Togo - Russie : Robert Dussey clarifie la coopération militaire et dément toute présence de mercenaires

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Komla YAWO

Lors de l'entretien accordé à France 24 depuis New York, où se tenait l'Assemblée générale de l'ONU, le chef de la diplomatie togolaise, Prof. Robert Dussey a levé le voile sur la doctrine sécuritaire de Lomé. Écartant les débats sur la cartographie et  la crise sahélienne, le ministre est revenu en détail sur la présence militaire étrangère au Togo, précisant sans détour les contours exacts de la coopération bilatérale menée avec Moscou.

Démenti ferme sur les paramilitaires russes

Alors que des rumeurs et certaines sources médiatiques faisaient état de la présence de plus de 300 membres du groupe paramilitaire russe Africa Corps ( ex-Wagner) sur le sol togolais, Robert Dussey a tranché avec fermeté. Interrogé directement sur ce point, le ministre a balayé toute spéculation d'un revers de main. "Je vous dis que c'est faux. Vous savez, certains mettent tout un mythe autour de la coopération avec la Russie. [...] Nous n'avons pas de mercenaires russes", a-t-il déclaré. Au regard des explications, l'utilisation de la sémantique a toute son importance. Refusant le terme de "mercenaires", le ministre remet les faits dans leur cadre légal et diplomatique strictly étatique.

Une coopération historique fondée sur la formation technique

Pour étayer sa position et désamorcer les fantasmes de rupture géopolitique, Robert Dussey a rappelé la profondeur historique des liens bilatéraux entre les deux nations. Loin d'être un pivot récent ou opportuniste, l'axe Lomé-Moscou s'inscrit dans la continuité des engagements pris au lendemain des indépendances. "Les accords de relations diplomatiques entre le Togo et l'Union soviétique remontent au 1er mai 1960. Le Togo a pris son indépendance le 27 avril 1960 [...] Le Togo a une coopération à la fois sur un plan politique, diplomatique, commercial", a précisé le ministre.

Sur le plan purement sécuritaire, la présence de personnels étrangers sur le territoire répond à une logique strictement opérationnelle d'instruction et de maintenance des matériels acquis. "Quand vous achetez un hélicoptère français, un hélicoptère américain, un hélicoptère chinois ou un hélicoptère russe, c'est bien sûr des formateurs qui viennent entraîner nos forces de défense et de sécurité. [...] Si c'est ça, oui, nous avons des formateurs".

La doctrine de défense togolaise repose ainsi sur un pragmatisme souverainiste qui privilégie la diversification des alliances sans alignement exclusif. Sur le terrain, cette politique se traduit par une présence étrangère strictement encadrée et dédiée à l'appui technique. La Russie fournit des formateurs et des techniciens militaires chargés de l'instruction et de la maintenance des équipements livrés ; la France met à disposition des coopérants et des instructeurs sécuritaires pour l'entraînement des forces armées ; tandis que les partenariats avec la Chine et les États-Unis soutiennent l'acquisition de matériels et la formation technique. L'objectif stratégique global de Lomé demeure la modernisation et le renforcement des capacités de défense nationales, tout en préservant l'autonomie stratégique du pays.

Le pragmatisme comme doctrine de défense

Cette mise au point illustre la doctrine diplomatique prônée par le Togo; un pragmatisme souverainiste et non-aligné. Alors que la sous-région ouest-africaine subit de fortes tensions géopolitiques, le Togo réaffirme son droit d'acheter des équipements de défense auprès de divers partenaires mondiaux tout en refusant l'ingérence d'armées privées ou de groupes mercenaires.

En distinguant clairement la diplomatie d'équipement militaire (accompagnée de ses instructeurs) des interventions paramilitaires, le Togo sécurise ses frontières, préserve son image internationale et maintient un dialogue ouvert aussi bien avec les chancelleries occidentales qu'avec les puissances émergentes.

 linvestigateurafricain.tg