture à la signature du TICE, Moscou s'inquiète des messages venus de Washington sur de possibles essais nucléaires. La diplomatie russe souligne que la Russie continue de respecter le moratoire instauré en 1990, tout en prévenant qu'elle prendra des mesures appropriées si d'autres États décident de le rompre en premier lieu.
Le ministère russe des Affaires étrangères a averti, ce 24 septembre 2026, que l'instruction donnée par le président américain Donald Trump de préparer de possibles essais nucléaires constituait une menace directe pour le moratoire en vigueur. Cette prise de position intervient à l'occasion du 30e anniversaire de l'ouverture à la signature du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, le TICE.
La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, est revenue sur l'instruction donnée par Donald Trump. Selon elle, il ne s'agit "pas seulement d'une déclaration, mais, de fait, d'une menace directe" pour un moratoire qui contribue à empêcher le monde de basculer dans une nouvelle phase de course aux armements nucléaires.
Moscou dit également observer avec une "inquiétude particulière", les déclarations venues de Washington. Le ministère russe rejette en parallèle les accusations américaines visant d'autres pays, qualifiées par Zakharova d'"absolument infondées". Selon la diplomate, de telles déclarations montrent que les États-Unis entendent une nouvelle fois se dégager de leurs engagements internationaux dans ce domaine.
Le TICE toujours dans l'attente de son entrée en vigueurCes critiques s'inscrivent dans un contexte plus large : trente ans après son ouverture à la signature, le TICE n'est toujours pas entré en vigueur. Sur les 188 États qui l'ont signé, 179 l'ont ratifié. Les États-Unis, pourtant parmi les promoteurs initiaux du texte, n'ont jamais franchi cette étape. Or, le traité ne peut entrer en vigueur tant que tous les États dont la ratification est requise ne l'ont pas approuvé.
La Russie avait signé le texte dès le 24 septembre 1996, avant de le ratifier en 2000. En 2023, Moscou a révoqué cette ratification. Selon le ministère russe des Affaires étrangères, cette décision visait à rétablir l'équilibre juridique avec les États-Unis.
Moscou affirme néanmoins poursuivre son travail au sein de la Commission préparatoire de l'Organisation du TICE. La Russie rappelle également avoir achevé en décembre 2023 son segment national du Système de surveillance international, composé de 32 installations certifiées et opérationnelles.
La Russie maintient son moratoireMoscou assure parallèlement continuer à respecter le moratoire volontaire sur les essais nucléaires instauré par l'URSS en 1990. Vladimir Poutine avait réaffirmé cette position le 5 novembre 2025, en indiquant que la Russie n'avait pas l'intention de s'en écarter.
Le chef de l'État russe avait toutefois précisé que si les États-Unis ou d'autres États participants procédaient à des essais nucléaires réels, la Russie devrait, elle aussi, prendre des "mesures de réponse appropriées". Moscou maintient ainsi qu'elle n'envisage pas de rompre le moratoire de sa propre initiative, tout en prévenant qu'elle réagira si d'autres États passent à des essais nucléaires réels.