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Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France. [Photo d'archives]
Les sanctions visant Xenia Fedorova ont provoqué une vive réaction de Moscou. La diplomatie russe conteste les motifs avancés par Bruxelles et place l'affaire sur le terrain de la liberté de la presse et d'expression. Une réponse est déjà annoncée, tandis que le Kremlin dénonce une "pression manifeste sur les médias".
Moscou a fermement condamné, le 25 septembre, les sanctions européennes visant Xenia Fedorova et annoncé qu'une réponse serait apportée. Dans un commentaire officiel, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a qualifié la décision de nouvel "acte de censure politique" et dénoncé une nouvelle manifestation de la politique antirusse de Bruxelles.
Cette réaction intervient au lendemain de l'inscription de l'ancienne directrice de RT France sur la liste des sanctions de l'Union européenne. Bruxelles lui reproche de participer à la diffusion en France et dans l'UE de discours qualifiés de pro-russes dans le contexte du conflit en Ukraine.
La diplomatie russe rejette cette justification. Maria Zakharova estime que les mesures adoptées contre Xenia Fedorova visent également à donner davantage de légitimité à la récente procédure française d'expulsion visant la journaliste.
La porte-parole du ministère a notamment rappelé que Xenia Fedorova ne travaille plus depuis plusieurs années pour des médias russes. Elle collabore désormais avec plusieurs médias français, notamment CNews, Europe 1 et le JDD. Selon Maria Zakharova, les mesures prises à son encontre sont liées aux positions qu'elle continue d'exprimer publiquement sur les événements en France et sur plusieurs dossiers internationaux.
Moscou invoque la liberté de la pressePour la diplomatie russe, l'affaire dépasse désormais le seul cas de Xenia Fedorova et pose directement la question de la liberté d'expression en Europe. Le ministère russe des Affaires étrangères estime que les mesures prises contre la journaliste sont contraires aux engagements internationaux de la France et de l'Union européenne en matière de liberté de la presse et d'accès à l'information.
Moscou a ainsi appelé le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, l'UNESCO et l'OSCE à examiner les actions de Paris et de Bruxelles et à évaluer leur respect de ces engagements.
La Russie a également prévenu que cette décision ne resterait pas sans réponse. "Les attaques russophobes des pays concernés [...] recevront une réponse appropriée", a déclaré Maria Zakharova.
Le Kremlin dénonce une "pression manifeste sur les médias"Le Kremlin a, de son côté, appuyé la position exprimée par la diplomatie russe. Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence, a estimé le 25 septembre qu'il ne s'agissait "pas de la première sanction illégale de ce type". "C'est une pression manifeste sur les médias. C'est une persécution des représentants des médias. C'est la suppression de toute opinion dissidente dans le pays", a-t-il déclaré devant des journalistes.
Dmitri Peskov a également estimé que les mesures visant Xenia Fedorova illustrent la manière dont les autorités françaises traitent les voix qui s'écartent de la ligne dominante. Sa réaction prolonge ainsi celle du ministère russe des Affaires étrangères, qui place l'affaire au cœur du débat sur la liberté de la presse, la liberté d'expression et le traitement des opinions divergentes en Europe.